dimanche, janvier 29, 2023
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Le peuple iranien dans la rue a appelé à un changement démocratique – Raymonde Folco, députée canadienne

CNRI – « Le 14 février, une fois de plus, le peuple iranien est sorti dans les rues exigeant la fin de la dictature injuste et appelant à un changement démocratique. Une fois de plus, il a été brutalement réprimé par les forces de sécurité. C’est avec cette toile de fond que nous pouvons mesurer et apprécier la lutte courageuse des femmes iraniennes et des femmes d’Achraf pour la liberté, la démocratie et l’égalité des droits », a déclaré Raymonde Folco, député canadienne le 26 février à Paris.

Elle s’exprimait au CNIT à la Défense dans une conférence intitulée « l’Iran, les droits humains, les femmes, le camp d’Achraf et les options politiques ».  A ses côtés, des délégations parlementaires italienne et autrichienne ont annoncé qu’une majorité de leur parlement apportait leur soutien au peuple iranien et aux résidents d’Achraf.  Des délégations parlementaires et de militants des droits humains et des droits des femmes  de France, d’Espagne, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Egypte, de Jordanie, de Palestine, du Liban, du Koweït, d’Afghanistan, de France, d’Espagne, de Roumanie, du Canada et d’Australie participaient également à la conférence. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne était l’invitée d’honneur.

Parmi les orateurs figuraient notamment James Jones, conseiller à la sécurité nationale américaine du président Obama (2009-octobre 2010), Bill Richardson, secrétaire américain à l’Energie, ambassadeur des Etats-Unis  à l’ONU sous l’administration Clinton et envoyé spécial de Barack Obama en Corée du Nord, Howard Dine, président du parti démocrate américain (2005 à 2009), Tom Ridge, secrétaire américain à la Sécurité intérieure sous l’administration Bush, Mary Robinson, Haut commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU (1997-2002) et présidente de l’Irlande (1990-1997),  Mme Irene Khan, secrétaire général d’Amnesty International (2001-2009), Françoise héritier, anthropologue française et le vice-président du sénat roumain Teodor Melescanu.

Voici les temps forts de l’intervention de Mme Folco :

La démocratie en Iran. Il y a un an et demi, un extraordinaire mouvement pacifique est descendu dans les rues d’Iran. Vous vous souvenez ? Nous pensions à ce moment-là que la démocratie allait enfin respirer en Iran. Mais aujourd’hui, des milliers qui s’étaient joints à la lutte pour la liberté et la démocratie se retrouvent en prison et des centaines ont perdu la vie.

Nous savons, par les organisations des Droits de l’Homme, que le nombre d’exécutions a augmenté de façon dramatique et que, depuis janvier 2011, 120 personnes ont été exécutées. Faisons un calcul tragique : sous l’autorité des mollahs, on exécute un homme ou une femme toutes les 8 heures. D’autres militants arrêtés à la suite des élections de 2009 subissent de dures sanctions. Ce ne sont pas des statistiques, mais des personnes qui, hier, vivaient encore.

Pour ne nommer que deux femmes : Sarah Tavassoli, jeune militante, a reçu une peine d’emprisonnement de six ans et 74 coups de fouet. Shiva Nazar Ahari, militante pour les droits des femmes, a eu une peine d’emprisonnement de six ans et aussi 74 coups de fouet.
Ces terribles sanctions sont imposées à des Iraniennes qui n’ont fait qu’exercer leurs droits universels.

L’organisme Human Rights Watch déclarait, il y a quelques jours, ce qui suit ; il disait : « Il y a seulement quelques jours, le gouvernement iranien se disait solidaire des aspirations populaires de millions de Tunisiens et d’Egyptiens qui réclamaient, de façon pacifique, la fin de la dictature dans leur pays. Or, aujourd’hui, les forces de sécurité iraniennes se servent de matraques et de gaz lacrymogène pour disperser des rassemblements pacifiques d’Iraniens qui souhaitent exprimer leur soutien à l’égard de leurs voisins arabes. »

Cette attaque systématique contre les droit des Iraniens et des Iraniennes consiste à arrêter, détenir, torturer, enlever et exécuter, et le tout orchestré par l’Etat.

Cette nouvelle vague d’exécutions touche bien sûr tous ceux qui sont proches des résidents du Camp d’Achraf, comme Jafar Kazemi. Ali Saremi qui a passé au total 24 ans en prison, notamment pour avoir rendu visite à son fils [à Achraf] et pour avoir parlé en souvenir du massacre des militants politiques. Il y a aussi Khezri, un dissident kurde, Sara Bahrami, mère de deux enfants, Mohammad Ali Haj Agha’i  et ce ne sont là que quelques noms.

Le 14 février, une fois de plus, le peuple iranien est sorti dans les rues exigeant la fin de la dictature injuste et appelant à un changement démocratique. Une fois de plus, il a été brutalement réprimé par les forces de sécurité. Jusqu’à présent, deux décès confirmés ont été rapportés, mais les chiffres non officiels font état d’un triste bilan. On peut inclure Mohammad Mokhtari, 22 ans, Sameh Jaleh, un autre jeune étudiant en Art.

C’est avec cette toile de fond que nous pouvons mesurer et apprécier la lutte courageuse des femmes iraniennes et des femmes d’Achraf pour la liberté, la démocratie et l’égalité des droits.

Madame Radjavi a raison : elle a dit et répété que pour voir la démocratie véritable dans un pays, il faut regarder le niveau de participation des femmes et le nombre de postes qu’elles occupent à la direction.

Des millions d’hommes et de femmes en Tunisie, en Egypte, en Libye, s’apprêtent à faire l’Histoire, à écrire une page d’Histoire. J’aimerais remercier mes amis Américains pour leurs paroles très fortes. On sait tous que le temps est venu, pour le gouvernement américain, de montrer son soutien aux forces démocratiques en Iran et de déclarer, une fois pour toutes, que l’OMPI n’est pas un groupe terroriste. Nous enjoignons Mme Hilary Clinton, Secrétaire d’Etat, à retirer l’OMPI de la liste, comme l’ont déjà fait le Royaume Uni et l’Union européenne.

L’OMPI est un mouvement de résistance, de bonne foi, qui lutte contre le régime des mollahs et qui lutte non pas avec les armes, mais avec les idées et au sein de structures démocratiques.

Le gouvernement du Canada a dénoncé la répression qui a eu lieu en juin 2009. Nous continuons à dénoncer la répression violente et systématique. Le gouvernement du Canada a déjà prévu des sanctions supplémentaires à celles imposées par la résolution 1929 de l’ONU. Dans mon propre pays, le Canada, des parlementaires ont demandé à notre gouvernement d’imposer un embargo à toute activité commerciale et diplomatique et sur les armes et la technologie du régime. Nous avons demandé que le gouvernement canadien suspende toutes relations politiques et diplomatiques et avec les régimes des mollahs.

Nous sommes actuellement plein d’espoir. Nous espérons que le gouvernement américain nous apporte son plein soutien. Nous espérons que l’OMPI sera retirée de la liste des terroristes et je crois que nous verrons bientôt la liberté et la démocratie en Iran devenir une réalité.

 

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