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Mettez fin au cauchemar au Camp d’Achraf

Mattas - Kilgour Par David Kilgour, Président du groupe de travail politique sur l'Amérique latine et les Caraïbes politique, au Conseil international du Canada

themarknews.com, 19 août 2009 – Le 28 juillet, les forces de sécurité irakiennes ont attaqué les réfugiés non armés du Camp d’Achraf. A coups de fusils, de haches, de gourdins et de blindés américains Humvee, ils ont tué neuf personnes et en ont blessées 500. Trente-six réfugiés ont été pris en otage. Les soldats américains étaient présents, mais se sont contentés de filmer ce qui se passait. Les Irakiens sont encore à Achraf et rien ne les empêcher de commettre d'autres crimes.

Le camp, situé à 100 km au nord-est de Bagdad, abrite 3.400 membres de la principale opposition iranienne, l'organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), dont environ 1100 femmes. Les résidents ont remis leurs armes aux forces américaines en 2003 après la signature d'un accord qui stipule en partie que les Américains acceptaient la responsabilité de les protéger jusqu'à ce que leur statut final soit déterminé.

En février 2009, la protection d’Achraf a été transférée aux forces irakiennes, en dépit de l'avertissement de parlementaires, juristes et organisations des droits de l'homme qui s'opposaient fermement au transfert. Les résidents d’Achraf ont plaidé auprès des forces américaines en août 2008, qu'elles n'auraient aucune sécurité si leur protection était transférée à l'Irak. Ces avertissements n'ont pas été entendus.

Les journalistes se voient désormais empêcher d’entrer à Achraf. Les avocats qui veulent voir leurs clients n’obtiennent pas de visa pour l’Irak. Deux semaines après l’attaque, les responsables irakiens n’ont pas permis que les habitants enterrent les tués. C'est inhumain en raison du climat extrêmement chaud.

Amnesty International a exprimé ses préoccupations dans un communiqué le 11 août, qui met en lumière les meurtres et dit que les 36 résidents iraniens d'Achraf qui sont détenus par les forces irakiennes risquent d'être renvoyés de force en Iran, où ils pourraient être confrontés à la torture ou à l'exécution. On aurait dit aux détenus de signer des documents écrits en arabe, mais ils auraient refusé. Ils ont demandé l'accès à un avocat, à ce jour sans succès.

Les soldats américains présents ont filmé les événements, mais n'ont rien fait d'autre. Ils n'ont pas d'objection pendant l'attaque ni après, ni fait de déclaration publique sur ce qu'il avait vu. Leurs films n'ont pas été diffusés.

Lors d'une conférence de presse le 11 août au Club de la Presse à Paris, David Matas, un des avocats les plus connus et de mon collègue au Comité international de juristes pour la défense d’Achraf, a dit que « Les Etats-Unis, ailleurs dans le monde, condamne les violations des droits de l'homme. Ils devraient en faire autant en Irak lorsque les violations se commettent devant leurs propres forces armées. »
Matas a ajouté que « j’attends et espère que les États-Unis prendront note et condamneront les graves violations des droits de l'homme des résidents du camp Achraf. Mais maintenant, ce n'est pas le cas. Nous devons en trouver d'autres dans la communauté internationale capables et désireux de faire ce que les États-Unis ne font pas. 

« Parce que la police irakienne a attaqué les résidents du camp d’Achraf en toute impunité, une présence internationale est nécessaire pour mettre un frein à sa cruauté. Une présence internationale qui peut rendre compte publiquement et objectivement de ce qui se passe dans le camp, servira, je crois, à freiner le comportement de la police irakienne. » 

L'attaque contre les résidents d'Achraf, qui sont tous des «personnes protégées» en vertu de la quatrième Convention de Genève, s’est faite à la demande du guide suprême de l'Iran.

Matas a exprimé ce que tout Irakien sain d’esprit, Canadien ou résident d'un pays qui respecte l’état de droit pense du cauchemar qui continue à Achraf.

Un certain nombre de mesures devraient être prises. Il faudrait d'abord le retrait immédiat des forces irakiennes d’Achraf et la reprise de la protection des résidents par les États-Unis. Les avocats, les organisations internationales des droits de l'homme et les journalistes doivent avoir accès au camp et un représentant du Conseil de sécurité des Nations unies ou du secrétaire général devrait s’y trouver.

Ceux qui ont ordonné ou perpétré l'attaque brutale doit être poursuivis devant un tribunal international pour être jugés pour crimes contre l'humanité. Il est temps aujourd’hui d’apporter l'état de droit, la démocratie représentative et la dignité humaine à tous les Iraniens.

http://www.themarknews.com/articles/444-end-the-camp-ashraf-nightmare

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