mercredi, février 8, 2023
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L’Iran protège ses activités nucléaires dans un labyrinthe de tunnels

Mehdi Abrichamtchi, du CNRI,  lors d'une conférence de presse en novembre 2009 révélant de nouveaux travaux atomiques du régime iranienCNRI – Extraits de l’article de William J. Broad paru dans le New York Times du 6 janvier :

(…) En 2002, le Conseil national de la Résistance iranienne, un groupe d’opposition, a révélé que l’Iran avait construit une usine nucléaire souterraine secrète à Natanz, qui s’est avérée servir à l’enrichissement de l’uranium. Les usines d’enrichissement peuvent fabriquer du combustible pour les réacteurs ou, avec un peu plus d’effort, des bombes atomiques.

Les photos satellites ont montré que les Iraniens avaient enterré deux salles caverneuses d’environ la moitié de la taille du Pentagone. On estime l’épaisseur de la roche, des débris et du béton à 9 mètres – assez pour contrecarrer les bombes mais pas pour garantir la survie de l’usine.

La divulgation de Natanz a déclenché la confrontation de l’Occident avec l’Iran. Deux ans plus tard, l’International Atomic Energy Agency découvrait à sa grande surprise que l’Iran creusait des tunnels dans les montagnes au site d’Ispahan, où l’uranium est préparé pour l’enrichissement. « L’Iran a omis de le déclarer à l’Agence dans les meilleurs délais », dit un papier de l’AIEA dans un euphémisme diplomatique.

Puis, fin 2005, le groupe d’opposition iranien a tenu des conférences de presse, à Paris et à Londres pour annoncer que ses espions avaient appris que l’Iran creusaient des tunnels pour des travaux nucléaires et de missiles dans 14 sites, dont un complexe souterrain à proximité de Qom. Le gouvernement, a déclaré un officiel du Conseil, construisait des tunnels pour dissimuler « sa quête d’armes nucléaires ». Le Conseil a en outre accusé M. Ahmadinejad et l’association d’excavation de tunnel de fournir une couverture civile pour des travaux et les acquisitions militaires.

Les affirmations du Conseil ont retenu peu d’attention. Certains experts occidentaux les ont considérées comme exagérées. Certains ont mis en question l’objectivité du conseil, parce qu’il recherche le renversement du gouvernement. Peut-être que le plus grand obstacle a été les soupçons soulevés par des transfuges à un moment où l’invasion américaine de l’Irak s’était révélée être fondée en partie sur les fausses allégations de dissidents irakiens à propos des armes non conventionnelles de Saddam Hussein.

Les inspecteurs nucléaires de l’ONU ont inspecté quelques tunnels à Ispahan, mais pas à Qom parce que l’usine était sur une base militaire, et donc hors d’atteinte pour des inspections sans preuves solides d’activités suspectes.

«Nous avons suivi tout ce qu’ils ont proposé », a dit Mohamed ElBaradei, qui a récemment quitté la tête de l’Agence internationale de l’énergie atomique, sur le Conseil dans une interview. « Et beaucoup s’est révélé faux ».

Frank Pabian, un haut conseiller en matière de non-prolifération nucléaire à Los Alamos National Laboratory au Nouveau Mexique, est fortement en désaccord. «Ils ont eu raison à 90 % », a-t-il dit à propos des révélations du Conseil sur les sites clandestins de l’Iran. « Cela ne signifie pas qu’ils soient parfaits, mais 90 % c’est un très bon bilan ».

En 2007, le Conseil a annoncé que l’Iran creusait des tunnels dans les montagnes près de Natanz, le site d’enrichissement tentaculaire. Les photos satellites l’ont confirmé.

Qom est devenue une justification, quoique tardive, à la fin de septembre, lorsque le président Obama, flanqué par les dirigeants de la France et la Grande-Bretagne, a identifié « une installation secrète d’enrichissement d’uranium » en cours de construction là-bas.

Labyrinthe militaire

En décembre, le groupe d’opposition a capitalisé sur sa nouvelle stature pour publier un rapport sur les tunnels de l’armée iranienne. Il a déclaré que l’Iran avait creusé des tunnels et des bunkers d’installations de recherche, de stockage des munitions, des quartiers généraux militaires et des centres de commandement et de contrôle. « Un groupe d’usines » dans les montagnes à l’est de Téhéran, a-t-il dit, se spécialisent dans «la fabrication d’ogives nucléaires ».

Dans l’ensemble, le rapport monte de 14 à 19 le nombre d’endroits où des tunnels – souvent multiple – cachent des bases militaires et des travaux sur les armes.