lundi, décembre 5, 2022
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« Les femmes sont des acteurs de ces révolutions, présentes au premier plan » – Françoise Héritier

CNRI – « La source et le modèle de toutes les inégalités dont les êtres humains sont victimes, c’est le rapport inégal des sexes : si on atteint celui-ci en plein cœur, de manière partagée, il sera plus aisé de faire basculer tout le reste.  Cet objectif figure dans les positions fondamentalement démocratiques et laïques du CNRI », a déclaré Françoise Héritier le 26 février au CNIT à la Défense.

Elle s’exprimait dans une conférence intitulée « l’Iran, les droits humains, les femmes, le camp d’Achraf et les options politiques ».  A ses côtés, des délégations parlementaires italienne et autrichienne ont annoncé qu’une majorité de leur parlement apportait leur soutien au peuple iranien et aux résidents d’Achraf.  Des délégations parlementaires et de militants des droits humains et des droits des femmes  de France, d’Espagne, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Egypte, de Jordanie, de Palestine, du Liban, du Koweït, d’Afghanistan, de France, d’Espagne, de Roumanie, du Canada et d’Australie participaient également à la conférence. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne était l’invitée d’honneur.

Parmi les orateurs figuraient notamment James Jones, conseiller à la sécurité nationale américaine du président Obama (2009-octobre 2010), Bill Richardson, secrétaire américain à l’Energie, ambassadeur des Etats-Unis  à l’ONU sous l’administration Clinton et envoyé spécial de Barack Obama en Corée du Nord, Howard Dine, président du parti démocrate américain (2005 à 2009), Tom Ridge, secrétaire américain à la Sécurité intérieure sous l’administration Bush, Mary Robinson, Haut commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU (1997-2002) et présidente de l’Irlande (1990-1997),  Mme Irene Khan, secrétaire général d’Amnesty International (2001-2009), le vice-président du sénat roumain Teodor Melescanum ou encore Raymonde Folco, députée canadienne.

Voici l’intervention de Mme Françoise Héritier :

nous sommes en train de vivre un temps exaltant où des peuples se soulèvent et obtiennent, par leur seule pression pacifique et leur volonté, leur droit le plus cher, celui de la liberté, alors qu’ils sont soumis depuis des décennies à des tyrannies brutales et corrompues. Puisse l’Iran suivre prochainement le même chemin.
Ils y accèdent avec leur simple force nue et leur convictions et les autres peuples contemplent cette évidence, la chute de despotes aux pieds d’argile, avec la même admiration, le même étonnement et parfois la même sidération que celle qui a saisis, en son temps, les peuples européens après la Révolution de 1789, en France.

Le droit a la liberté accompagne une revendication essentielle : celle qu’a chaque individu d’être reconnu comme une personne et non comme un grain de sable insignifiant, d’être considéré, respecté et jugé digne de participer à la vie collective.

Vivre libre, cela veut dire aussi le droit d’accéder sinon à la richesse, du moins à la sortie de la misère, le « droit au bonheur », comme le stipule la Constitution américaine pour les siens, le droit au partage équitable des ressources jusqu’ici injustement confisquées ou mal réparties.

Ce souci, c’est celui du besoin d’égalité et non plus seulement de liberté, dont l’une des formes c’est d’être et avoir, comme les autres, ce dont chaque individu, même dans les endroits les plus reculés de la planète, peut prendre désormais conscience, grâce à la mondialisation de l’information et à l’éducation qui progresse.
Mais de quel égalité pourrait-il s’agir, de quelle dignité, de quelle liberté, si ces termes ne s’appliquent qu’à une moitié de l’humanité, si les femmes continuent, comme par le passé, d’être exclues de la vie publique, politique, même d’être exclues du regard positif qui individualise la personne et lui permet d’exister pleinement ?

Les femmes, en fait, sont des acteurs de ces révolutions, présentes au premier plan et elles aspirent, elles aussi, à la liberté, à la dignité, au bonheur. Mais surtout, elles aspirent à une véritable égalité dans le regard collectif qui est porté sur elles. Elles sont sur les barricades et dans l’action. Devront-elles retomber dans le silence feutré et l’anonymat de la violence ordinaire qui les empêchent d’exister par elles-mêmes ?

J’ose espérer de tout cœur que cette prise de conscience est bien là, que les femmes ne sont pas que des petites mains, utiles au quotidien, dont l’aide est appréciable dans les grandes occasions, mais qui doivent retourner à leur place, une fois que l’objectif politique serait atteint.

La source et le modèle de toutes les inégalités dont les êtres humains sont victimes, c’est le rapport inégal des sexes : si on atteint celui-ci en plein cœur, de manière partagée, il sera plus aisé de faire basculer tout le reste.

Cet objectif figure dans les positions fondamentalement démocratiques et laïques du CNRI. Il faut que nous l’appuyons, nous autres, êtres humains, de par le monde, hommes comme femmes, que nous l’appuyons de toute nos forces : il n’y aura jamais de véritable liberté pour l’être humain sans l’égalité complète entre les sexes, reconnue non pas du bout des lèvres, mais avec tous les arguments de la raison ; non pas sur le papier, mais dans la pratique de tous les jours.

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