mercredi, novembre 30, 2022
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L’Occident veut que les Nations Unies fassent pression sur l’Iran, mais la Chine reste sur ses garde

L’Occident veut que les Nations Unies fassent pression sur l’Iran, mais la Chine reste sur ses gardePar Evelyn Leopold

Reuters – Avec la Russie et la Chine opposées à des sanctions contre l’Iran, l’Occident veut augmenter la pression petit à petit au Conseil de Sécurité la semaine prochaine afin de réfréner les ambitions nucléaires de Téhéran.

Mais la Chine et la Russie envisagent un meeting du conseil des 35 nations de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique avant que l’ONU ne se prononce sur le rapport attendu vendredi du directeur de l’AIEA, Mohammed ElBaradei.

« On nous propose que le conseil des gouverneurs de l’AIEA se réunisse d’abord avant que le conseil n’aborde le sujet », a révélé lundi à la presse l’ambassadeur aux Nations Unies de la Chine, Wang Guangya.

A Berlin, un diplomate européen, qui a désiré rester anonyme, a déclaré que la Russie et la Chine désiraient renforcer la suprématie du conseil de l’AIEA basée à Vienne.

L’ambassadeur, qui n’était pas autorisé à parler à la presse, a affirmé que l’objectif était de retarder une action de l’ONU jusqu’à ce qu’ait lieu le meeting du conseil de l’AIEA en juin afin de ralentir la campagne des Etats-Unis pour des sanctions.

Les Etats-Unis et leurs alliés suspectent l’Iran de tenter de fabriquer une bombe atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil. Téhéran affirme que son programme a pour unique objectif la génération d’énergie.

Le Conseil de Sécurité a adopté une déclaration le mois dernier demandant à ElBaradei de rapporter simultanément au conseil et à l’AIEA avant le 28 avril si l’Iran a cessé d’enrichir de l’uranium, processus pouvant produire du combustible pour des têtes nucléaires.

Pour commencer, les puissances occidentales veulent une résolution du conseil qui transformerait les requêtes de la déclaration de mars en une mesure obligatoire en vertu de la provision du Chapitre 7 de la Charte des Nations Unies. La déclaration du conseil, qui demande aussi à l’Iran de répondre à des questions en suspens sur son programme, se basait sur des résolutions précédentes du conseil de l’AIEA.

RESOLUTION DU CHAPITRE 7

« Nous espérons, étant donné que l’Iran n’a opéré aucun changement de direction et qu’il n’y a aucune raison de penser qu’il le fera, que nous allons examiner une résolution du Chapitre 7 afin de rendre obligatoires toutes les résolutions de l’AIEA déjà existantes », a déclaré lundi l’ambassadeur américain John Bolton.

« Nous allons attendre le rapport du 28 avril. Nous sommes en consultations actuellement et nous le serons cette semaine sur la date et la façon d’introduire la résolution », a affirmé Bolton aux journalistes.

Tandis qu’une résolution du Chapitre 7 permet d’imposer des sanctions et même de déclarer une guerre, elle requiert une mesure complémentaire afin de prendre cette décision.

Un diplomate du conseil, qui a demandé que son identité reste secrète car il n’était pas autorisé à parler, a affirmé que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France essayaient de rassurer la Russie et la Chine sur le fait que la résolution en question « n’en fait pas plus que ce qui est dit ».

Mais pour le ministre des Affaires Etrangères russe, Sergei Lavrov, le Chapitre 7 évoque les résolutions du Conseil de Sécurité contre l’Irak, interprété par les USA comme une base légale pour l’invasion de 2003.

Cependant, comparé à l’Iran, les résolutions du Conseil de Sécurité contre le gouvernement de Saddam Hussein s’étendent sur plus d’une décennie, débutant avec la Guerre du Golfe en 1991 et comprenant des ruptures de cessez-le-feu.

« Je sais comment fonctionne le Conseil de Sécurité », a déclaré Lavrov, ancien ambassadeur aux Nations Unies pendant 10 ans jusqu’en 2004, à la presse depuis Moscou au début du mois de mars.

« On commence avec un avertissement gentil, puis on fait un rappel, puis on demande, on exige et on menace. Cela deviendra une fonction automotrice », a-t-il dit. « Un scénario coercitif n’est acceptable ni pour la situation iranienne ni pour la situation dans la région. »

(Article rédigé avec la contribution de Louis Charbonneau à Berlin)

 

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