vendredi, décembre 9, 2022
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Nous avons besoin de courage pour changer de politique envers le pouvoir en Iran (Edith Cresson)

CNRI – « Nous avons besoin sans doute de clairvoyance et de courage pour arriver à changer de politique envers le pouvoir iranien d’aujourd’hui qui est obscurantiste et vraiment contraire aux droits de l’homme. Nous devons changer notre regard sur l’opposition légitime à ce régime, sinon la seule alternative sera quelque chose de tragique et il faut l’éviter », a déclaré Edith Cresson, ancien Premier ministre, lors d’un séminaire international à Paris le 5 février.

CNRI – « Nous avons besoin sans doute de clairvoyance et de courage pour arriver à changer de politique envers le pouvoir iranien d’aujourd’hui qui est obscurantiste et vraiment contraire aux droits de l’homme. Nous devons changer notre regard sur l’opposition légitime à ce régime, sinon la seule alternative sera quelque chose de tragique et il faut l’éviter », a déclaré Edith Cresson, ancien Premier ministre, lors d’un séminaire international à Paris le 5 février.

La réunion portait sur le jugement rendu par la Cour européenne de Justice annulant la décision du Conseil des ministres de l’UE qui avait inscrit dans la liste du terrorisme de l’UE les Moudjahidine du peuple d’Iran, la principale opposition au régime de Téhéran et sur la réaction de l’UE qui refuse de se conformer à ce jugement. Les plus grands experts en matière de droit communautaire et de nombreuses personnalités politiques et de défense des droits de l’homme de toute l’Europe étaient venues apporter leur soutien et leur témoignage. Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, est également intervenue.

Nous vous proposons le texte de l’intervention de Mme Cresson :

Je vous remercie de m’avoir invitée. Il se trouve que j’ai participé à plusieurs de ces rencontres avec des représentants français de toutes sensibilités et que ma connaissance du sujet évidemment a progressé.

Je ne suis pas juriste. Je ne me lancerai pas dans une explication juridique comme celle extrêmement brillante que nous venons d’entendre. Je ferais simplement part de quelques considérations sur la situation actuelle qui est pour le moins curieuse.

Le verdict du tribunal de première instance de la Cour européenne qui annule l’inscription de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran de la liste terroriste a levé cette suspicion qui planait sur le mouvement de la résistance iranienne. C’est une reconnaissance de votre action et de la justesse de votre combat. Mais pour ceux et celles qui vous ont côtoyés et ont observé attentivement vos démarches, vos déclarations et votre action, comme je l’ai fait depuis plusieurs années avec beaucoup d’autres, il n’y avait évidemment  aucun doute.

Et c’est à l’honneur de la Cour européenne de Justice de donner raison à la Résistance iranienne dans le conflit qui l’oppose au Conseil de l’Union européenne. C’est la preuve que la démocratie et la justice européenne sont en bonne santé.

Alors évidemment cela parait cocasse que le Conseil des Ministres de l’Economie et des Finances dont on pourrait penser que compte tenu de l’état de l’économie en Europe, il devrait avoir autre chose à faire, se soit penché sur ce problème. Et moi qui connaît un petit peu ce fonctionnement, je peux vous dire que bien souvent il y a des décisions qui sont prises par surprise, parce qu’elles sont glissées dans l’ordre du jour, que personne bien sûr n’y connaît rien, sauf celui qui a placé la question et qui a intérêt à ce qu’elle soit réglée de la manière qu’il a préconisée. Les 27 membres du conseil qui ont chacun cinq minutes pour parler, vous pouvez vous imaginer ce que ça fait à la fin du compte, n’ont pas évidemment réaliser. Je dirais même qu’il faudrait les excuser, ils ne sont pas vraiment coupables.

Mais certains savaient mieux que d’autres ce qu’ils faisaient. Et ceux-là feraient bien de s’interroger, et nous nous interrogeons sur leur motivation.

Dans ces conditions nous avons besoin sans doute de clairvoyance et de courage pour arriver à changer de politique envers le pouvoir iranien d’aujourd’hui qui est obscurantiste et vraiment contraire aux droits de l’homme. Nous devons changer notre regard sur l’opposition légitime à ce régime, sinon la seule alternative sera quelque chose de tragique et il faut l’éviter.

Nous devons faire comprendre aux dirigeants de Téhéran que le monde ne peut accepter les violations flagrantes des droits de l’homme, les déclarations belliqueuses de menaces envers d’autres pays, en particulier contre Israël, la course à l’armement nucléaire qui défraie la chronique ces jours-ci, sous prétexte de technologie et de possibilité d’accéder à la technologie, et la contestation de la vérité de l’holocauste.

Le Conseil devra trouver une position correcte. Il est aujourd’hui sous présidence allemande et je ne pense pas que les propos qui ont été tenus récemment à Téhéran concernant la Shoah, n’amènent pas de la part de la présidence actuelle une réflexion sur ce problème.

La décision de la Cour européenne de justice offrait à nos politiques l’opportunité de corriger l’erreur de traiter de terroriste un mouvement qui ne l’était pas et qui est capable, nous le constatons, de gérer avec mesure le changement démocratique en Iran.

Nous en France nous avons connu la résistance et nous savons combien il est compliqué de mener ce chemin malgré les obstacles  et la complexité de se faire reconnaître, même par ses propres amis. C’est une expérience que la France a vécue. Pourtant elle a triomphé en définitive. Il n’y a pas de raisons que votre combat ne triomphe pas. La présence d’un grand nombre de juristes éminents et de parlementaires venus de toute l’Europe est un succès pour vous et montre que les décideurs politiques doivent tenir compte de l’opinion publique contre le régime des mollahs et en faveur de la grande nation iranienne et de son histoire prestigieuse qui se manifeste aujourd’hui avec courage dans votre résistance.

L’histoire de la France trouve aussi son prestige dans la défense des droits de l’homme et c’est en cette qualité que nous avons été aux côtés de ceux qui ont aspiré à la liberté. J’ai reçu moi-même des représentants de l’ant-apartheid il y a plusieurs années au siège du parti socialiste, à un moment où personne ne les reconnaissait, et certains d’ailleurs les traitaient de terroristes. Mais l’histoire a bien donné raison à Mandela.

J’estime que la France doit jouer son rôle dans la continuité et doit être aux cotés de la Résistance iranienne. Devant les excès insupportable en Iran, nous devons engager un dialogue fructueux en vue d’encourager et d’aider la Résistance iranienne à mettre en place un régime qui soit véritablement démocratique. C’est bien le sens de mon soutien à ce mouvement  et j’espère de tout cœur que cette réunion pèsera efficacement et contribuera à faire comprendre aux dirigeants européens la nécessité d’un changement politique en Iran et donc d’un changement d’attitude envers votre mouvement.

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