De Philippe Bolopion
Le Monde – Après des mois de résistance, la Chine et la Russie se sont ralliées, vendredi 28 juillet, à un projet de résolution, pour la première fois juridiquement contraignant, qui exige que l’Iran suspende son programme d’enrichissement d’uranium, soupçonné d’être destiné à l’élaboration d’une arme nucléaire.
Dans le sillage de la France, des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, Moscou et Pékin ont accepté que le projet de texte contienne des menaces de sanctions économiques et diplomatiques si Téhéran n’obtempère pas avant le 31 août, date à laquelle le directeur de l’agence internationale de l’énergie atomique serait invité à faire un rapport au Conseil de sécurité.
Le projet de résolution, déposé par la France et qui pourrait être adopté dès lundi, marque la frustration des grandes puissances à l’égard de l’Iran, qui, de leur point de vue, refuse de négocier sérieusement plusieurs offres qui lui ont été faites dans les domaines économique, politique et nucléaire, en échange d’un arrêt vérifiable de ses activités nucléaires sensibles.
Téhéran a promis de donner une réponse, le 22 août, au "paquet" de mesures incitatives qui lui a été proposé, mais au regard des déclarations iraniennes affirmant que le pays ne renoncera jamais à son programme d’enrichissement d’uranium, le Conseil de sécurité a préféré aller de l’avant. "Nous comptons sur les dirigeants iraniens pour finir d’étudier (les mesures incitatives) et donner une réponse positive dès que possible", a toutefois déclaré, vendredi, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov.
Pendant plusieurs mois, la Chine et la Russie, d’importants partenaires commerciaux de l’Iran, avaient protégé Téhéran contre toute action du Conseil de sécurité autre que symbolique. Les deux pays, dont la patience a été émoussée par l’intransigeance iranienne, ont donc fait un pas important.
Moscou et Pékin ont, malgré tout, pris soin d’expurger le projet de résolution, élaboré par Paris, Londres, Berlin et Washington, de tous les éléments qui pouvaient être interprétés comme un appel à des sanctions immédiates ou comme une justification pour user de la force contre l’Iran. Si Téhéran refusait de coopérer avant le 31 août, le Conseil de sécurité devrait adopter une nouvelle résolution pour sanctionner la République islamique.

