dimanche, décembre 7, 2025
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De la révélation nucléaire de 2002 jusqu’à aujourd’hui, l’OMPI demeure l’obsession du régime en Iran

Les responsables et les médias de propagande du régime iranien ont une fois de plus révélé leur plus grande crainte : le rôle de l’opposition iranienne, et en particulier de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK), dans la révélation de secrets, l’incitation à des soulèvements et la mobilisation de soutiens à l’étranger. De la première révélation des sites nucléaires clandestins de Téhéran aux manifestations nationales de 2017 et au rassemblement de ce mois-ci à Bruxelles, le même fil conducteur traverse le discours du régime : l’OMPI est son adversaire le plus dangereux.

Aveux sur le soulèvement de 2017
Le 17 septembre 2025, l’ancien ministre des Communications, Mohammad-Javad Azari Jahromi, a rappelé comment les manifestations qui ont éclaté à Machhad en décembre 2017 ont rapidement dégénéré. Il a affirmé que la manifestation initiale avait été organisée par des groupes pro-régime, mais qu’elle avait été rapidement dépassée : « Un autre courant est arrivé et a commencé à scander des slogans contre le régime. L’OMPI a profité de l’affaire et des troubles ont éclaté dans les provinces.»

Jahromi a reconnu que les forces de l’État avaient de facto abandonné les lieux, permettant aux slogans anti-régime de se propager à travers le pays. Selon lui, les sympathisants de l’OMPI ont « chauffé le climat politique » et « semé de troubles dans les provinces ». Son récit souligne ce que le régime tente depuis longtemps de nier publiquement : que l’OMPI a canalisé la frustration généralisée en une contestation nationale coordonnée.

Les révélations nucléaires qui ont tout changé
Un autre aveu est intervenu le 10 septembre, celui de l’ancien député du Majlis, Ebrahim Karkhaneh. Il a rappelé que le bras de fer nucléaire entre Téhéran et les puissances mondiales « a commencé en août 2002 », lorsque l’OMPI a tenu une conférence de presse à Washington pour révéler les installations secrètes d’enrichissement de Natanz et d’Arak.

L’impact de la révélation du site nucléaire de Natanz par l’opposition iranienne, le CNRI
Karkhaneh a qualifié cette révélation de « point de départ du complot contre la République islamique », mais a confirmé son impact décisif. « Après cela, le secrétaire général de l’AIEA s’est rendu en Iran », a-t-il déclaré, ajoutant qu’entre 2003 et 2006, « alors que nous avions suspendu toute activité nucléaire, le conseil de l’AIEA a adopté huit résolutions contre nous ».

Cette déclaration, bien que conçue comme une dénonciation, a mis en lumière une réalité : les révélations de l’OMPI ont modifié durablement la trajectoire nucléaire du régime, rendant une surveillance internationale inévitable.

Propagande et panique avant Bruxelles
En septembre dernier, la même peur a refait surface à l’approche du rassemblement annuel du CNRI à Bruxelles, le 15. Deux jours avant le rassemblement, un média de la Force Qods du CGRI a accusé l’OMPI de préparer une « auto-explosion » orchestrée pour piéger le régime, faisant écho aux campagnes de désinformation grossières des années 1980. Le média a qualifié cette action de « machination puérile » destinée à faire pression sur l’Union européenne.

Malgré les tactiques d’intimidation du régime, le rassemblement de Bruxelles a eu lieu et a attiré une foule nombreuse de partisans de la Résistance iranienne qui célébraient le 60e anniversaire de l’OMPI. Le récit conspirationniste d’une « auto-explosion » orchestrée relevait moins de la crédibilité que de l’intimidation : une tentative d’effrayer les partisans du mouvement et de décourager la participation en agitant le spectre d’un attentat. Cette tactique était particulièrement sinistre, sachant qu’en 2018, un haut diplomate iranien a été condamné en Belgique pour avoir orchestré une tentative d’attentat déjouée contre le rassemblement « Iran libre » du CNRI à Villepinte, près de Paris.

Un fil conducteur de peur
Des révélations de 2002 aux manifestations de 2017 et au rassemblement bruxellois de 2025, le comportement du régime révèle une vérité constante. Ses responsables reconnaissent ouvertement le rôle de l’OMPI dans le déclenchement des crises, tandis que les médias d’État mènent des campagnes désespérées pour discréditer le groupe. Cette obsession est révélatrice : à chaque tournant des troubles internes et des confrontations internationales, le régime clérical considère l’OMPI comme la menace principale.

Ce que les responsables de l’État ont révélé – et ce que ses médias ont tenté de dissimuler – confirme que l’OMPI n’est pas seulement un adversaire historique. Pour un régime en proie à l’effondrement économique, à l’isolement international et à des troubles croissants, l’organisation représente la force capable de transformer le mécontentement en résistance organisée.

Les religieux peuvent qualifier cela de « sédition » ou de « conspiration », mais leurs propres actions trahissent une réalité plus profonde : après quatre décennies au pouvoir, ils restent hantés par la même opposition qu’ils n’ont pas réussi à écraser.