lundi, février 6, 2023
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L’Iran rejette le calendrier des grandes puissances

L'Iran rejette le calendrier des grandes puissancesLaurent Zecchini (avec Philippe Bolopion à New York)

Le Monde – C ‘est une sorte d’ultimatum informel que les ministres des affaires étrangères du G8 (les sept pays les plus industrialisés et la Russie) ont adressé, jeudi 29 juin, à Téhéran, lui enjoignant de répondre le 5 juillet aux propositions de la communauté internationale sur son programme nucléaire. Réunis à Moscou, ils ont indiqué attendre "une réponse iranienne claire et substantielle" lors de la rencontre, prévue à cette date (en principe à Bruxelles), entre Javier Solana, Haut Représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure, et le négociateur iranien sur le nucléaire, Ari Larijani.

Le 6 juin, les grandes puissances – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) et l’Allemagne, ou les "Six" – avaient remis leurs propositions à Téhéran, celles-ci comportant des mesures incitatives, notamment dans les domaines commercial et du nucléaire civil, conditionnées par un engagement de l’Iran à renoncer à son programme d’enrichissement de l’uranium. Or Téhéran a indiqué qu’il répondrait en août.

Les Iraniens ne sont donc pas impressionnés. A New York, leur ministre des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a répondu par une fin de non-recevoir. Téhéran persiste à ne pas réagir avant le mois d’août : "Ce n’est pas un long délai pour soumettre une réponse", a-t-il insisté, avant d’expliquer que la rencontre du 5 juillet devait seulement permettre à l’Iran de demander des éclaircissements sur les "ambiguïtés" des propositions des grandes puissances.

L’attitude de Téhéran complique la tâche des membres du G8, dont les chefs d’Etat se retrouvent pour un sommet à Saint-Pétersbourg, du 15 au 17 juillet. Selon un calendrier idéal, les ministres des affaires étrangères des "Six" réagiraient à la réponse iranienne à l’occasion d’une nouvelle rencontre, le 12 juillet. Une réponse positive de Téhéran ouvrirait la voie à un accord. Mais, dans le cas contraire, la plus grande incertitude devrait prévaloir. Car il est probable que le consensus des Six deviendrait aléatoire s’il fallait passer à l’étape suivante : celle des sanctions contre l’Iran.