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« C’est le début de la fin de la dictature religieuse »

Villepinte, 20 juin 2009Par Dominique Brière

Maryam Radjavi face à 90.000 Iraniens a évoqué l'insurrection en Iran

La Revue Parlementaire, juillet 2009 –  La répression et les émeutes ont choqué le monde et surpris les gouvernements. Nous avions insisté dans un précédent article sur le soutien du guide suprême au président sortant. Nous n'avons pas manqué de dire que  " l'illusion, qu'une opposition calme serait tolérée, pourrait être fatale au régime. Le peuple pourrait descendre dans la rue à la première occasion…" C'est ce qui s'est produit dès que l'illusion a été étouffée par l'annonce de la "réélection" d'Ahmadinejad. L'opération était bien préparée, mais la supercherie trop flagrante. De très nombreux cas de fraudes ont été signalés. Des bourrages des urnes pratiqués par les Gardiens de la révolution et la milice des Bassidji …

L'opposition iranienne du Conseil national de la Résistance (CNRI), toujours très bien informé, avait annoncé la veille des élections que le guide suprême avait pris les dispositions pour faire élire Ahmadinejad au premier tour. Le ministère de l'intérieur annoncait la victoire invraisemblable d'Ahmadineajd à la lecture de seulement 20% des bulletins.

Ali Khamenei, le guide suprême religieux, refuse dans son sermon de la prière de vendredi, l'annulation du scrutin. Il donne le feu vert à une répression violente. Des dizaines et peut être des centaines de jeunes étudiants sont tués dans les rues, des milliers d'autres sont arrêtés. Pourtant le mouvement de protestation ne s'essouffle pas vraiment. Le pouvoir tente de ramener à la raison le principal rival d'Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, un homme du sérail qui fut longtemps premier ministre de Khomeiny. Les hésitations de Moussavi qui déclare sa fidélité au principe de la suprématie du guide suprême (Velayat Faghih), déçoit le peuple. Moussavi est dépassé par les évènements. Les revendications de la population se durcissent. Au début elle réclamait l'annulation de l'élection. Aujourd'hui c'est aux cris de "A bas la dictature", "mort à Khamenei" qu'elle affronte à main nue les forces de répression armées jusqu'aux dents.

Le pouvoir arrivera-t-il à concilier les perdants et étouffer l'insurrection dans le sang? Rien n'est plus sûr. Mais quoi qu'il arrive rien ne sera comme avant. Plusieurs mythes se sont envolés en fumées dans les émeutes du mois de juin. L'autorité sacrée du guide suprême a disparu à jamais. Sa "République islamique" n'est plus "invincible" et a perdu sa stabilité. La théorie du glissement vers la modération a montré ses limites. Les images habituels d'une jeunesse apolitiques désintéressée de l'avenir du pays que les médias se plaisaient à véhiculer a laissé place à une jeunesse dynamique, éclairée, surprenant le monde par son courage. 
Les iraniens ont montré combien les analyses partiales des "spécialistes" et "anciens ambassadeurs" favorables à la République islamique étaient déconnectées de la réalité.
Dans la rue c'est du changement de régime qu'il est question. Le ministre de l'Intérieur, déclare même que : « Ceux qui organisent ces rassemblements ne soutiennent aucun des candidats". Le pouvoir annonce l'arrestation des Moudjahidine du peuple (OMPI) et les accuse de coordonner la révolte. Alors qu'à Paris la coalition du CNRI, principale force d'opposition qui englobe l'OMPI organise un gigantesque rassemblement à Villepinte. 90 000 Iraniens viennent de toutes l'Europe pour écouter la dirigeante de la Résistance, Maryam Radjavi rendre hommage au soulèvement national des Iraniens : "C'est le début de la fin de la dictature religieuse". Elle poursuit «face à la dictature religieuse, la seule option envisageable pour le peuple iranien est un changement démocratique.»

Elle estime que les réactions internationales ne sont pas à la mesure de la brutalité de la répression que le régime clérical fait abattre dans le pays : "Les déclarations ne suffisent plus et il est temps d’agir. L'ère de la complaisance, des négociations et des concessions vis-à-vis du régime iranien est terminée." Elle leur propose des mesures concrètes : "il faut suspendre les relations diplomatiques et imposer des sanctions globales en matière de commerce, d'armement, et de technologie. Il faut soutenir l'annulation du simulacre d’élection du régime et l'obliger à accepter des élections libres sous la supervision de l'ONU. Il faut renvoyer le dossier des crimes du régime, devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Mettre en place un tribunal international pour juger les dirigeants du régime."

Le vent du changement semble souffler sur l'Iran, le monde doit se décider à écouter l'opposition.

 

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