De Thomas Harding à Bassora
The Daily Telegraph Le renseignement iranien se prépare à une domination totale du sud de lIrak dès que les Britanniques seront partis, en sinfiltrant dans le réseau de sécurité de Bassora et dans les partis politiques.
Des sources du renseignement irakien ont divulgué au Daily Telegraph que lIran avait lintention de rafler la grande récompense économique offerte par les champs pétroliers du sud et dempêcher les sociétés occidentales de prendre pied à Bassora.
Les hauts responsables politiques et militaires britanniques et américains sinquiètent du fait que Téhéran « vienne à laide » des terroristes qui continuent de tuer leurs soldats chaque semaine.
Les commandants craignent que dès leur départ de Bassora en mai, les milices soutenues par lIran semparent des structures politiques et sécuritaires, anéantissant ainsi quatre années de travail qui ont coûté la vie à 129 Britanniques et des milliards de dollars.
Seule larmée irakienne fait obstacle aux milices meurtrières. Bien quon la considère comme compétente, le moment clé sera le jour où la responsabilité de ladministration de Bassora sera transmise au gouvernement irakien et aux dirigeants politiques locaux. Là, on sattend à une épreuve de force entre larmée irakienne contrôlée par Bagdad et les milices de Bassora soutenues par les Iraniens.
Il a été facile pour lIran de forger des alliances avec les chiites qui représentent la majorité de la population dans le sud de lIrak. Les insurgés soutenus par les Iraniens trouvent beaucoup de recrues parmi les chômeurs de la ville. Ils les encouragent à attaquer les patrouilles et les postes britanniques afin de montrer leur force dans la lutte pour le pouvoir à Bassora, selon un haut responsable irakien. Celui-ci a ajouté que si les Britanniques se retiraient trop tôt de la région, les sunnites seraient tués dans le but de tous les expulser et le travail de ces quatre ans volerait en poussière.
Les munitions et armes utilisées pour tuer et mutiler les troupes britanniques ont presque certainement traversé la frontière iranienne située à quelques kilomètres de la ville pour atterrir directement entre les mains des terroristes.
Le renseignement militaire britannique est persuadé que des insurgés ont reçu un entraînement des Gardiens de la Révolution dIran, la précision des attaques au mortier et aux roquettes saméliorant de semaine en semaine.
« Nous savons que certains éléments extrêmes de Bassora reçoivent le soutien et laide de lIran, ainsi que des armes, de largent et de la technologie pour engins explosifs improvisés dans le but de déstabiliser cette partie du pays », a affirmé le lieutenant colonel Justin Maciejewski, commandant du bataillon Royal Green Jacket, fort de 1200 hommes.
« Les locaux en ont particulièrement marre. Dans certains segments de la société de Bassora, des violences ont lieu contre nous et contre les éléments des forces de sécurité irakiennes considérés comme étant non sensibles à linfluence de lIran. »
Un haut responsable américain, basé dans le camp britannique et qui sest exprimé sous couvert de lanonymat, a déclaré que linquiétude était profonde concernant « leffet déstabilisateur » de lIran dans la zone. « Les informations que nous recevons indiquent que les milices qui lancent des roquettes contre ce site reçoivent laide de factions iraniennes », a-t-il affirmé. « Tout ceci est extrêmement inquiétant, en particulier lorsque lon essaie dapporter la paix et la stabilité. »
Les plus hauts dirigeants politiques dIrak nont aucun doute concernant les ambitions de leur voisin à lest. Prenant la parole lors dune visite officielle à Londres, Tariq al-Hashemi, vice-président irakien, a accusé lIran de « jouer un rôle désastreux dans nos affaires internes ». « Nous détenons un grand nombre de preuves indiquant que lIran devient, malheureusement, lacteur principal en Irak. Ils ont une influence bien ancrée dans tous les domaines en Irak. Partout où lon va en Irak, on peut voir leurs empreintes. »
Ces trois derniers mois, le nombre de meurtres à Bassora a chuté de 45 à 5 par semaine, en partie grâce au démantèlement mené par les Britanniques des escadrons de la mort dune unité de police corrompue.
Le lieutenant colonel Maciejewski a admis que les gens du coin « avaient hâte de nous voir partir » mais seulement une fois que le travail sera fini et que les forces de sécurité irakiennes seront bien en place.
Tandis que les Iraniens viennent en aide aux chiites en Irak, des preuves indiquent que la population sunnite minoritaire, estimée à 200 000, bénéficie du soutien des sunnites dArabie Saoudite. Linquiétude grandit quant à limminence dune guerre sectaire dévastatrice qui pourrait prendre dans les deux branches de lIslam dans tout le Moyen Orient.
Lorsquelle quittera la ville, larmée ne pourra quobserver et espérer, mais il semble que de plus grandes puissances soient en marche. LIran a toujours su que la présence britannique était éphémère et se tient prêt pour son départ, et pour le prochain épisode dun conflit quasi inévitable.

