mercredi, février 8, 2023
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L’Iran sous la menace de nouvelles sanctions de l’ONU

The Associated Press – L’Iran s’expose à de nouvelles sanctions des Nations unies. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devrait remettre jeudi un rapport confirmant que Téhéran a poursuivi l’enrichissement d’uranium, malgré les exigences du Conseil de sécurité.

La résolution 1737, adoptée le 23 décembre dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies, donnait 60 jours à Téhéran pour suspendre l’enrichissement d’uranium, sous peine d’un durcissement des sanctions imposées en décembre. La Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, avaient alors fait pression pour limiter les mesures contre Téhéran.

Au terme du délai fixé par l’ONU, qui expirait mercredi, le directeur général de l’AIEA Mohamed El-Baradeï devrait transmettre jeudi un rapport au Conseil des gouverneurs de l’AIEA et au Conseil de sécurité des Nations unies, faisant le point de la situation.

Ce rapport, auquel l’AIEA apportait mercredi la touche finale, devrait selon toute vraisemblance, constater que l’Iran a étendu, et pas gelé, ses activités d’enrichissement d’uranium, étape clé du cycle nucléaire qui peut servir notamment à la fabrication d’armes nucléaires.

Les Etats-Unis, qui ont haussé le ton face à l’Iran tout en démentant vouloir intervenir militairement, soupçonnent le régime iranien d’essayer de se doter de l’arme atomique, même si ce dernier assure que son programme nucléaire est uniquement destiné à un usage civil. "Ce sujet doit être résolu pacifiquement avec les Etats-Unis", a expliqué mercredi le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki lors d’une conférence de presse à Istanbul.

Plusieurs responsables iraniens, comme le négociateur Ali Larijani, ont appelé ces derniers jours au dialogue. Dans le même temps, d’autres faisaient comprendre que Téhéran n’avait aucunement l’intention de céder à la première exigence du Conseil de sécurité, le gel de son programme d’enrichissement. "L’ennemi fait une grosse erreur s’il croit qu’il peut écraser la volonté de la nation iranienne d’aboutir à l’usage pacifique de la technologie nucléaire", a lancé mercredi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, cité sur le site Internet de la télévision officielle.

La veille, le président ultraconservateur avait fait savoir que son pays était prêt à suspendre l’enrichissement d’uranium… à condition que les pays occidentaux fassent de même. "Vous pensez que c’est une offre sérieuse?", avait répondu le porte-parole de la Maison Blanche Tony Snow. Il avait rappelé que "la communauté internationale a dit aux Iraniens: ‘vous pouvez avoir la puissance nucléaire mais nous ne voulons pas que vous ayez la capacité de construire des armes nucléaires’." "Et c’est une offre que nous continuons de faire."

A Berlin, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier ont dit mercredi "espérer encore" que l’Iran puisse choisir la voie du compromis et du dialogue. Mais ils sont restés très flous sur l’attitude de la communauté internationale si l’AIEA conclut que Téhéran n’a pas répondu aux exigences de l’ONU. "Nous allons consulter tous nos partenaires et nous devrons décider comment avancer", a expliqué Condoleezza Rice.

Le même jour, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a demandé à la communauté internationale de renforcer les sanctions sur l’Iran. "Aujourd’hui, c’est le dernier jour qui avait été fixé par la communauté internationale et par la résolution 1737 du Conseil de sécurité de l’ONU", a-t-il rappelé. "Et donc la communauté internationale va devoir penser à des mesures supplémentaires", a-t-il plaidé. Mahmoud Ahmadinejad a déclaré à plusieurs reprises qu’Israël devait être "rayé de la carte". AP