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L’illusion de la coexistence avec le régime iranien et la campagne visant à isoler la Résistance

L'illusion de la coexistence avec le régime iranien et la campagne visant à isoler la Résistance
De jeunes sympathisantes de l’OMPI lors du rassemblement « Iran libre » à Bruxelles le 6 septembre 2025, une nouvelle génération dans la lutte pour la liberté

Pendant des décennies, les capitales occidentales se sont accrochées à une illusion rassurante mais catastrophique : celle que la dictature cléricale iranienne – principal État parrain du terrorisme au monde – pouvait être gérée, contenue ou progressivement réformée par le dialogue, l’allègement des sanctions et des concessions diplomatiques. Cette illusion n’a pas seulement influencé les politiques publiques, elle a engendré une campagne soutenue de marginalisation, de diffamation et de répression sélective contre la seule force d’opposition iranienne qui refuse de se soumettre au régime : l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI), principale composante du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI).

La machine à diffamer du régime

Le régime iranien dispose d’un appareil de désinformation industrialisé et documenté, conçu explicitement pour effacer la résistance organisée du champ des alternatives légitimes. Médias d’État, industrie cinématographique, ONG écrans et une armée numérique de plusieurs dizaines de milliers de personnes inondent le discours mondial du même trio d’étiquettes : « secte », « absence de soutien populaire », « vestiges terroristes ». Des centaines de livres, des dizaines de films et des milliers d’articles ont été produits à cette fin. L’objectif est d’une simplicité brutale : convaincre le monde qu’il n’existe aucune alternative viable au régime iranien.

L’efficacité de cette machine repose sur le terreau fertile qu’elle trouve dans les milieux journalistiques et politiques occidentaux. Les principaux médias ont systématiquement présenté l’OMPI comme « controversée » ou « dont la légitimité est contestée », réécrivant son histoire et intégrant des récits fournis par le régime dans un discours respectable.

Ce phénomène s’étend profondément aux écosystèmes médiatiques persanophones, qu’il s’agisse de médias de la diaspora ou de médias financés par l’Occident.

Plus fondamentalement, l’appareil de renseignement du régime a infiltré des agents dans les médias, les groupes de réflexion, les cercles consultatifs gouvernementaux et les organisations de défense des droits humains dans les capitales occidentales. Au cours de la dernière décennie, après l’effondrement de l’illusion de réformes internes, il a lancé un projet visant à promouvoir Reza Pahlavi et les vestiges de la monarchie déchue. L’objectif : canaliser le mécontentement populaire vers une figure qui ne représente aucune menace pour le régime, ne dispose d’aucun réseau organisé en Iran, promet de préserver les institutions clés du régime (notamment les Gardiens de la révolution, les Bassidj et les services de renseignement), refuse de rompre avec les crimes de la dictature précédente et mise tout sur une intervention militaire et des bombardements étrangers.

L’effondrement du récit mensonger : les exécutions en Iran

Pourtant, cette illusion soigneusement construite se fissure désormais sous le poids d’une réalité indéniable. En mars et avril 2026, le régime a exécuté de nombreux membres des Moudjahidine du peuple (MEK) et des prisonniers politiques – dont Mohammad Taghavi, Akbar Daneshvarkar, Babak Alipour, Pouya Ghobadi, Vahid Bani Amerian, Abolhassan Montazer, Hamed Validi et Mohammad Massoum-Shahi – dans une tentative désespérée d’écraser la dissidence. Il ne s’agissait pas d’idéologues anonymes, mais d’individus de tous horizons et de tous âges : architectes, ingénieurs, juristes et Iraniens ordinaires.

Des images clandestines, filmées depuis la prison de Ghezel Hesar, les montrent debout, imperturbables, dans la cour d’exécution, chantant des hymnes de résistance – « Le trône du tyran s’effondrera » et « J’ai juré de renverser le tyran par mon sang » – quelques instants avant leur mort. Leur courage, diffusé dans le monde entier, a déclenché des manifestations à travers l’Europe et au sein des communautés iraniennes, révélant la peur du régime et réduisant à néant le mensonge longtemps colporté du « aucun soutien ».

Sur des plateformes comme X, un consensus se dessine en Iran et à l’étranger : ces exécutions n’ont fait qu’amplifier les appels à une action décisive pour anéantir le régime. Loin d’être marginale, la résistance organisée manifestement sa résistance à travers les Unités de Résistance, malgré la répression. Ces images et l’engagement indéfectible des martyrs mettent à mal tout le récit fallacieux, prouvant que l’OMPI bénéficie d’une loyauté profonde et intergénérationnelle chez ceux qui sont prêts à payer le prix ultime.

Conséquences dévastatrices pour l’Iran et le monde

La politique née de cette illusion a eu des conséquences terribles. En Iran, elle a entretenu un climat de peur et de fragmentation, décourageant la résistance unifiée en discréditant l’opposition la plus structurée. L’opinion publique, façonnée par une propagande incessante et l’absence d’une couverture médiatique équilibrée, a été orientée vers le cynisme, retardant ainsi la formation d’un mouvement de contestation populaire. Pour le régime, cela a prolongé sa durée de vie bien au-delà de ce que ses propres échecs et le mécontentement populaire lui auraient permis.

Le temps passe par la division plutôt que par la force.

À l’échelle mondiale, les conséquences sont tout aussi désastreuses. Les décideurs occidentaux, influencés par cette vision « fragmentée et controversée », ont privilégié un engagement prudent et une diplomatie des otages au détriment d’un soutien stratégique à un changement organisé. Cette approche a enhardi le terrorisme, les ambitions nucléaires et la brutalité intérieure de Téhéran, tout en marginalisant la seule force capable d’instaurer une transition démocratique et laïque. Il n’en résulte pas la stabilité, mais un cercle vicieux : la survie du régime par la manipulation du récit, au prix des vies iraniennes et de la sécurité régionale.

Nul besoin d’approuver les Moudjahidine du peuple pour constater la profonde défaillance morale. Imaginons un instant que les Alliés, dans les années 1940, aient traité la Résistance française ou d’autres réseaux antinazis de la même manière : en amplifiant les calomnies orchestrées par la Gestapo, en mettant en avant les premiers épisodes de militantisme et en refusant de soutenir une quelconque alternative organisée de peur de compliquer les négociations avec Berlin. L’analogie est imparfaite, mais elle révèle la faillite éthique d’une politique qui privilégie une coexistence illusoire avec le mal plutôt que la solidarité avec ceux qui risquent tout pour y mettre fin.