jeudi, décembre 8, 2022

Plaire à la tyrannie

Un jugement l’an dernier a qualifié d’ ‘illégale’ l’interdiction du gouvernement pesant sur les Moudjahidine du peuple d’Iran – Jack Straw reconnaîtra-t-il jamais son tort ?

Par Lord Robin Corbett

The Guardian Unlimited, 22 janvier  – Rarement un verdict aura été aussi accablant pour le gouvernement comme celui du 30 novembre de l’an dernier de la Commission d’Appels des Organisations Proscrites (la POAC) sur l’affaire de la principale opposition démocratique iranienne, les Moudjahidine du peuple d’Iran (l’OMPI).

Depuis 2001, sur ordre des dirigeants théocratiques de l’Iran, le gouvernement avait interdit l’OMPI en tant qu’organisation terroriste conformément à la Loi 2000 sur le Terrorisme, sans la moindre preuve. L’ancien ministre de l’Intérieur, Jack Straw, a admis en 2006 qu’il avait interdit l’OMPI parce que les mollahs l’avaient exigé.

L’étiquette de terroriste a provoqué la colère parmi des parlementaires de tous bords, car le mouvement a vu 120.000 de ses membres exécutés par le régime parce qu’ils défendaient la démocratie et les droits de l’homme. Au printemps 2006, 35 députés et Lords ont décidé de porter cette interdiction devant la justice. Le gouvernement n’a manqué aucune occasion de retarder les auditions. Son dossier était aussi mince que faux.

Finalement, la POAC a jugé que l’OMPI n’était pas impliquée dans le terrorisme. Il a constaté que la décision du ministre de l’Intérieur de refuser la demande que nous avions faite pour la proscription était "viciée", "perverse" et "devait être écartée".

Ayant jugé que le ministre de l’Intérieur avait mal interprété la loi et n’avait pas pris en compte tous les faits pertinents, la POAC a ajouté : "… ayant soigneusement examiné tous les documents à notre disposition, nous avons conclu que la décision [du ministre de l’Intérieur] … est dûment caractérisée comme perverse." Ainsi, la POAC a ordonné au nouveau ministre de l’Intérieur "de présenter au Parlement un projet de décret selon l’article 3 (3) (b) de la loi 2000 retirant l’OMPI de la liste des organisations proscrites".

Immédiatement après ce jugement accablant, le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il chercherait à faire appel;la demande d’appel a été rejetée d’une manière retentissante par la POAC. On soupçonne qu’il s’agisse à nouveau d’une tentative de la politique de complaisance avec les mollahs, politique qui a échoué.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement refuse d’obéir à la loi. En décembre 2006, la Cour européenne de Justice a jugé que l’OMPI devait être retirée de la liste de l’UE des individus et des groupes dont les actifs ont été gelés dans le cadre de "la guerre contre le terrorisme". L’OMPI a été ajoutée à cette liste en 2002 quand Jack Straw était ministre des Affaires étrangères et avait pour habitude de faire des voyages fréquents et stériles à Téhéran alors que commençaient les activités d’enrichissement d’uranium.

Ce jugement a qualifié l’interdiction touchant l’OMPI d’ "illégale", disant qu’elle devait  être annulée. Immédiatement, cependant, les représentants du gouvernement dans l’UE ont commencé à faire le tour de Bruxelles, pressant le bloc des 27 nations d’ignorer le jugement. Et c’est ce qu’elles ont fait. En juin de l’année dernière, le conseil des ministres de l’UE a décidé de "maintenir" l’OMPI dans la liste du terrorisme – en violation flagrante de ses propres lois.

Les tentatives du Royaume Uni/UE pour persuader les mollahs d’abandonner leur offre aux armes nucléaires et d’arrêter de tuer des troupes britanniques en Irak ont échoué. La dernière chose dont notre monde à besoin, c’est bien du mélange mortel de l’intégrisme violent des mollahs et des armes nucléaires avec leurs vecteurs.

La décision de la POAC signale que la Résistance iranienne – diabolisée, diffamée, injustement taxée de terrorisme – ne veut qu’aider le peuple iranien à se débarrasser du mauvais gouvernement des mollahs.

J’invite maintenant Straw à faire des excuses pour la souffrance et le mal qu’il a fait à la Résistance iranienne. Il a reconnu quand il a interdit l’OMPI qu’elle n’avait aucune présence au Royaume-Uni ni aucun bilan de coup porté aux intérêts du Royaume Uni ou aux intérêts occidentaux au Moyen-Orient – une nouvelle définition de terrorisme.

L’engagement de Maryam Radjavi, la présidente élue de la coalition du Conseil national de la Résistance iranienne qui comprend l’OMPI, est en faveur de la liberté, la démocratie et la justice sociale et assure que les femmes auront une part égale à jouer dans les affaires de la nation dans un Iran séparant la religion de l’Etat – un nouvel Iran qui peut prendre sa place dans la communauté des nations plutôt que d’être un paria détesté et dangereux.

L’Iran sera libre. Pour cela il faut que la nouvelle ministre de l’Intérieur, Jacqui Smith, prenne ses distances avec le rapport douteux de Straw vis-à-vis de l’opposition démocratique iranienne en levant immédiatement la  proscription de l’OMPI.

Robin Corbett, Baron Corbett of Castle Vale, est le président du groupe des pairs travaillistes. Robin Corbett est actuellement président du comité parlementaire britannique pour la Liberté en Iran.

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