mardi, novembre 29, 2022
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L’Iran et l’Irak : deux mondes à part pour les États-Unis

L’Iran et l’Irak : deux mondes à part pour les États-UnisThe Washington Times, 22 janvier – Par David R. Sands – Ils partagent une frontière, un emplacement stratégique, une hostilité profonde envers les États-Unis, un rôle crucial sur les marchés mondiaux du pétrole et une ambition à peine cachée de se doter d’armes nucléaires.

L’administration Bush a cependant utilisé deux approches radicalement différentes pour l’Irak de Saddam Hussein et pour la crise actuelle de la République Islamique d’Iran.

« L’Iran n’est pas l’Irak. Il y a de la place pour plus de diplomatie, à mon sens », a déclaré le président Bush à la presse l’année dernière.

Le gouvernement américain compte sur une diplomatie multilatérale, les Nations Unies et la menace de sanctions afin de faire avorter le programme nucléaire de l’Iran.

L’usage une fois de plus de la force militaire au Moyen Orient reste une option, insistent les hauts dirigeants, mais il n’y a aucun indice de rassemblement des forces tel que celui qui a eu lieu avant la chute de Saddam en 2003.

La semaine dernière, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a déclaré à la presse que l’échec de deux années de négociations entre l’Iran et la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne soutenues par les USA veut simplement dire que « nous entrons dans une nouvelle phase de la diplomatie ».

« Mais il s’agit toujours de diplomatie, et nous croyons que si la communauté internationale reste unie, elle a des chances de fonctionner », a affirmé Mme Rice.

Israël en est à considérer l’Iran comme son ennemi numéro un, et ses craintes ont été multipliées lorsque le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réclamé en octobre que l’État juif soit « rayé de la carte ».

Contrairement à l’Irak de Saddam, il est parfois difficile de dire qui dirige vraiment l’Iran. Mais avec l’élection de M. Ahmadinejad, les religieux islamiques extrémistes semblent avoir renforcé leur pouvoir.

Bien que personne ne pense que M. Ahmadinejad travaille indépendamment, c’est en définitive le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et non le président, qui contrôle l’armée et qui est en charge des questions de défense et de politique étrangère.

Les puissances européennes réclament une réunion extraordinaire de l’agence de surveillance nucléaire de l’ONU à Vienne, en Autriche, en début de mois prochain, qui enverrait le dossier iranien devant le Conseil de Sécurité pour des sanctions éventuelles.

L’Iran dit qu’il ne reculera pas et vendredi, des hauts responsables de Téhéran ont déclaré qu’ils retiraient des fonds officiels de comptes en banque en Europe afin de faire échouer toute tentative de gel de capitaux.

Les responsables de l’administration Bush avancent que leur approche diplomatique casse le stéréotype du « cow-boy » égoïste associé à M. Bush, image négative populaire en Europe avec l’approche de la guerre en Irak.

Mais certains disent que la politique de Washington vis-à-vis de l’Iran reflète les difficultés inattendues de l’Irak d’après-guerre, la pression pesant sur les forces militaires américaines et la capacité de Téhéran à infliger des dégâts sévères aux intérêts américains et occidentaux en Irak et ailleurs si le pays se trouvait coincé.

Andrew J. Bacevich, professeur en relations internationales à l’Université de Boston, dit que la doctrine militaire « préventive » contre les menaces terroristes approuvée par M. Bush dans la déclaration de septembre 2002 sur la politique de sécurité a été testée à Bagdad et a vraiment laissé à désirer.

« Au lieu d’impressionner d’autres prétendus opposants, la guerre en Irak leur a fourni un modèle pour savoir comment neutraliser l’armée la plus puissante du monde », a écrit M. Bacevich récemment.

Mohammed Mohadessine est le porte-parole en politique étrangère du Conseil National de la Résistance Iranienne, un groupe d’opposition exilé que le département d’État a catalogué d’organisation terroriste.

« Je pense que le soutien à nos efforts est gravement endommagé par ce qui se passe en Irak », a-t-il déclaré de Paris vendredi dans une interview téléphonique.
 
La stratégie de l’administration a en fait provoqué des plaintes de la part de Démocrates selon lesquelles M. Bush est trop indulgent face à la menace de Téhéran.

« Je ne crois pas que l’on puisse faire face à des menaces telles que l’Iran ou la Corée du Nord en sous-traitant le problème et en restant dans les coulisses », a déclaré la sénatrice Démocrate de New York, Hillary Rodham Clinton, dans un discours mercredi à l’Université de Princeton.
Mais des experts privés estiment que l’Iran est un cas plus difficile car le pays a à sa disposition plusieurs moyens de contrer une frappe militaire visant son programme nucléaire.

L’Iran a trois fois la population et quatre fois la superficie de l’Irak. Ses sites de recherche et de développement nucléaires connus sont éparpillés et protégés contre des attaques.

Les forces américaines sont accaparées par l’Irak et l’Afghanistan. Les dirigeants iraniens bénéficient de liens privilégiés avec la communauté chiite majoritaire en Irak et pourraient aisément causer des troubles pour les forces américaines de l’autre côté de la frontière.

L’Irak sous Saddam a subi d’importantes sanctions économiques internationales pendant plus de dix ans avant la guerre.

L’Iran, au contraire, est le quatrième pays exportateur de pétrole et a des liens commerciaux importants aussi bien avec la Russie qu’avec la Chine. Toute diminution des exportations iraniennes aurait un effet instantané, a affirmé Leonid Grigoriev de l’Institut de l’énergie et de la finance à Moscou.

« Si vous retirez leurs 2 millions de barils par jour du marché, on obtient une vraie pénurie, quel que soit le prix », a-t-il dit. « Je préconiserais la prudence à propos de l’Iran. »
 

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