mercredi, décembre 7, 2022
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Marzieh, une vie de la diva iranienne

 CNRI – « A une époque où les jeunes filles étaient rarement envoyées à l’école, raconte-t-elle, mon père qui était pourtant un religieux, m’encourageait dans les études », raconte Achraf Al-Sadat Mortezaï, connue par le public iranien sous le nom de Marzieh.

Diva de la chanson iranienne, elle est née en 1926 à Téhéran. Ses parents étaient amis du monde de l’art et sa famille comptait de nombreux artistes dans le domaine de la sculpture, de la peinture, des miniatures persanes et de la musique. « Quand j’ai commencé à chanter,poursuit-elle,  ce qui était exceptionnel pour les femmes, une chanteuse devait avoir intégré les connaissances générales du programme scolaire ainsi que de la musique classique. Il lui fallait aussi avoir une belle voix. Il lui fallait obtenir l’approbation d’un grand nombre de professeurs de musique et elle devait maitriser la théorie de la musique. J’ai passé de longues années à étudier la musique iranienne sous l’égide de grands professeurs de musique iraniens avant de me lancer dans le chant.»

 CNRI – « A une époque où les jeunes filles étaient rarement envoyées à l’école, raconte-t-elle, mon père qui était pourtant un religieux, m’encourageait dans les études », raconte Achraf Al-Sadat Mortezaï, connue par le public iranien sous le nom de Marzieh.

Diva de la chanson iranienne, elle est née en 1926 à Téhéran. Ses parents étaient amis du monde de l’art et sa famille comptait de nombreux artistes dans le domaine de la sculpture, de la peinture, des miniatures persanes et de la musique. « Quand j’ai commencé à chanter,poursuit-elle,  ce qui était exceptionnel pour les femmes, une chanteuse devait avoir intégré les connaissances générales du programme scolaire ainsi que de la musique classique. Il lui fallait aussi avoir une belle voix. Il lui fallait obtenir l’approbation d’un grand nombre de professeurs de musique et elle devait maitriser la théorie de la musique. J’ai passé de longues années à étudier la musique iranienne sous l’égide de grands professeurs de musique iraniens avant de me lancer dans le chant.»

C’est en 1942 que Marzieh entre dans le monde de la chanson artistique. Elle se produit pour la première fois dans une pièce relatant la célèbre légende de Chirine et Farhad dans laquelle elle tient le rôle de Chirine. La pièce a tenu 37 soirées de suite. Elle y remporte un franc succès.

Elle a rapidement capté l’attention des professeurs de musique en se produisant dans une émission radiophonique, Golha-ye Rangarang (les fleurs multicolores) aussi populaire qu’exigeante. Marzieh compte à son palmarès un millier de chansons qui ont profondément marqué la musique iranienne.

 Alors au firmament de son art, elle décide de garder le silence à l’arrivée des mollahs au pouvoir en 1979. Elle se retire, seule, dans un village, loin de Téhéran, où elle « chante pour les nuages, les oiseaux et les ruisseaux », comme le racontera. Elle refuse de donner la moindre légitimité à ce régime hostile au peuple et à l’art. Malgré un attachement viscéral à la terre d’Iran, elle choisit l’exil en 1994.

Marzieh devient membre du Conseil national de la Résistance iranienne la même année. « C’est un honneur pour moi de me tenir aux côtés de la résistance iranienne, dira-t-elle. Je suis venue mettre ma voix au service de la résistance, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire entendre la voix des femmes de ma patrie. C’est un grand honneur pour moi d’avoir été acceptée au sein de la résistance. » Marzieh deviendra la conseillère des affaires artistiques auprès de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.

Sa sortie d’Iran et son adhésion au CNRI aura un vaste retentissement tant dans le pays qu’à l’étranger. Dans une conspiration pour la ramener en Iran, le régime des mollahs arrête sa fille Hengameh Amini et la prend en otage. « Les mollahs ont arrêté une femme innocente pour exercer une pression insupportable sur une mère de 70 ans qui a rejoint le mouvement de la résistance contre les mollahs pour la démocratie et les droits de l’homme. Je dis à ce régime criminel que cette prise d’otage renforce ma détermination à défendre les droits de mon peuple opprimé ». Elle s’adresse alors aux instances de défense des droits humains pour sauver sa fille.  Mme Amini, architecte de 42 ans à l’époque, qui avait fait ses études en France et qui vivait en Iran, est alors libérée sous la pression internationale.

« J’ai toujours chanté pour tous, mais les mollahs ont étouffé la voix de l’amour et des sentiments humains. Ils ont jeté en prison la brise, le clair de lune, le printemps et le sourire de ma terre natale, l’Iran. La terre d’une des plus grandes civilisations et cultures de l’histoire, un berceau de la poésie, de la littérature, de la musique et de l’humanisme qui plie aujourd’hui sous les coups de fouet d’un pouvoir hostile à la civilisation, à la culture, aux femmes et aux êtres humains.

A plus de 70 ans, elle retrouve la scène et  fait honneur aux médecins qui lui avaient prédit que ses cordes vocales conserveraient toute leur puissance jusqu’à l’âge de 100 ans. De fait, elle se lance dans une tournée aussi radieuse qu’audacieuse en Europe et aux Etats-Unis à la fin des années 1990. Elle allie cette fois son art à une opposition farouche aux mollahs intégristes, plaidant sans relâche la cause de la Résistance iranienne. Cela l’amène à tisser des liens d’amitié avec le grand compositeur Yehudi Menuhin qui l’invite à Bruxelles pour un concert international dédié à la paix dans le monde.  Elle se produit alors aux côtés de cinq grandes de ce monde dont de la célèbre Sud-africaine Myriam Makeba.

Avec Maryam Radjavi et Yehudi Menuhim

 Elle donne son premier grand concert à la Cité d’Achraf en Irak, bastion de l’opposition démocratique à la dictature religieuse. Des liens profonds qui l’unissent aux  Moudjahidine du peuple dureront sans faiblir jusqu’à son dernier souffle. Elle part ensuite se produire à Londres sur les célèbres scènes d’Earls Court, Albert Hall et Wimbledon. Elle enchaîne avec les Etats-Unis à Los Angelès et même au Congrès, et l’Europe avec l’Allemagne, la Suède, la Norvège et d’autres encore.

Défiant la misogynie sur laquelle est fondé  le régime des mollahs, elle enregistre un formidable appel à la prière qui va faire trembler la théocratie. Elle est la première femme à oser chanter l’Azan.

Elle donne encore un spectacle grandiose sur le site historique de Babel en Irak. Elle apparaît une dernière à l’Olympia en 2006 à Paris où sa voix puissante est longuement ovationnée par une salle conquise et debout.

Parallèlement à carrière, elle mène de nombreuses activités politiques. On la retrouve au Capitole à Washington, à Westminster à Londres, au Stortinget d’Oslo où elle multiplie les rencontres avec les parlementaires. Elle est également une oratrice hors pair devant la diaspora qui se presse en marge de ses concerts pour l’entendre plaider la cause de la résistance iranienne.

Avec Maryam RadjaviElle s’installe à la fin de sa vie à Auvers-sur-Oise, dans le Val d’Oise, ville d’art par excellence et siège du Conseil national de la Résistance iranienne. Atteinte d’un cancer, elle va se battre avec le courage qui l’a toujours caractérisé et s’éteint le 13 octobre à midi à l’hôpital américain de Paris. Elle reposera au cimetière d’Auvers près de sa fille et non loin de la dernière demeure d’un autre artiste, Van Gogh.

 

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