samedi, décembre 3, 2022

L’Iran : une Troisième voie

Par Shahab Sariri *

Global Politician, 22 août  – Des villes iraniennes ont été le théâtre de vastes protestations et heurts entre une population rétive et les forces de sécurité de l’Etat du régime iranien (FSE). Les étudiants d’Amir Kabir de Téhéran, aussi connu sous le nom de Polytechnique, où des portraits  d’Ahmadinejad avaient été brûlées au début de l’année, ont organisé des sit-ins pour demander la libération de prisonniers politiques.

À travers le pays, d’autres universités ont pris le relais et des heurts avec FSE ont éclaté un peu partout. Ces derniers mois, les enseignants, les ouvriers et les féministes ont aussi organisé leurs propres manifestations, grèves et sit-ins. La populations a fait trembler les bases du régime de mollahs, risquant leurs vie pour rendre une chose claire : Elle veut le changement démocratique et la fin du régime de mollahs.

Pourquoi maintenant ?

Pendant presque trois décennies, l’occident a mené sans interruption  une politique de complaisance, essayant vainement de traiter avec les mollahs en Iran en échange d’intérêts économiques lucratif mais irréfléchis. Aujourd’hui, en raison du programme nucléaire du régime et de sa vaste intervention en Irak, au Liban, en Palestine, au Yémen et en Afghanistan, des signes indiquent que la communauté mondiale est en train de mettre en place une nouvelle politique vis-à-vis du régime iranien. Jusqu’à présent, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a passé deux résolutions, imposant des sanctions aux mollahs iraniens. En Irak, les forces de la coalition ont oeuvré activement pour contrer les efforts du régime en vue d’établir une théocratie soeur basée sur le modèle de Khomeiny.

Ces nouvelles mesures ont eu des répercussions positives dans les rues iraniennes.

Réagissant à sa crise interne, le régime a intensifié les exécutions publiques, les arrestations arbitraires et a augmenté ses activités terroristes à l’étranger dans une fausse démonstration de force.  Mais encouragée par la pression internationale cependant, la population iranienne n’a cessé de rechercher un changement démocratique. Le changement adopté dans la politique ces derniers mois visant à contrer la menace iranienne tant à l’ONU qu’en Irak, a contribué à encourager les Iraniens. Ces mesures tardives n’ont prouvé que ni la guerre ni la complaisance ne sont une réponse pour traiter avec les mollahs à Téhéran.

Si l’on examine la ligne des principaux médias, on est mené à croire qu’il y a seulement deux options face à la menace iranienne. Une troisième voie, qui pousse à se tourner vers l’opposition démocratique organisée de l’Iran comme catalyseur du changement, n’est ni politiquement difficile, ni coûteuse (opposée à la complaisance et la guerre), mais offre la seule approche efficace et viable. Le potentiel pour provoquer un changement de gouvernement réside en fait dans la population iranienne. En faisant des commentaires sur des protestations précédentes, un diplomate européen basé à Téhéran a expliqué : "La colère refoulée est toujours là, sous la surface. Mais pour que cela prenne sérieusement, vous avez besoin d’un catalyseur, vous avez besoin d’une cause, vous avez besoin d’une organisation et d’une direction. C’est une grande tâche", disait-il. Un tel potentiel doit être légitimé et mobilisé.

Le soutien à la plus grande opposition, la mieux organisée la plus grande, la plus organisée, laïque et démocratique, les Moudjahidine du peuple de l’Iran (OMPI/MEK) et le Conseil national de la Résistance iranienne dirigé par Mme Maryam Radjavi contribue à résoudre l’énigme de l’Iran. En juin dernier, reconnaissant la valeur de la résistance iranienne pour leur propre sécurité, 5,2 millions d’Irakiens ont signé une déclaration reconnaissant l’OMPI comme la seule barrière entre eux et les intégristes envoyés par Téhéran. L’OMPI a prouvé que ses racines plongent profondément dans la société iranienne. Elle a dénoncé les réseaux terroristes du régime en Irak et dans le monde entier aussi bien que les détails du programme nucléaire du régime. La capacité de l’OMPI de mobiliser et organiser les masses n’a jamais été réellement mise en doute.

Malheureusement, aujourd’hui l’OMPI est sur les listes des organisations terroristes étrangères du Département d’Etat et de l’UE en raison de la politique de complaisance qui s’est révélée caduque et un échec. Martin Indyk, le Secrétaire d’Etat à adjoint aux Affaires du Proche-Orient au temps où le MEK a été mis sur la liste noire, avait dit à  Newsweek le 26 septembre 2002, “… (Il) y avait l’intérêt de la Maison Blanche à ouvrir un dialogue avec le gouvernement iranien. À l’époque le Président Khatami avait récemment été élu et on le considérait comme un modéré. De hautes autorités de l’administration ont estimé que sévir contre l’OMPI, que les Iraniens avaient clairement désignée comme une menace, allait dans ce sens.” L’étiquette de terroriste contre l’OMPI sert de ligne de vie aux mollahs en Iran. En Europe, le Conseil des Ministres de l’UE a choisi d’ignorer ouvertement l’état de droit en refusant d’enlever l’OMPI de sa liste du terrorisme, comme il aurait dû le faire après un jugement  en décembre 2006 de la Cour européenne de Justice annulant la décision de l’UE de mettre l’organisation sur la liste noire.

C’est de l’histoire que nous tirons les meilleurs enseignements. La complaisance avec les régimes expansionnistes sert uniquement de précurseur à des conflits de grande échelle. L’inscription de l’OMPI comme groupe terroriste par l’UE et le Département d’Etat n’est rien de plus qu’un acte dangereux de complaisance. Une telle politique a échoué à pacifier un régime rouge qui se déchaîne pour diffuser sa révolution intégriste dans tout le Moyen-Orient.
 
* Shahab Sariri est Vice-président de la Coalition nationale des défenseurs de la démocratie (ncpdaus.org). NCPDAUS organise des réunions-débats, des symposiums, des briefings et des conférences au Congrès en faveur de changement démocratique en Iran.

 

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