mercredi, décembre 7, 2022
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Quelle stratégie face à l’Iran ?

Alain VivienPar Alain Vivien, conseiller d’Etat

Valeurs Actuelles, 2 septembre – Personne ne doute aujour­d’hui du péril extrême que fait courir pour la paix ce foyer d’intolérance et de cor­ruption qu’est devenu l’Iran d’Ahmadinejad. Nul n’ignore les risques insensés que fait courir le développement d’une industrie tournée autant vers la constitution d’un arsenal nucléaire que vers une utilisation pacifique de l’atome. Nul ne se dissimule les ingérences de Téhéran, qui attise le conflit israélo-palestinien. Dès lors, faut-il négocier? Faire pression? Intervenir militairement?

Rejetons d’emblée la troi­sième hypothèse. Quel État prendrait le risque d’une intervention militaire qui ressouderait pro­bablement l’opinion au­tour du gouvernement iranien et entraînerait un interminable engagement sur le terrain ? Quel État, et surtout les États-Unis, se­rait en mesure d’entreprendre une guerre sup­plémentaire alors que le feu couve toujours en Irak, que la guerre s’enlise en Afghanistan et que le Pakistan lui-même entre en zone de turbulences ?

Accentuer les pressions économi­ques et financières ? C’est la voie choisie par l’Union européenne et le Conseil de sécurité de l’Onu, mais elles pèsent pour l’essentiel sur le peuple iranien et non sur les accapareurs du régime et leurs chiens de garde, pasdaran et bassidji. Ces mesures sont sans doute indispensables. Elles ne pourraient être efficaces qu’avec le concours de la Rus­sie et de la Chine. Nous en sommes loin.

Restent les négociations. Mais de­puis des années, le régime iranien, expert dans l’art du tango, recule quand il ne peut faire autrement et avance quand il perçoit chez ses adversaires lassitude ou indécision. Alors que les diplomates discutent, les centres de recherche et de production nucléaire s’activent sans discontinuer.

N’y aurait-il alors aucune issue envisageable ? Ce serait faire bon marché du peuple iranien, qui a donné, il y a un an, une fière image de sa volonté et de son cou­rage, affrontant les nervis d’un régime dont les élections venaient de montrer la déconfiture.

Le peuple iranien est mûr pour un autre gou­vernement et, parmi les forces iraniennes exilées, existe un puissant mou­vement de transformation politique et sociale qu’incarne en particulier le Conseil national de la résistance iranienne. Il n’est que d’avoir assisté à son rassemblement, le 26 juin à Taverny (Val-d’Oise), pour en mesurer la force et la motivation. Affirmer à cette occasion devant des dizaines de milliers d’exilés les valeurs de la liberté, la nécessaire séparation de la religion et de l’État, le respect du droit de la femme, la liberté de conscience, voici un langage que le peuple iranien est en capacité d’entendre. Cela est nouveau.

Ni l’Europe ni la France ne peuvent continuer à dénoncer le régime qui sévit en Iran tout en tenant en suspicion ce puissant courant de libération qui s’élargira encore. Quant aux “réalistes” qui disent craindre pour les contrats passés avec des firmes iraniennes sous l’actuel gouvernement des mollahs, sont-ils si assurés de les conserver ou de les retrouver le jour où l’Iran sera devenu une démocratie

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