lundi, novembre 28, 2022
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Pour un changement démocratique en Iran, levez la proscription qui pèse sur l’OMPI – Lord Waddington

CNRI – Lors d’un débat parlementaire à la Chambre des Lords le 9 février, plusieurs parlementaires ont appelé au retrait de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste du terrorisme pour ouvrir la voie à un changement démocratique en Iran. Lord Waddington, Conseiller de la Couronne et ancien ministre de l’Intérieur, a particulièrement insisté sur ce retrait de l’OMPI de la liste noire. Voici des extraits de son intervention :

Peu de gens doutent que l’Iran soutienne le terrorisme en maintenant de liens étroits avec les groupes terroristes les plus notoires du Moyen-Orient. Peu de gens doutent qu’il fomente des troubles en Irak. Peu de gens mettent en cause qu’avec le redoublement de ses efforts pour se doter de l’arme nucléaire, il soit une menace pour la paix mondiale. Peu de gens doutent que ce régime soit une dictature néfaste qui méprise totalement les droits de l’homme. Mais après l’expérience de l’Irak, je doute que quelqu’un souhaite que les USA, la Grande-Bretagne ou quiconque lance une guerre pour renverser ce régime. La plupart des gens veulent voir un changement – un changement pacifique si possible – réalisé par le peuple iranien lui-même. On aimerait voir l’Occident suivre une politique qui rendrait ce changement plus, et non moins, possible.

J’ai atteint la même conclusion de la noble Baronne, Lady Gould, et plusieurs autres de tous les rangs de cette Chambre. Il est clair que l’OMPI est membre du Conseil national de la Résistance iranienne, qui est une alliance de plusieurs partis, individus et groupes, agissant comme un parlement en exil, appelant à la fin du régime actuel, à des élections libres et à un Etat démocratique. Quant à l’OMPI elle-même, elle apparaît être de loin le mouvement d’opposition le plus large et le plus actif en Iran et avant d’être frappée d’interdit par le régime en 1981, elle comptait un demi million de membres.

Le service de recherches du Congrès américain décrit cette organisation comme « un opposant majeur du régime de Téhéran, prônant la démocratie, la protection des droits de l’homme et une économie de libre échange en Iran ». Actuellement, l’OMPI est active en Iran avec des campagnes politiques et de propagande. Elle a démontré qu’elle était la meilleure source de renseignements sur ce qui se passe là-bas. En 2002, elle a été la première à révéler les sites nucléaires secrets en Iran.

J’ai écouté avec attention les paroles de mon noble ami Lord Hurd qui doute de la capacité des exilés d’apporter un changement, mais personne ne m’a parlé d’une autre organisation que l’OMPI qui offre l’espoir d’apporter la démocratie en Iran. Personne ne m’a parlé d’une autre organisation qui possède un vaste soutien et qui soit aussi en position d’exploiter l’immense mécontentement et l’aspiration au changement de la société iranienne mis en évidence par le boycott de la dernière élection présidentielle.

En 1997, l’Amérique a mis l’OMPI sur la liste des organisations terroristes. Il y a une raison de croire que ce n’était pas à cause des activités de l’organisation mais pour renforcer la politique de rapprochement avec ce régime. L’administration Clinton a fait ce qu’un haut responsable américain a qualifié de « geste de bonne volonté vis-à-vis du nouveau président iranien Mohammad Khatami » et en mars 2001, la Grande-Bretagne a suivi, en mettant l’OMPI sur une liste de 21 organisations interdites sous le Terrorisme Act 2000. Je peux parfaitement comprendre ce qui est arrivé à ce moment, mais le problème c’est que par nos agissements contre une organisation qui n’a certainement jamais attaqué les intérêts occidentaux ou britanniques, nous n’avons aidé personne si ce n’est les mollahs. En collant l’étiquette de terroriste à la seule organisation capable de s’opposer à eux, nous avons légitimé leur régime. Nous les avons rendus capables de dire que, confrontés à ce que l’Occident reconnaît apparemment comme une menace terroriste, ils ont été habilités en Iran à prendre des mesures sévères, voire brutales. Et bien entendu, la proscription a certainement gravement affaibli la capacité de l’OMPI à présenter sa cause en Amérique et en Europe. Cela l’a freinée dans ses activités politiques pour recueillir des soutiens et édifier l’opposition au régime.

Dans ces circonstances, je demande au gouvernement de considérer si le temps est venu de prendre l’initiative de lever l’interdit frappant l’OMPI. Je n’accepte pas que l’OMPI soit une organisation terroriste dans le sens de la loi de 2001. Ses opérations ont été menées contre les cibles militaires d’un régime tyrannique. Dans un sens, cela n’a rien à voir avec notre affaire, comme on peut le voir en lisant le débat de 2001. A cette occasion, le ministre de l’Intérieur a été en peine de dire que, même après avoir conclu qu’une organisation particulière soit concernée par le terrorisme comme l’entend la Section 3 de la loi, il a le pouvoir discrétionnaire de la mettre ou non dans la liste. On peut comprendre pourquoi. Si les pouvoirs que confère cette loi avaient existé en 1938 et que le gouvernement britannique de l’époque avait songé à les utiliser pour interdire une organisation tendant à recourir à la violence pour débarrasser l’Allemagne des Nazis, il me plaît à penser que ce gouvernement aurait été condamné par tous les citoyens honnêtes.

Le parallèle est évident. Tant que nous continuons à interdire l’OMPI, nous sapons et affaiblissons la principale opposition à un régime dont le maintien de l’existence n’est certainement pas dans notre intérêt. Nous facilitons à ce régime la tâche d’écarter les soi-disant réformateurs dans ses propres rangs et nous lui permettons de donner l’impression à son propre peuple que l’Occident, s’il ne se tient pas aux côtés de ce régime, est contre ceux qui s’opposent à lui. Nous contribuons à soutenir un régime tyrannique qui méprise totalement les droits de l’homme. Si d’autre part, nous levons l’interdit qui pèse sur l’OMPI, nous signalerons un soutien à un changement démocratique en Iran que nous désirons certainement tous.

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