lundi, janvier 30, 2023
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Nucléaire iranien: les points délicats restant en suspens

Nucléaire iranien: les points délicats restant en suspens

Avec l’AFP – Les négociations sur le nucléaire iranien, qui reprenaient mercredi à Vienne après l’adoption d’un accord-cadre le 2 avril, portent sur plusieurs points techniques et politiques délicats, tous susceptibles de faire échouer l’accord final qui doit être conclu d’ici la date-butoir du 30 juin.

L’objectif des grandes puissances est d’obtenir une réduction drastique des capacités nucléaires iraniennes de façon à rendre l’option militaire virtuellement impossible, en échange d’une levée des sanctions internationales qui brident l’économie du pays.

Voici les principales pierres d’achoppement potentielles :

– Les sanctions –

Les Etats-Unis et l’Union européenne se sont engagés à lever leurs sanctions économiques contre l’Iran, tout en prévenant qu’elles seraient immédiatement rétablies en cas de violation d’un éventuel accord.

Parallèlement, les grandes puissances promettent de remplacer les actuelles résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu par un nouveau texte, qui entérinerait l’accord et lèverait une partie des sanctions des Nations unies.

Mais un différend fondamental subsiste sur le rythme de la levée de ces sanctions.

Pour les Occidentaux, une telle levée ne pourra intervenir que quand l’AIEA, l’agence nucléaire de l’Onu, aura attesté que l’Iran a effectivement commencé à réduire ses capacités nucléaires, une procédure de vérification qui, selon Washington, nécessitera « probablement de six mois à un an ». Le président du régime iranien Hassan Rouhani et le Guide suprême Khameneï exigent, que les sanctions soient levées « au premier jour de l’application de l’accord ».

– Les chiffres –

Washington a publié des chiffres très précis sur la réduction des capacités nucléaires de Téhéran convenues, selon lui, dans l’accord-cadre.

Selon les Etat-Unis, l’Iran devra réduire le nombre de ses centrifugeuses, qui permettent d’enrichir l’uranium, à 5.060 durant dix ans contre 19.000 actuellement. Téhéran pourra conserver 1.044 centrifugeuses supplémentaires, mais pas à des fins d’enrichissement.

En outre, toujours selon Washington, l’Iran accepterait de réduire à 300 kg, contre 10 tonnes actuellement, ses stocks d’uranium faiblement enrichi, et de ne pas dépasser ce plafond durant 15 ans.

Mais l’Iran a qualifié ces données de « mélange de faits et de mensonges » et a simplement souligné que ses capacités seraient « limitées ». Dans une déclaration commune lors de la conclusion de l’accord-cadre du 2 avril, la négociatrice en chef de l’UE Federica Mogherini et le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, ont seulement indiqué que « les capacités et le niveau d’enrichissement de l’Iran ainsi que ses stocks seront limités pour des durées données ».

Cette déclaration a toutefois stipulé que le site souterrain de Fordo ne pourra plus être utilisé à des fins d’enrichissement et que le réacteur à eau lourde en cours de construction à Arak sera reconfiguré de manière à ne plus pouvoir produire de plutonium, autre filière que l’uranium enrichi pour parvenir à la bombe.

– Les inspections –

L’Iran et les grandes puissances doivent s’entendre sur un régime d’inspections renforcées de l’AIEA destiné à garantir le respect de l’accord. Selon les Etats-Unis, l’Iran s’est engagé à accepter ces inspections, notamment sous le régime du protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire. Téhéran devra également se plier à des règles précises pour ses fournitures de matériaux et technologies nucléaires.

Selon les Occidentaux, un accord n’est par ailleurs envisageable que si Téhéran fait la lumière sur la « possible dimension militaire » de travaux que l’Iran aurait mené pour se doter de l’arme atomique avant 2003, selon l’AIEA. Les réponses de la République islamique, qui réfute l’existence de ces travaux, ont jusqu’à présent été jugées insuffisantes par l’agence onusienne.

– La recherche et développement –

Selon Washington, l’Iran doit placer sous scellés son millier de centrifugeuses de nouvelle génération IR-2M pour n’utiliser que ses IR-1, datant des années 1970 et beaucoup moins performantes.
L’Iran, qui fait valoir son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète, souhaite toutefois pouvoir continuer à exploiter des IR-2M, au moins à des fins de recherche et développement. Selon une porte-parole de la diplomatie américaine, Marie Harf, ces questions de recherche et développement comptent « parmi les plus compliquées » figurant au menu des négociateurs.

 

 

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