samedi, décembre 3, 2022
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Pas de complaisance envers Téhéran au nom de la lutte anti-Daech, exhorte Maryam Radjavi

Avec l’AFP et Reuters- La Résistance iranienne a appelé samedi à refuser toute complaisance envers le régime de Téhéran sous prétexte de lutte contre l’État islamique (EI), lors d’une réunion devant plusieurs milliers de personnes à Berlin. »Il serait illusoire de demander à l’incendiaire d’éteindre le feu », a lancé Maryam Radjavi, présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dont fait partie l’organisation des Moudjahidine du Peuple (OMPI).

Selon elle, « le silence sur les ingérences du régime iranien en Syrie, en Irak et dans d’autres pays de la région, sans parler de la collaboration avec lui au prétexte de lutter contre l’EI, représente une erreur stratégique ».

« C’est le régime des mollahs qui a créé le terrorisme au nom de l’islam », a asséné Mme Radjavi, pour qui l’Iran « est l’État fondateur pour la plupart des atrocités que les groupes fondamentalistes ont commis et continuent à commettre ».

Elle a exhorté la communauté internationale à « prendre pour cible l’épicentre du fondamentalisme » en insistant sur la nécessité du « renversant » du régime de Téhéran.

La chef de file de la résistance iranienne a également fustigé la nature misogyne du régime iranien, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes.

Selon un porte-parole du CNRI, Shahin Gobadi, des dizaines de milliers de personnes avaient fait le voyage de Berlin pour ce rassemblement qui devait durer sept ou huit heures. 

Parmi les orateurs figuraient l’ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et l’ancien maire républicain de New York Rudolph Giuliani.

Le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, a fait part ces derniers jours de ses inquiétudes sur le rôle de l’Iran dans l’offensive destinée à reprendre Tikrit à l’EI, qui marque son implication « la plus manifeste » en Irak depuis 2004.

La coalition conduite par les États-Unis n’a pas de contact avec les milices chiites armées et conseillées par Téhéran, qui jouent un rôle essentiel à Tikrit, a expliqué le général Dempsey vendredi à quelques journalistes.

Par ailleurs, selon le militaire, les Occidentaux craignent de voir l’immixtion de l’Iran exacerber les tensions confessionnelles en Irak, et ne sont pas certains que Téhéran partage les objectifs stratégiques de la coalition, attachée à l’unité de l’Irak. « Tikrit est un excellent exemple de ce dont nous nous inquiétons. L’Iran est en train de prendre le contrôle du pays », avait déploré jeudi le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal.

Maryam Radjavi intervenait dans la capitale allemande lors d’une conférence internationale intitulée «Pour la tolérance et l’égalité contre l’intégrisme et la misogynie», le 7 mars.

Le rassemblement de Berlin se tenait alors même qu’à Paris le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, rencontrait son homologue français Laurent Fabius, britannique Philip Hammond et allemand Frank-Walter Steinmeier, ainsi que la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini. Cette réunion clôturait une semaine de négociations sur le nucléaire iranien à Montreux (Suisse) que l’opposition iranienne voit d’un mauvais oeil car elle soupçonne les occidentaux de naïveté à l’égard de Téhéran.

 

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