vendredi, février 3, 2023
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Maliki dilapide l’argent de l’Irak en Iran et en Syrie

Par Abdul Rahman Al-Rashed *

Asharq Al Awsat, 2 juin – Quand, il y a quelques mois, j’ai déclaré que l’engagement du gouvernement irakien en Syrie servait le régime iranien, je l’ai fait sans preuves suffisantes.

J’ai tenus ces propos sur la base de récits et d’activités irako-iraniennes en Égypte, au Liban, à Gaza et en Syrie. Aujourd’hui, la situation est beaucoup plus claire et il existe beaucoup de preuves. Le gouvernement de Nouri Al-Maliki joue en effet un rôle majeur dans le soutien aux plans iraniens, y compris le financement complet et l’implication militaire dans l’oppression du peuple syrien.

Maliki, qui est censé être le Premier ministre d’un gouvernement de coalition —puisque son parti islamique Da’wa n’a pas remporté suffisamment de sièges pour former à lui seul un gouvernement — s’est progressivement transformé en un dictateur avec une autorité complète. Comme le président de la Corée du Nord, Maliki est à la fois premier ministre et ministre de la Défense. Il est désormais aussi ministre des Finances, après avoir accusé Rafi Al-Issawi d’être un terroriste.

Dès le début, il a détenu le pouvoir de l’appareil de sécurité et de renseignement de l’Irak. Ce qui est plus étrange, c’est qu’il est aussi à la tête de la banque centrale. Son appétit de puissance est inégalé dans le cadre d’une démocratie électorale, dans laquelle il connait déjà un échec, en ayant reçu moins de voix que son rival, le Dr Iyad Allaoui. Aujourd’hui, il agit comme un dictateur, et, pire que cela, il est au service du régime iranien.

L’Iran est économiquement en état de siège en raison de son programme nucléaire ; il ne peut vendre qu’une petite partie de son pétrole, et ne peut pas négocier avec de nombreux pays. Il ne peut même pas transférer de dollars en raison des sanctions américaines. Maliki offre maintenant ses services gratuitement, dépensant des milliards de dollars de l’argent irakien dans des projets politiques iraniens. Les factures iraniennes sont envoyés à Maliki pour financer le Hezbollah et le Hamas, et il a également offert 3 milliards de dollars au président égyptien Mohammad Morsi sans intérêt, tandis que le Qatar, dont le soutien à Morsi est considéré avec suspicion, a offert une somme similaire, mais avec un taux d’intérêt élevé.

Maliki a conclu un accord généreux avec Moscou pour acheter des armes et finance le régime d’Assad pour ce dont il a besoin, lui fournissant des fonds et des munitions. Maliki parraine également les dépenses externes de la Syrie, et a fourni du carburant au pays ces deux dernières années. C’est pourquoi les véhicules militaires du régime sont toujours fonctionnels, même si les raffineries syriennes ont cessé de fonctionner.

Maliki a réussi à lever le blocus économique sur l’Iran, lui permettant de poursuivre ses aventures militaires internationales. Il a également réussi à dilapider l’argent du peuple irakien, qui est toujours l’une des populations les plus pauvres du monde arabe, tandis que la richesse personnelle de Maliki est telle que le pays n’en a jamais connue au siècle dernier. Quand les Américains se sont retirés d’Irak, ils lui ont remis 70 milliards de dollars des fonds restants. De plus, il vend même davantage de pétrole que le Koweït.

Le problème n’est pas seulement la privation et la pauvreté. Cela a aussi à voir avec la situation générale de l’instabilité dont il est responsable. Le peuple irakien a déjà souffert huit années de guerre contre l’Iran sous Saddam Hussein, un conflit de douze ans contre le Koweït, puis, après la destitution de Saddam Hussein, sept ans de lutte contre le terrorisme. C’est comme si les années de carnage et de chaos n’avaient rien enseigné à Maliki. Il n’a accordé aux Irakiens aucune sécurité, aucune paix ni aucun développement. Au contraire, il a déclenché un conflit personnel avec les dirigeants sunnites qui avaient été précédemment ralliés à lui, comme Saleh Al-Mutlaq, Tareq Al-Hashimi et Rafie Al-Issawi. Sans mentionner d’autres chiites comme Moqtada Al-Sadr et ses alliés kurdes qui l’ont aidé à devenir président.

Maintenant, Maliki a lancé une nouvelle bataille pour soutenir le régime syrien qui s’effondre. La semaine dernière, le monde a été surpris de voir Maliki déployer 20.000 soldats dans la région frontalière avec la Syrie sous prétexte de « lutter contre A-Qaïda ».  Bien sûr, il n’y a pas d’Al-Qaïda, il s’agit plutôt d’un mot de code pour désigner les rebelles syriens. Nous nous attendons maintenant à voir la «libération» des villages tombés aux mains du régime Assad, pour tenter de rouvrir les passages frontaliers actuellement détenus par les rebelles syriens, en déclenchant potentiellement une nouvelle guerre !

Avec la collaboration du Hezbollah, Maliki se bat maintenant aux côtés des forces d’Assad, en suivant les ordres iraniens. L’Iran a déjà déclaré qu’il ne permettra pas la chute du régime de Damas, quel qu’en soit le coût, que ce soit en vies libanaises et irakiennes, ou l’argent du peuple irakien.

* Abdul Rahman Al-Rashed est le directeur général de la télévision Al-Arabiya.

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