Afrique Asie, novembre 210 – Un hommage solennel a accompagné à sa dernière demeure la diva iranienne Achraf Al-Sadat Mortezaï, dite Marzieh, décédée le 13 octobre à l’âge de 86 ans à Paris. Par milliers, des Iraniens sont venus à Auvers-sur-Oise rendre une ultime ovation à cette chanteuse incomparable que l’on avait surnommée l’Oum Kalthoum persane.
Témoignant de l’amour de millions d’Iraniens pour la « diva des cœurs », la foule a répandu sur sa sépulture un parterre de fleurs. Rarement hommage aussi bouleversant a été rendu à une artiste disparue, car Marzieh était aussi la voix de la Résistance. Légende de son vivant, cette femme née en 1924 à Téhéran dans une famille éclairée, s’élèvera au rang de diva avant d’être réduite au silence à l’arrivée des mollahs en 1979. Elle finira par choisir l’exil où elle rejoint les Moudjahidine du peuple d’Iran et la Résistance.
Visage affligé, la présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne(CNRI), Maryam Radjavi, dont elle était la conseillère dans le domaine de l’art, a versé de l’eau de rose de Perse sur son cercueil et de la terre d’Iran dans sa tombe, avant de prononcer une oraison funèbre au siège du CNRI. Elle a saluée « son courage et sa bravoure » puisqu’après « cinquante ans de brillante carrière, à l’âge de 70 ans, elle brise un tabou par un choix politique et rejoint le CNRI » et que « malgré les pressions du pouvoir », l’arrestation de sa fille en guise d’otage, « elle persiste jusqu’au bout dans ses convictions ».
« Ceux qui veulent rendre hommage à Marzieh, doivent aussi respecter son libre choix politique, à moins qu’à l’instar du régime des mollahs, ils ne lui reconnaissent pas le droit d’avoir une opinion politique », a souligné gravement Mme Radjavi.

