mardi, février 7, 2023
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Mise en garde contre l’instrumentalisation du CICR par la dictature iranienne contre son opposition

Selon des informations dignes de foi obtenues de l’intérieur de l’Iran, le mois dernier une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a quitté Téhéran pour Bagdad afin d’établir des relations dites « familiale » voulues par le régime iranien, dans le but d’obtenir le départ des résidents du camp Liberty vers l’Iran et leur soumission à la « république islamique ».

Un rapport interne du régime des mollahs stipule : « La situation dans le camp Liberty est très difficile et ressemble à une prison, ce qui pourrait conduire des personnes à penser à leurs familles et se tourner vers la république islamique. Le CICR planifiait d’envoyer ses médecins pour aider les handicapés. Toutefois, c’était trop tôt, le transfert des résidents depuis Achraf n’a pas encore été complété. Le responsable d’Achraf au sein du ministère des affaires étrangères irakien a promis de mettre tout en œuvre pour contribuer dans ce sens, les Nations-Unies ont également donné leur accord, mais ceux qui sont responsables dans le camp Liberty n’ont pas accepté. Par conséquent nous devons attendre et voir ce qui surviendra dans les semaines à venir. À cet égard, si le CICR  réussit à parler avec 20 personnes par jour, sa contribution sera efficace. Si le gouvernement irakien augmente la pression et rend les conditions de vie toujours plus difficile, alors ces personnes seront contraintes à retourner (en Iran). Nous avons discuté avec le gouvernement irakien et la MANUI pour leur faire savoir que si le nombre de ces personnes devient significatif, il conviendrait de créer pour elles, une installation séparée dans le camp Liberty. »

 

Il semble qu’à la suite de l’échec des pressions psychologiques infligées aux résidents d’Achraf au moyen de 300 haut-parleurs durant 677 jours, et des insultes et menaces incessantes contre les résidents, par ceux qui se présentaient comme « des familles » des moudjahidine du peuple, le gestapo sanguinaire des mollahs cherche à présent à instrumentaliser le CICR contre les résidents de Liberty. Pour faire impliquer le bureau du CICR à Téhéran dans son scénario, le régime des mollahs a fait envoyer quelques 500 lettres de soi-disant familles afin de monter une machination contre les résidents de Liberty.

Le 30 avril 2012, le bureau du HCR, situé à l’extérieur du camp Liberty, a appelé 17 résidents pour une habituelle vérification d’identité et interview. À leur grand étonnement, 7 d’entre eux se sont retrouvés devant des représentants du CICR au lieu du HCR. Ces représentants ont déclaré être venus pour apporter les lettres de leurs familles et arranger « les communications avec les familles ». Quatre de ces 7 personnes, qui sont des membres de la famille de M. Abdolreza Rajabi, un membre de l’OMPI exécutés en Iran, ont pu téléphoner à des membres de leurs familles en Norvège. Abdolreza Rajabi a été exécuté le 28 octobre 2008 dans la prison de Gohardacht après avoir été violemment torturé. Sa famille réside à Achraf depuis 2004. Sa fille, Faezeh Rajabi, fait partie des résidents assassinés le 8 avril 2011, atteinte d’une balle des forces irakiennes.

Trois des personnes appelées à rencontrer les représentants du CICR sous le couvert du HCR, ont vivement protesté contre cette attitude et contre le fait d’apporter des lettres arrangées par le ministère des renseignements iraniens (VEVAK) dont les contenues ne sont rien d’autre que des appels à cesser la résistance au régime en place. Elles ont également protesté auprès du HCR pour avoir transmis, sans leurs consentements, leurs informations au CICR. De plus, ils ont contacté leur avocat pour porter plainte. Pourquoi des personnes qui devaient être interviewées pour la vérification de leur identité par le HCR, se sont retrouvées à leur insu face une situation qui rappelle des méthodes du régime iranien. Ces pratiques ont eu d’autres antécédents dans le passé.

La Résistance iranienne insiste que tout ingérence directe ou indirecte dans le dossier de l’OMPI, de la part du régime iranien, qui possède le record des exécutions dans le monde et qui est le banquier central du terrorisme international, est une ligne rouge infranchissable, car cela reviendrait à jouer avec la vie de milliers de militants de la liberté, et leurs familles sans défense en Iran. Elle met également en garde le CICR à refuser se laisser manipuler par les mollahs pour être transformé en moyen de pression sur l’opposition.

Voici un rappel historique des développements dans ce dossier :

1- C’est un fait avéré que pendant trois décennies, le VEVAK a retenu en otage dans le pays, les familles de la Résistance iranienne qui n’ont pas accepté de collaborer avec le régime contre leurs proches et leurs enfants et. La résistance iranienne a déjà révélées des centaines de cas. La campagne du VEVAK pour écrire des lettres et arranger des « contact familial » pour obliger les résidents d’Achraf à retourner et se livrer au régime s’est multipliée après la guerre en Irak. Les identités des familles arrêtées et torturées parce qu’elles n’avaient pas accepté de collaborer avec le régime iranien, ont été publiées et transmis aux Nations unies, à la MANUI, aux responsables américains et aux organes internationaux. La dernière mise à jour de cette liste, en novembre 2011, comportant les identités de 175 membres de familles en Iran qui ont été torturé et soumis aux pressions pour les mêmes raisons, a été transmis aux organes et responsables compétentes.

(Voir annexe no.1)

2- il y a six ans, la campagne scandaleuse des lettres et des contacts familials lancé par les renseignements des mollahs a pris une telle ampleur que le vice-commandant des forces américaines chargé de la protection d’Achraf, a écrit une lettre officielle le 4 juin 2006 : « au cours des derniers mois la force conjointe des agences des forces de la coalition (JIATIF) a été témoin d’une augmentation considérable de demande de la part du CICR pour des « contacts familials », et l’OMPI a fait preuve d’une grande coopération pour faciliter les visites du JIATIF avec ces individus… Beaucoup de résidents d’Achraf ont exprimé leur inquiétude concernant les vraies intentions de ceux qui demandent à établir ces contacts. Afin de répondre à leur inquiétude, nous leur offrons dorénavant la possibilité de donner des réponses écrites au CICR pour chaque demande. »

(Voir Annexe no.2)

3- le 16 décembre 2007, quand les forces américaines étaient toujours en charge la protection d’Achraf, le CICR a pris l’engagement de ne plus être instrumentalisé par le régime iranien contre sa principale force d’opposition. Le chef de la délégation du CICR en Irak a écrit au conseiller légal des résidents d’Achraf : « nous voulons encore une fois souligner que nous comprenons les inquiétudes qui ont été exprimées, et souhaitons surtout insister qu’il n’y a absolument aucune obligation de la part des résidents d’Achraf de recevoir ces demandes, de répondre à leurs proches, ou confirmer leur présence à Achraf. De cette manière, nous pensons qu’il n’y aura pas de pressions excessives à leur encontre. »

(Voir annexe no.3)

4- le 20 avril 2009, c’est-à-dire trois mois avant le massacre du 28 et 29 juillet, dans une longue lettre au président du CICR, Mme Maryam Radjavi, Présidente élue de la Résistance iranienne, a averti que la position du CICR sur le déplacement des résidents, élaboré dans sa lettre au gouvernement irakien, « sera incontestablement considéré comme un feu vert du CICR pour le déplacement forcé des résidents d’Achraf. Je suis consciente que les responsables du CICR peuvent mesurer les conséquences tragiques éventuelles d’une telle lettre. »

Dans sa lettre, Mme Radjavi a qualifié le silence et l’inaction du CICR vis-à-vis de la situation exceptionnelle d’Achraf ; d’incompréhensible et d’inexplicable. Surtout que, « depuis le début de 2008, les représentants de la résistance iranienne, dans leur rencontre ou à travers des lettres aux représentants du CICR à Genève et à Bagdad, ont alerté sur les dangers de transférer la protection des résidents d’Achraf par les forces américaines aux forces irakiennes. Ils ont exhorté le CICR de s’opposer à un tel transfert, ou du moins, écrire une lettre privée aux résidents d’Achraf pour exprimer son opposition à un tel transfert. Malheureusement, le CICR s’est dérobé à adopter une position qui s’avérait cruciales.»

5- concernant le fait que le CICR s’est donné implicitement comme mission principale, vis-à-vis des résidents d’Achraf, de « faciliter les contacts familials », Mme Radjavi a écrit : « contrairement à la propagande malveillante du régime clérical et de ses agents irakiens, des milliers de membres des familles des résidents d’Achraf ont pu leur rendre visite au cours des six dernières années, et ont séjourné des jours et parfois des semaines à Achraf, et sont retournés sans avoir eu de problème à Achraf ou en Irak. Si le CICR souhaite vraiment faciliter les contacts familiaux, il serait pour lui nécessaire d’accomplir deux tâches très importantes avec des résultats beaucoup plus constructives, conforme à ses objectifs : 

Premièrement, demander aux forces irakiennes pourquoi empêchent-elles l’entrée des familles dans le camp d’Achraf, condamner cette attitude et ne pas permettre de la continuer. Où a-t-on vu dans le monde que les autorités empêchent les pères et les mères de rendre visite à leurs enfants chez eux ou empêcher les cousins de se rencontrer ? Dans quel pays démocratique les autorités empêchent les gens de voir leurs proches en prison ?

Deuxièmement et le plus important, condamner le régime iranien pour l’emprisonnement et la torture des familles qui ont visité leurs enfants à Achraf, ou furent arrêtées aux aéroports au moment où elles s’apprêtaient à aller à Achraf pour retrouver leurs enfants. Le CICR est tout à fait conscient de ces faits. Ils ont été rapportés par les médias, et la résistance iranienne a informé le CICR en détail. Vous êtes certainement au courant que parmi les personnes arrêtées il y avait des pères et des mères âgés, dont certains avaient près de 80 ans. Au fait, qu’est-ce que le CICR a-t-il  fait pour ces familles ? »

6-Mme Radjavi a souligné: « ce régime, comme vous le savez probablement, ne fait pas qu’emprisonner et torturer les familles. Il tente également de les utiliser contre leurs enfants, contre l’OMPI et les résidents d’Achraf, à travers des menaces, des intimidations ou des informations fausses et anxiogènes. Je dois admettre que je reçois parfois des lettres et des messages de la part des résidents d’Achraf qui me demandent si la tâche du CICR se limite à livrer des lettres aux familles ? Alors que cela peut facilement être fait par Internet. Beaucoup d’entre eux se plaignent que c’est le régime qui est derrière la plupart de ces lettres, ils sont prêts à le prouver devant un tribunal. Ils affirment que le régime, à l’insu du CICR, utilise cet organe international pour compléter ces renseignements sur l’OMPI. »

7- trois mois avant le premier massacre à Achraf, fournissant une liste des menaces qui pèsent sur la vie et la sécurité des résidents d’Achraf, Mme Radjavi, a souligné : « c’est de la responsabilité des organisations internationales, particulièrement le CICR, de prévenir une telle catastrophe humanitaire. Il convient que le CICR se prononce sur cette question, d’autant plus qu’il est le principal dépositaire du droit humanitaire international… Par conséquent, Achraf sera un test pour le CICR, ainsi que pour l’efficacité de son rôle et de sa position historique. »
Mme Radjavi a conclu : « veuillez définir la mission du CICR concernant Achraf, et si nous, les résidents d’Achraf et la communauté iranienne, nous nous trompons sur cette mission, alors nous vous prions de nous l’expliquer. »

(Voir annexe no.4)

8- Le 26 mai 2009, c’est-à-dire deux mois avant le premier massacre à Achraf, le représentant des résidents d’Achraf a écrit au CICR pour lui dire que les récentes positions et politiques du CICR sont choquantes, parce que « nous sommes » face a des déclarations « dont le résultat ne sera que d’ouvrir la voie à davantage de complots contre les résidents d’Achraf et à leur massacre à travers des poursuites et sous des couvertures judiciaires. »

Citant un article du Financial Times, en date du 20 juin 2007, le représentant d’Achraf a déclaré : « Ce que recherche Téhéran, est l’anéantissement de la force paramilitaire des Moudjahidine du peuple, qui devrait se réaliser par un processus d’examens et de passage au tamis que le CICR pourrait réaliser en organisant des rencontre entre les membres de l’OMPI et leurs familles. Ceux qui accepteront de rentrer en Iran bénéficierons d’une grâce du régime iranien ». Le représentant d’Achraf a ajouté: « Par ailleurs, nous sommes extrêmement étonnés de l’attitude du CICR et de ses relations avec le régime iranien et les membres du ministère des renseignements des mollahs. Alors que vous manifestez une extrême prudence dans la défense des droits des résidents d’Achraf, vous ne semblez cependant pas prêt à condamner les abus du régime iranien dans ses relations avec le CICR». En outre, « vous évoquez la responsabilité du CICR pour les « réunions familiales » dans ces circonstances, alors que vous savez très bien que les familles ne sont pas autorisées de rentrer dans Achraf pour visiter leurs enfants est proche, comme elles pouvaient le faire au cours des six dernières années. De plus, on a refusé aux résidents d’Achraf le droit d’avoir accès à leurs avocats et aux délégations humanitaires internationales. »

(Voir annexe no.5)

9- Le quotidien Tribune de Genève, le 6 août 2009, rapportait : « Les 28 et 29 juillet, les forces irakiennes ont lancé un raid qui a fait 11 morts, des douzaines de blessés, et 36 otages ». Alors qu’Eric Sottas, de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT)  exprimait son malaise de voir le CICR mis en cause, et que Jean Ziegler, de la part de « Genève internationale » condamnait la passivité criminelle du monde vis-à-vis de cette tragédie (…), Paolo Casaca, un parlementaire portugais qui a visité Achraf plusieurs fois, a fait part de sa colère : « je ne comprends pas comment le CICR n’a pas prononcé un mot sur Achraf et ne l’a pas visité après le massacre. »

(Voir annexe no.6)

10-Trois mois et demi après le premier massacre d’Achraf, le 15 novembre 2009, le conseiller juridique des résidents du camp d’Achraf a écrit au CICR : « c’est très suspect que la délégation du CICR à Téhéran a collecté 200 lettres adressées aux résidents d’Achraf. Ceci laisse clairement l’empreinte du ministère des renseignements iraniens. Vous pouvez cependant m’envoyer les lettres comme avant, je les transmettrai à leurs destinataires. »

Le conseiller juridique a rappelé : « le 19 octobre, le représentant du gouvernement irakien a donné un ultimatum aux résidents d’Achraf de le quitter pour le désert de Samava, près de la frontière saoudienne avant le 15 décembre 2009, faute de quoi les résidents seront déplacés de force et le gouvernement irakien n’hésitera pas à répéter les événements du 28 et 29 juillet. Il a justifié ce déplacement brutal en se référant à la lettre du CICR aux autorités irakiennes le 17 avril 2009. »

(Voir annexe no.7)

11- En avril 2010, l’«Association Nejat de la province de l’Azerbaïdjan occidental», une émanation des renseignements des mollahs dans les provinces du Nord-Ouest, rapportait un discours du représentant du CICR contre les résidents d’Achraf en s’adressant à une réunion des « familles » les membres de l’OMPI dans les bureaux de cette association.  Le représentant du CICR a affirmé que l’OMPI a interdit l’accès des représentants du CICR au camp d’Achraf. Ce mensonge flagrant a été vivement condamné par le CNRI et le Comité international des Juristes pour la Défense Achraf (ICJDA).

(Voir annexes no.8) et  (Voir annexes no.9)

12- Dans son communiqué, le ICJDA a réitéré : « Avec regret, ce n’est pas la première fois que les représentants du CICR prennent part à un événement organisé par le VEVAK (l’association NEJAT) dont l’objectif est d’en finir avec l’OMPI, particulièrement les résidents d’Achraf. Plus tôt, un conseiller de Khamenei avait affirmé que pour démanteler l’OMPI, ils comptent utiliser le CICR afin d’organiser des réunions entre l’OMPI et leurs familles (The Financial Times, le 20 juin 2007).

« Généralement La dernière visite d’une délégation du CICR à Achraf remonte au 25- 26- 27 février 2009. Depuis, le CICR ne s’est jamais rendu à Achraf. Par conséquent, personne n’aurait pu empêcher une délégation du CICR d’entrer à Achraf ou de parler aux résidents. Le CICR ne s’est même pas donné la peine d’aller voir les tués et blessés de la violente attaque du 28 et 29 juillet. C’est seulement le 7 octobre, lorsque les 36 résidents d’Achraf pris en otage par les forces irakiennes sont retournés au camp, que les représentants de CICR les ont accompagnés à leur retour. »

13- Le communiqué ajoute: « Attribuer de tels propos au ‘représentant du CICR’ parlant d’un soutien à la décision du gouvernement irakien pour fermer le camp d’Achraf et le déplacement de ses résidents, en soulignant que ‘dans ce cas (la fermeture d’Achraf) le CICR pourrait facilement se rendre sur place’, révèle clairement les intentions des mollahs dans la propagation de tels mensonges. Celui qui est informé de l’influence du régime iranien en Irak, sait très bien que le déplacement des résidents d’Achraf n’est que le prélude et le prétexte pour les massacrer. »

« Tous les lettres des résidents d’Achraf livrées par le CICR ont été immédiatement remises à leurs destinataires, même si chacun sait très bien que c’est le VEVAK et l’association NEJAT qui ont été derrière cette initiative. Tout au long de ces années, les familles des résidents d’Achraf pouvaient échanger des courriers et contacter leurs proches dans le camp et n’avaient pas besoin des services du CICR. Ceci est un fait établi, et vérifié également par le CICR. Dans ces circonstances, alors que les résidents d’Achraf sont soumis à un blocus général à la demande du régime iranien, et que durant les 15 derniers mois les familles, les avocats et les militants des droits de l’homme n’ont pas été autorisés à leur rendre visite à Achraf, et que des restrictions très strictes sont imposées pour l’entrée de carburant, de médicaments et de médecins spécialisés, nous espérons que le CICR, en démentant ces propos mensongères, n’autorisera pas le régime clérical de profiter de cette organisation pour réprimer davantage les résidents d’Achraf. »

14- L’attitude controversée du CICR en relation avec les résidents d’Achraf ne se limite pas à la question des familles, mais s’étend à d’autres domaines. Le représentant des résidents d’Achraf à l’extérieur de l’Irak s’est adressé au président du CICR le 1er juillet 2010 : « comme vous le savez, à travers les nombreuses lettres que je vous ai adressées, les résidents d’Achraf, leurs familles et leurs sympathisants à travers l’Iran et dans le monde, sont extrêmement déçues de l’attitude inattendue du CICR au cours des trois dernières années au regard du camp d’Achraf, et les nombreuses questions que le CICR a laissé sans réponses. Ils le tiennent responsable pour n’avoir pas su empêcher le transfert illégal de la protection des résidents d’Achraf aux forces irakiennes, la catastrophe humanitaire survenue en juillet dernier, et les 18 mois de blocus inhumain imposé aux résidents du camp. En tant qu’une personne profondément respectueuse du CICR et de ses nobles objectifs, je peux affirmer avec confiance que jamais au cours des trois dernières décennies, la politique du CICR n’a rendu autant service au fascisme religieux au pouvoir en Iran.

Les résidents d’Achraf, au cours des trois dernières années, ont été confronté à des problèmes considérables dans lesquelles le CICR, pourtant conscient de leur gravité, a joué un rôle négatif, ou du moins inefficace. Ces problèmes sont : le transfert de la protection des forces américaines aux forces irakiennes, le déplacement forcé des résidents d’Achraf, l’attaque du 28 et 29 juillet 2009 contre Achraf et ses conséquences, la présence continue des agents du VEVAK à l’entrée principale d’Achraf et la torture psychologique des résidents depuis février 2010, le blocus injuste d’Achraf depuis le début de 2009, et le départ des forces américaines qui est en cours de discussion.

Nous ne sommes pas en mesure de savoir exactement les raisons de la politique du CICR, or, nous sommes au courant de certains développements dont la coïncidence avec la politique du CICR vis-à-vis d’Achraf est troublante.
Premièrement, le régime iranien a initié depuis quelques années une vaste tentative de manipulation du CICR à l’encontre des résidents d’Achraf. La demande du régime au CICR pour aider à l’éviction de l’OMPI du camp d’Achraf a même été évoquée par la presse. Or il est troublant de voir que le CICR ne jugent même pas nécessaires de démentir ces informations.

Deuxièmement, alors que les exportations de la Suisse vers l’Iran en 2009 se plaçaient au cinquième rang en Europe (après l’Allemagne, la France, l’Angleterre et l’Italie), sa position a grimpé, en seulement trois ans, au deuxième rang après l’Allemagne, dépassant la France l’Angleterre et l’Italie. Ses exportations vers l’Iran ont atteint les 3.5 milliards de dollars en 2008. D’aucuns sait l’importance et l’influence que cela peut avoir sur un pays comme la Suisse, avec une population d’environ 12 % de celui de l’Italie, de la France ou de la Grande-Bretagne, et l’importance que cela a sur sa politique vis-à-vis de l’Iran. Je crois qu’un diplomate suisse expérimenté comme vous, êtes conscients de ce fait. Il est également de notoriété publique qu’un grand nombre de marchands et d’industriels suisses sont en Iran, et que les gouvernements suisse et américain sont les principaux bailleurs de fond du CICR.

Troisièmement, à une époque où le régime iranien rencontre un isolement international de plus en plus grand, l’évolution toujours croissante des relations politiques et diplomatiques entre le régime iranien et la Suisse est une exception dans la diplomatie iranienne par rapport aux pays occidentaux. Le souvenir de l’assassinat du professeur Kazem Radjavi en Suisse, et la fermeture éhontée de son dossier dans ce pays, sans qu’aucune condamnation des plus hautes autorités du régime qui avaient ordonné cet assassinat ne soit apportée, est toujours une source d’amertume pour le peuple iranien. Un tribunal berlinois a cependant condamné, dans les années qui ont suivi, les hauts responsables du régime pour leur rôle dans l’attentat du restaurant Mykonos à Berlin.

Quatrièmement, nous savons que la dictature iranienne et son ambassade à Bagdad ont régulièrement encouragé le gouvernement de Nouri Al-Maliki à utiliser le CICR comme un levier à l’encontre des résidents d’Achraf…

Cinquièmement, les relations du CICR avec le régime iranien et ses organisations gouvernementales (déguisées en O.N.G.) ont vu une expansion formidable au cours des trois à quatre dernières années, alors que durant cette même période les organisations de défense des droits de l’homme et les rapporteurs des Nations-Unies ont été interdites d’aller en Iran, soulevant de vives critiques. Vous savez très certainement que le CICR n’a jamais jouit d’autant de facilités en Iran, ni durant le mandat de Khamenei dans les années 1980, ni avec Hashemi Rafsanjani dans les années 1990, ni avec Mohammad Khatami. Nous aurions souhaité que le CICR puisse expliquer les raisons de l’ouverture du régime iranien envers le CICR durant la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, un ancien tortionnaire notoire de la prison d’Evine, qui d’après des témoins oculaires, a été chargé des coups de grâce sur les prisonniers politiques. »

(Voir annexe no.10)

15- le silence et l’inaction du CICR au lendemain de la tuerie du 8 avril 2011 à Achraf et une autre cause de stupéfaction. Les délégations du CICR qui manifestent tant d’attention au sujet de lettres et des réunions familiales, ne se sont même pas données la peine de s’arrêter à Achraf pour voir les corps des 36 personnes tuées ou les blessés, dont les 22 personnes écrasées par les blindés irakiennes, pour informer leurs familles sur leurs conditions. Elles ne se sont pas non plus données la peine de donner un suivi concernant le corps de M. Amir Mostofian (membre de l’OMPI) décédé au jour du nouvel an iranien en raison des énormes pressions exercées pour le déplacement hâtive des résidents. Le CICR pourrait au moins informer le frère de M. Mostofian en Allemagne, un mois après son décès, concernant le lieu où se trouve son corps et pourquoi il n’a toujours pas été remis à sa famille et ses amis.

16 – Comme indiqué dans son communiqué du 25 avril 2012, « La Résistance iranienne condamne toute discussion et implication de la dictature iranienne dans le dossier d’Achraf et de l’OMPI. Une décision jugée illicite, illégitime et immoral, ainsi qu’une violation flagrante du Droit et des Conventions internationales, notamment la 4ième convention de Genève et du Droit relatif aux réfugiés. S’agissant d’une ligne rouge à ne pas franchir, cette décision équivaut à jouer avec la vie de milliers de personnes sans défense et leurs familles en Iran. »

17- la résistance iranienne met en garde le CICR devant le danger de devenir un instrument au service des mollahs, manipulé pour servir l’appareil de répression de l’opposition. La Résistance lance un appelle à Mr. Klenberger, président du CICR, à prémunir les bureaux et les cadres CICR des influences et des intrigues de la dictature iranienne contre son opposition, particulièrement l’OMPI à Achraf et à Liberty. Ceci est particulièrement important, sachant que le CICR est conscient plus que quiconque, selon ses propres publications et rapports, qu’il n’y a aucun obstacle pour celui qui voudrait retourner en Iran. Par conséquent, faire intervenir la dictature des mollahs dans ce dossier, n’a d’autre justification que d’apaiser le régime et gagner les faveurs d’un pouvoir qui détient le record du nombre des exécutions et considéré le banquier central du terrorisme dans le monde.

18- Au lieu d’utiliser des méthodes opaques et immorales pour persuader les familles des membres exécutés de la Résistance iranienne, comme Abdolreza Rajabi, il est attendu du CICR de déployer ses efforts pour les envoyer immédiatement auprès de leurs proches en Norvège, à la charge de la Résistance iranienne.

19- dans une lettre officielle aux représentants des résidents d’Achraf, le 20 mars 2007, le CICR a déclaré que les résidents du camp d’Achraf ne doivent pas « être déplacés à l’intérieur de l’Irak, en violation des réglements du Droit humanitaire international. » La lettre ajoutait : « le CICR continuera à suivre la situation et maintiendra ses contacts avec les autorités concernées pour leur rappeler que les principes du Droit international devront être respectés pour les résidents du camp d’Achraf. »

(Voir annexe no.11)

Quel est à présent la position du CICR au regard de l’éviction des résidents d’Achraf et le fait qu’ils ont été placés devant le choix de mourir à Achraf ou d’aller dans une prison appelée Liberty, déplacés de force, vers un lieu où les standards humanitaires internationales minimales sont inexistantes ?

20- Le 2 juillet 2004, dans une déclaration sur la signature d’un « Accord avec les membres de l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI) en Irak, le Commandant de la force Multi-National en Irak a déclaré : « Les États-Unis ont confirmé votre statut comme ‘ personnes protégées’ par la 4ème convention de Genève, et ont communiqué cette détermination au Comité international de la Croix-Rouge à Genève. La reconnaissance de cette détermination contribuera à accélérer les efforts du CICR et du HCR pour votre disposition en tant qu’individu, en conformité avec l’application du droit international. »

(Voir annexe no.12)

A présent, la communauté iranienne et les familles, qui manifestent devant le siège du CICR à Genève, interrogent le CICR à propos de son silence sur les droits et le statut de leurs êtres chers ? Et pourquoi le silence à propos de la définition du statut légal du camp qui a été décrit comme un « lieu de transition temporaire » ? Est-ce une prison, un centre de détention ou un camp de réfugiés aux normes humanitaires internationales ?

La question du statut et des droits des résidents des camps d’Achraf et de Liberty reste une interrogation à laquelle le CICR doit répondre. Ceci est la même question qui est resté sans réponse depuis le transfert illégal et forcé de la protection du camp d’Achraf des forces américaines aux forces irakiennes, au mépris de tous les accords et le statut déclaré en 2004.

Il semble que la mission de livraison de lettres en bloc chères aux mollahs pour Achraf et Liberty ne laisse pas de temps au protecteur mondial du droit humanitaire international de répondre à ces questions fondamentales

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 1er mai 2012