dimanche, novembre 27, 2022
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Mesures répressives en hausse en Iran après l’accord sur le programme nucléaire : rien de surprenant

Mesures répressives en hausse en Iran après l'accord sur le programme nucléaire : rien de surprenant

par Shahriar Kia

The Hill (Etats-Unis)
Bien qu’un choeur d’avocats dits des droits humains iraniens, dont beaucoup couverts par le régime de Téhéran, a commencé à vouloir peser dans les suites du traité nucléaire conclu entre le groupe des P5+1 et l’Iran, l’opposition avait par avance averti qu’une augmentation de la répression s’ensuivrait.

Les mollahs iraniens considèrent l’accord sur le programme nucléaire, et en fait n’importe quel accord ou traité signé avec n’importe quelle partie ou parties de la communauté internationale, comme un feu vert pour accroître ses violations des droits humains et son ingérence meurtrière dans le monde entier. C’est pourquoi les arrestations récentes de journalistes et autres mesures de ce type ne constituent pas une surprise.

Le régime des mollahs vise les journalistes et les critiques, et aussi longtemps que les Etats-Unis et autres Etats se refuseront à apporter leur soutien à toute initiative internationale sérieuse visant à soulever la question des violations des droits humains en Iran, le régime se sentira libre de continuer ses atrocités. Dans de telles conditions, la société civile iranienne ne peut littéralement pas espérer trouver dans le pays un espace ouvert où s’exprimer.

Au vu des efforts continus du régime pour cimenter le climat de peur national, un rapporteur des droits en Iran a qualifié l’atmosphère du pays de ‘désastreuse’.

Le Dr Ahmed Shahid, rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains en Iran, a, dans son dernier rapport, souligné que le régime iranien réduisait au silence les journalistes, les réformateurs politiques et les artistes, qu’il persécutait et marginalisait les femmes et les minorités, et usait de mesures sévères contre littéralement tout individu critiquant ouvertement la loi cléricale des mollahs. On peut souligner que l’Iran n’a jamais autorisé Shahid à pénétrer sur le territoire iranien car le régime savait que les implications seraient vraiment désastreuses pour le pays.

En octobre dernier, le régime a envoyé un message clair au monde en arrêtant Siamak Namazi, un homme d’affaires irano-américain qui cherchait à promouvoir les relations entre l’Iran et les Etats-Unis. Des informations reçues font craindre qu’il ne soit inculpé d’espionnage ou de fomentation de renversement du régime.

Téhéran détient toujours Jason Rezaian, correspondant à Téhéran du Washington Post, arrêté en août 2014. Même les caricaturistes ne trouvent pas grâce, tel Hadi Heidari, une personnalité bien connue en Iran, qui a été arrêté simplement pour avoir dessiné la Tour Eiffel en larmes après les attaques terroristes de Paris (le mois dernier) qui ont fait 130 victimes et des centaines de blessés. La liste peut continuer à être ainsi égrenée avec d’autres reporters, poètes ou défenseurs des droits des enfants ou du travail qui vivent des temps difficiles derrière les barreaux sans accès possible à des conseillers juridiques.

Enfin, et non des moins consternants, l’Iran, déjà leader mondial du nombre d’exécutions par tête d’habitant, accroît le nombre de personnes condamnées à la peine de mort et envoyées dans des cachots. Plus de 700 prisonniers y ont été placés en 2015 et le régime est en passe d’atteindre les 1.000 exécutions pour cette seule année, battant ainsi son propre record. Ces atrocités ont cours sous la mandature du dit ‘modéré’ Hassan Rouhani puisque le régime a exécuté 2.000 prisonniers depuis qu’il tient la barre, c’est-à-dire depuis août 2013.

Alors que le pacte sur le programme nucléaire avait fait surgir l’espoir chez quelques analystes inexpérimentés, les évènements récents survenus en Iran démontrent bien que le régime dans sa totalité n’a aucunement l’intention de relâcher sa pression sur la population. Avec le soutien des branches judiciaires et du renseignement et assurés du renfort des gardiens de la Révolution, les hauts responsables du régime de quelque parti qu’ils soient savent fort bien les menaces qui naîtraient de la moindre des libertés accordée à la population.

Bien que le régime a désespérément besoin d’investissements étrangers, et les arrestations de journalises occidentaux n’y contribuent certainement pas, les mollahs iraniens estiment que tenir d’une poigne forte la population exaspérée reste le facteur primordial car le régime se souvient des soulèvements de masse de 2009.

Faire une campagne pour condamner dans les termes les plus fermes les violations des droits humains en Iran serait très efficace car le régime réaliserait ainsi le coût d’une répression aussi brutale. Le Congrès des Etats-Unis doit également insister auprès de l’administration américaine et des entreprises internationales pour que tout contrat futur signé avec l’Iran inclut la condition d’améliorations majeures dans son dossier des droits humains, dont l’arrêt immédiat des exécutions.

Les Etats-Unis doivent se mettre à la tête de ce combat en faisant pression sur le régime de Téhéran quant à son respect des droits humains, ce qui enverrait un message clair aux mollahs. Si les Etats-Unis et la communauté internationale veulent réellement étayer les efforts des citoyens et des organisations de la société civile dans leurs objectifs de réformes politiques et d’engagement de relations de l’Iran avec le reste du monde, ils doivent enfin comprendre qu’il n’y a pas d’espoir à attendre du côté du régime lui-même.

Pour atteindre ce but, le seul moyen possible est de soutenir la population iranienne et son opposition organisée qu’est le Conseil national de la Résistance iranienne sous la conduite de Maryam Radjavi, une femme charismatique, musulmane et anti-fondamentaliste, et dont le siège est à Paris.

Sinon, personne ne devra être surpris de voir d’autres mesures répressives sévères prises contre les droits humains, des ingérences accrues en Syrie, en Irak et dans tout le Moyen-Orient, et le régime renier l’accord sur le dossier nucléaire.

Kia est porte-parole des résidents du camp Liberty et des membres du groupe d’opposition de l’Organisation des Moudjahedine du Peuple iranien (OMPI, connue aussi sous le sigle MEK). Il est diplômé de la North Texas University. Son adresse twitter est @shahriarkia.

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