
Le régime iranien continu d’esquiver les questions de l’AIEA sur la dimension militaire de son programme nucléaire. Mercredi un responsable de l’AIEA a indiqué, à l’issue d’une visite à Téhéran d’inspecteurs onusiens dirigés par Tero Varjoranta, que les questions en suspens concernant une possible dimension militaire du programme nucléaire de Téhéran dans le passé, n’ont toujours pas été résolues.
L’AIEA demande depuis 2011 à Téhéran de répondre à des allégations précises selon lesquelles l’Iran a réalisé des recherches et des travaux concrets, avant 2003, pour se doter de la bombe atomique. Le directeur général de l’Agence, Yukiya Amano, a régulièrement déploré un manque de coopération de Téhéran sur ce dossier.
Seuls deux questions restent sans réponse, qui concernent le développement de « détonateurs à fil à exploser » et des études de « calcul et de modélisation » faites sur le transport de neutrons.
Selon des diplomates occidentaux, l‘apurement de ce volet est indispensable pour parvenir à un accord nucléaire définitif avec les grandes puissances du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).
Malgré les admonestations répétées de l’AIEA, l’autorité nucléaire des Nations unies, l’Iran a toujours réfuté ces accusations selon lesquelles il aurait, entre autres, mené des recherches sur le façonnement d’ogives et sur une nucléarisation de son missile balistique Shahab-3.
« La question de la possible dimension militaire (…) fait partie de l’ensemble. Elle doit être résolue pour que les sanctions puissent être levées », souligne un diplomate européen partie aux négociations.
Pour Kelsey Davenport, de l’institut Arms control association, « l’Iran ne s’en tirera pas comme ça pour ses travaux passés ». Selon elle, « il est vital pour la crédibilité de l’Agence que l’Iran apporte des réponses », faute de quoi le régime de non-prolifération nucléaire tout entier serait ébranlé.
Avec AFP

