vendredi, janvier 27, 2023

Ok, voilà Sahraroudi!

Par Moussa Afshar

CNRI – "La communauté internationale doit reconnaître le droit de participation de tous les pays, spécialement quand il s’agit  de résoudre un problème qui concerne toute la planète. On ne peut pas éliminer un ou deux pays”,  déclarait Manouchehr Mottaki, le ministre iranien des Affaires étrangères le 4 mai 2007.

Le ministre des mollahs tenait ces propos à la conférence de Charm El-Cheikh. Cette conférence a été le plus grand rassemblement international sur l’Irak.

Le mollah Jannati, président du Conseil des Gardiens qui a la main haute sur le parlement, a qualifié la conférence de Charm El-Cheikh “d’invalide”. « Est-ce que les peuples de cette région veulent vivre sous la tutelle des Américains et des Anglais ?  Est-ce qu’ils veulent  que ces pays décident pour l’Irak ?" 

Le journal Djomhouri Eslami, proche du Guide suprême, l’a qualifiée de “stérile”.

La réponse de l’Iran à la réaction internationale face à son ingérence en Irak  a été claire à Charm El-Cheikh :

• Une demande iranienne était un calendrier du retrait américain de l’Irak. Les mollahs ne veulent pas perdre la possibilité de prendre le contrôle de l’Irak. Leur demande a été retirée de la déclaration finale de la conférence.

• La requête suivante des mollahs, était que le gouvernement  Maliki bénéficie d’un soutien ; un gouvernement dont les postes clés dont dominés par la force Qods. La conférence a décidé que le soutien au gouvernement irakien sera conditionné aux progrès politiques. 

• Durant la conférence, le ministre saoudien des étrangères a refusé de rencontrer  Maliki et d’autres responsables irakiens. C’était un mauvais signal pour les mollahs car le principal pouvoir régional n’a donné aucune crédibilité au gouvernement Maliki.

• Dans la déclaration de la conférence, l’Egypte a demandé que le gouvernement irakien construise son armée sur une base nationale, et non sur des divisions religieuses. Cela contredit la demande de Téhéran que la force paramilitaires prenne le contrôle de la police et du ministère de l’Intérieur en Irak.

• La déclaration de la conférence a appelé l’Irak à résoudre sa ségrégation religieuse et à dissoudre toutes les milices illégales sans exception.

• La conférence a appelé  à la participation de toute la population  irakienne à la vie politique. Cela va à l’encontre du programme du régime iranien en Irak. Contrairement aux pays arabes, l’Iran veut empêcher la minorité sunnite d’avoir le moindre rôle dans le nouveau gouvernement.

• La conférence a appelé à l’ajustement des lois irakiennes pour mettre un terme aux purges des membres du Ba’th en Irak. C’est en contradiction directe à ce qui s’est passé jusqu’à présent sous la pression des mollahs iraniens.

• La déclaration de la conférence réitère la demande de la Ligue arabe de réunir la conférence de l’unité irakienne qui a été reportée depuis un an. Le texte précise que la communauté internationale veut soutenir l’Irak, mais qu’il doit y avoir un accord interne et que le gouvernement irakien doit d’abord cesser la violence.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, qui présidait la conférence, a souligné qu’on ne verrait la fin de la crise en Irak qu’à travers un accord politique garantissant les intérêts de tous les Irakiens. 

La déclaration de la conférence s’inscrit dans un processus international et régional visant à dissuader les mollahs iraniens et leurs agents irakiens. Ce processus cherche à briser la stratégie d’expansion des mollahs.

La conférence de Charm el-Cheikh ne visait pas seulement à isoler le régime iranien pour son ingérence en Irak.  Elle démontre aussi le mauvais calcul de ceux qui comptaient sur des négociations avec l’Iran. Ces derniers pensaient que cette conférence serait une occasion pour négocier le rôle de l’Iran en Irak et lui faire changer d’attitude. Cela explique la clémence du département d’Etat américain avec l’Iran. L’ambassadeur américain à Bagdad a même rencontré Ali Larijani, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale des mollahs.

Comment ont répondu les mollahs? Ils ont amené Jafar Sahraroudi (un agent iranien bien connu responsable d’attaques violentes en Irak et de terrorisme à l’étranger), dans leur délégation. Le gouvernement américain connaît parfaitement le rôle de Sahraroudi. L’armée américaine avait attaqué un bâtiment appartenant au régime iranien à Erbil en Irak le 10 janvier pour arrêter cet officier supérieur des gardiens de la révolution, qui avait réussi à fuir en Iran.

Les mollahs ne négocieront jamais la mainmise des gardiens de la révolution sur l’Irak. Pour cela, il leur faudrait abandonner la théocratie en Iran. Par conséquent, il est bon de dire à tous ceux qui veulent négocier avec Téhéran : « Ok, voilà Sahraroudi."

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