Lemonde.fr – L’opération contre les locaux iraniens à Erbil, à 350 kilomètres au nord de Bagdad, est le signe d’un infléchissement de la stratégie américaine sur l’Irak. Le président américain, George W. Bush, s’est engagé à lutter contre tout soutien venu, selon lui, d’Iran et de Syrie aux insurgés irakiens. Washington accuse régulièrement les Iraniens d’encourager la violence interconfessionnelle en Irak en soutenant les milices chiites, ce qu’a toujours démenti la République islamique.
Selon les forces américaines, les locaux perquisitionnés serviraient de quartier général aux activités de gardiens de la révolution en Irak. "Des opérations sont en cours à travers des personnes suspectées d’être étroitement liées à des activités dirigées contre les forces irakiennes et celles de la coalition", a indiqué le quartier général de la force multinationale.
"UN MESSAGE AUX IRANIENS"
En décembre 2006, le New York Times avait révélé l’arrestation par l’armée américaine de plusieurs ressortissants iraniens, dont des responsables militaires. Deux diplomates de l’ambassade d’Iran à Bagdad figuraient parmi les personnes interpellées, avant d’être libérés. Cet épisode avait soulevé la colère des autorités irakiennes.
Jeudi, au Congrès, la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, est revenue sur ces événements : "Nous avons reçu des informations pendant la période des fêtes de Noël sur certains Iraniens engagés dans des activités", contraires aux intérêts américains." "Nous les avons arrêtés. Nous en avons parlé au gouvernement irakien. Ils ont été expulsés du pays", a-t-elle ajouté. "C’était un message aux Iraniens que ce genre d’activités ne serait pas toléré", a-t-elle expliqué.

