
Lors d’une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l’ONU tenue le mardi 24 juin, consacrée à la résolution 2231 et à l’état d’avancement du programme nucléaire du régime iranien, de hauts responsables de l’ONU et des États membres ont exprimé leur inquiétude croissante face aux violations persistantes par Téhéran de ses obligations internationales. Cette session faisait suite à un cessez-le-feu entre l’Iran et Israël, négocié par les États-Unis, après près de deux semaines d’intenses escalades militaires.
Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix de l’ONU, a souligné que le cessez-le-feu offre une opportunité d’éviter une nouvelle catastrophe, mais a averti que la situation diplomatique générale restait sombre. Elle a cité le dernier rapport de l’AIEA, qui a mis en évidence une augmentation significative des stocks iraniens d’uranium hautement enrichi et a souligné que l’agence avait perdu la continuité de ses connaissances sur des aspects clés des activités nucléaires iraniennes en raison de plus de quatre années d’accès limité.
Discours dans une réunion au Parlement européen- Strasbourg
La question iranienne dans son ensemble va bien au-delà du programme nucléaire du régime. Elle est essentiellement un conflit entre la tyrannie religieuse et le peuple iranien et sa résistance.
Nous avons dit que nous ne… pic.twitter.com/6uM91btvRe— Maryam Radjavi (@Maryam_Rajavi_F) 18 juin 2025
« L’escalade militaire entre Israël et l’Iran depuis le 13 juin, ainsi que les frappes aériennes américaines contre les installations nucléaires iraniennes le 21 juin, ont considérablement compliqué la voie vers le rétablissement de la pleine mise en œuvre du JCPOA », a déclaré DiCarlo au Conseil. Elle a également mentionné la récente frappe de missiles iranienne contre une base américaine au Qatar comme une autre mesure déstabilisatrice.
L’ambassadrice par intérim des États-Unis auprès de l’ONU, Dorothy Shea, a réitéré la position de Washington selon laquelle l’Iran continue de violer le JCPOA et les normes plus larges de non-prolifération. Elle a souligné les transferts d’armes de Téhéran à des alliés tels que les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban, ainsi que la fourniture de drones à la Russie en 2022 – des actions qui contreviennent directement aux résolutions du Conseil de sécurité.
Shea a défendu les frappes aériennes américaines sur l’infrastructure nucléaire iranienne, les qualifiant d’« opération de précision » visant à dégrader les capacités d’armement de l’Iran, et a souligné qu’elles avaient été suivies d’un cessez-le-feu coordonné par le président Trump. Elle a critiqué les membres du Conseil qui « ferment les yeux » sur le non-respect des engagements iraniens et a exhorté l’Iran à « saisir cette occasion de paix ».
Le représentant de l’Union européenne, Stavros Lambrinidis, a également souligné l’urgence de relancer la diplomatie, insistant sur le fait qu’une solution durable doit être trouvée par la négociation et non par la confrontation militaire. Il a averti que l’accélération de l’activité nucléaire iranienne, conjuguée à la surveillance restreinte de l’AIEA, compromettait dangereusement la viabilité de l’accord.
L’ambassadeur de France a émis de sérieux doutes quant au caractère pacifique du programme nucléaire iranien, soulignant que Téhéran avait violé la quasi-totalité des limites imposées par le JCPOA. Il a souligné que l’AIEA ne disposait plus d’informations fiables sur l’étendue des activités iraniennes et a mis en garde contre les menaces de l’Iran de se retirer du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). La France, aux côtés du Royaume-Uni et de l’Allemagne, s’est déclarée prête à activer le mécanisme de « snapback » du JCPOA si aucune avancée diplomatique n’était réalisée d’ici l’été.
Le représentant britannique a ajouté que les stocks d’uranium enrichi de l’Iran dépassaient désormais de 40 fois la limite du JCPOA, dépassant largement toute justification civile. L’Allemagne, quant à elle, a qualifié le programme nucléaire de menace directe pour la paix et la sécurité internationales.
L’ambassadeur du régime clérical, Amir Saeid Iravani, a insisté sur le fait que Téhéran n’avait pas déclenché la guerre, affirmant que l’Iran avait cessé ses ripostes militaires une fois les attaques israéliennes et américaines terminées. Il a réaffirmé l’engagement du régime envers la diplomatie et a insisté sur le fait que ses mesures correctives devaient rester conformes à la résolution 2231 et au JCPOA.
Iravani a appelé le Conseil de sécurité à condamner les frappes américaines et israéliennes sur le sol iranien, en particulier celles visant les sites nucléaires surveillés par l’AIEA, et a exhorté le Conseil à prévenir de futures attaques.
Le débat sur les intentions nucléaires de l’Iran intervient alors que plusieurs États membres de l’ONU ont commencé à exprimer leur inquiétude quant au rôle de l’Iran dans l’instabilité régionale. Lors de la même session, des représentants de l’Allemagne, du Royaume-Uni, et de l’UE ont clairement indiqué que la trajectoire actuelle de l’Iran était intenable et représentait un danger croissant, non seulement pour la région, mais aussi pour les efforts mondiaux de non-prolifération.
Malgré les multiples cycles de négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis ces derniers mois, les progrès diplomatiques restent au point mort. Un sixième cycle a été purement et simplement annulé en raison du déclenchement des hostilités.

