De Jonathan Marcus, Correspondant diplomatique, BBC
BBC Un sondage BBC World Service sur les intentions nucléaires de lIran mène à des conclusions étonnamment explicites de la part de lopinion publique.
Les dirigeants politiques occidentaux en tête de la campagne visant à faire pression sur lIran pour la suspension de son programme nucléaire bénéficient dun franc succès.
Avec une majorité écrasante dans les 25 pays où ce sondage dopinion a eu lieu, les gens nacceptent pas les protestations de lIran qui affirme que ses activités nucléaires ont un objectif purement civil.
En moyenne, 60% des personnes interrogées pensent que lIran tente en parallèle de développer des armes nucléaires. Ce point de vue est partagé par le plus grand nombre dans 19 des 25 pays où cette enquête a été conduite.
Tout semble indiquer que dans cette bataille pour le pouvoir, ou cette guerre des mots si vous préférez, cest la position de Washington qui prévaut et les recherches nucléaires de lIran sont effectivement considérées comme lintroduction à un programme darmes.
Recours à la diplomatie
Lopinion publique internationale est donc généralement inquiète mais jusquà quel point ? La majorité des personnes dans les pays en question affirment quelles seraient soucieuses si lIran développait la bombe atomique.

En effet, dans neuf pays, dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, lAustralie, Israël, le Canada, le Brésil et lAllemagne, la majorité serait « très inquiète » dun tel événement. Cest très bien de sinquiéter, mais selon eux, que devons-nous faire ?
Et là, les partisans dune solution ferme contre Téhéran trouvent bien moins de soutien. Les inquiétudes ne se traduisent pas en une demande daction internationale ferme. Il ny a que peu denthousiasme autour de lidée dune frappe militaire contre lIran sil refuse de stopper son programme nucléaire : en moyenne seulement 11% sont en faveur dune action militaire.
Même lidée dimposer des sanctions économiques ne recueille quun soutien modeste. Lapproche la plus populaire est celle des « efforts diplomatiques » afin de convaincre les Iraniens. Bien entendu, rien nindique réellement dans ce sondage ce qui devrait se passer si la diplomatie venait à échouer.
Tout le problème est là. Pour le moment, lopinion internationale et lapproche du trio européen (Grande-Bretagne, France et Allemagne) à la tête de la campagne pour ramener lIran à la table des négociations, semblent généralement être en accord.
La diplomatie est à lordre du jour, en partie parce que il y a eu un semblant de geste de la part des Iraniens et en partie parce quil nexiste aucune alternative crédible à lheure quil est.
Le défi des sanctions

Cependant, les signes venant de Téhéran restent pour le moins ambigus. Trois réunions entre le haut négociateur nucléaire iranien, Ali Larijani, et le chef de la politique étrangère de lUE, Javier Solana, ont été reportées. Ceci pourrait être dû à lindécision des dirigeants iraniens eux-mêmes.
Ladministration Bush semble en ce moment relâcher la pression pour limposition de sanctions contre Téhéran. Mais en labsence de signes significatifs des Iraniens, cette pression pourrait de nouveau sappliquer. Demeure toujours le problème de se rallier du soutien pour une forme quelconque de sanctions. Cela ne sera pas une tâche facile pour le Conseil de Sécurité. Et si lon en croit ce sondage, convaincre lopinion publique ne sera pas non plus une tâche aisée.

