Le Monde – Mardi 12 décembre a été une bonne journée pour Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne, vitrine politique du mouvement des Moudjahidins du peuple : elle a été reçue officiellement au Parlement européen par le groupe politique qui y est le plus important, celui du Parti populaire européen-démocrates européens (PPE-DE, conservateurs et centre-droit), afin d’y présenter son action politique. Au Parlement, de plus en plus d’eurodéputés estiment, à l’instar du socialiste portugais Paulo Casaca, qu’elle représente "la seule organisation d’opposition au régime des mollahs".
Le Monde – Mardi 12 décembre a été une bonne journée pour Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne, vitrine politique du mouvement des Moudjahidins du peuple : elle a été reçue officiellement au Parlement européen par le groupe politique qui y est le plus important, celui du Parti populaire européen-démocrates européens (PPE-DE, conservateurs et centre-droit), afin d’y présenter son action politique. Au Parlement, de plus en plus d’eurodéputés estiment, à l’instar du socialiste portugais Paulo Casaca, qu’elle représente "la seule organisation d’opposition au régime des mollahs".
Le PPE-DE avait invité Maryam Radjavi en juillet, mais le gouvernement iranien avait alors menacé de rompre les négociations sur le dossier nucléaire et la visite avait été repoussée. Lorsque Mme Radjavi s’est présentée devant le groupe, mardi, les eurodéputés de l’UMP sont sortis pour marquer leur mécontentement : "Les Moudjahidins du peuple assassinent à tour de bras. Nous ne fréquentons pas ces gens-là", a expliqué Alain Lamassoure, porte-parole de l’UMP.
Mme Radjavi a assuré, au cours d’une conférence de presse, que c’est à tort que les Moudjahidins du peuple ont été placés sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, et que leurs avoirs ont été gelés, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, puisqu’ils auraient renoncé à toute activité militaire depuis juin 2001.
Mme Radjavi s’est félicitée de ce que la Cour de justice des Communautés européennes ait annulé, mardi, une décision relative au gel de ces avoirs, prise en 2005 par le Conseil de l’Union européenne. Le tribunal de première instance de l’institution luxembourgeoise a jugé que la décision n’était pas motivée, que les droits de la défense n’avaient pas été respectés et qu’il n’avait pu lui-même en contrôler la légalité, faute de savoir avec certitude sur quelle décision nationale elle se fondait. Selon l’Ecossais Struan Stevenson (PPE-DE), qui participait à la conférence de presse de Mme Radjavi, "c’est le Royaume-Uni qui a réclamé le gel de ces avoirs, parce que les mollahs l’ont demandé à Jack Straw".
NOUVELLE DÉCISION
A Bruxelles, le chef du service juridique du Conseil, Jean-Claude Piris, a indiqué que l’Union européenne allait, à l’avenir, améliorer ses procédures afin de les rendre plus transparentes et plus respectueuses des droits de la défense.
Une nouvelle décision devrait être prise prochainement, selon ces nouvelles procédures, sur le gel des avoirs. En attendant, celui-ci est maintenu, la décision annulée ayant été, entre-temps, remplacée par une autre… qui n’a pas encore été attaquée.
Mme Radjavi a assuré que l’arrêt du tribunal allait permettre de rayer les Moudjahidins du peuple de la liste des organisations terroristes. "Cet arrêt confirme l’argument de la résistance iranienne, selon lequel l’étiquette de "terroriste" est, depuis le début, une question purement politique destinée à apaiser les mollahs", a-t-elle déclaré.
Questionnée sur la raison pour laquelle elle porte un foulard, alors que sa compatriote Shirin Ebadi, lauréate du prix Nobel de la paix, a refusé de porter le hidjab, obligatoire en Iran, pour recevoir son prix en Norvège, Mme Radjavi a répondu : "Personne ne me l’a imposé ; c’est le choix libre de chaque femme de porter ce qu’elle veut."
Thomas Ferenczi et Rafaële Rivais

