mercredi, février 8, 2023
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L’Iran est à une ou deux semaines de l’enrichissement d’uranium expérimental, selon des diplomates

L’Iran est à une ou deux semaines de l’enrichissement d’uranium expérimental, selon des diplomatesAgence France Presse – L’Iran pourrait avoir en sa possession une cascade expérimentale de 164 centrifugeuses pour l’enrichissement de l’uranium d’ici fin mars ou début avril, ont déclaré samedi à l’AFP des diplomates proches de l’organe de surveillance nucléaire des Nations Unies.

 

Cette information survient alors que le Conseil de Sécurité des Nations Unies ne parvient pas à se mettre d’accord sur une déclaration qui demanderait à l’Iran de suspendre l’enrichissement, qui selon Téhéran a pour objectif la production de combustible pour un réacteur nucléaire, mais qui peut aussi produire une partie des matériaux nécessaires pour la bombe atomique.

Concernant la cascade pilote située dans la ville de Natanz en Iran, « seule la tuyauterie doit être terminée, puis ils vont faire des tests à vide, ensuite ils vont faire des essais avec du gaz inerte, et finalement ils vont introduire du gaz d’uranium pour débuter le processus », a déclaré un diplomate proche de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), basée à Vienne.

Le diplomate qui a demandé à rester anonyme en raison du caractère sensible du sujet, a affirmé que la cascade serait prête pour débuter l’enrichissement en « une semaine, ou peut-être une ou deux de plus ».

Même si la cascade de Natanz est trop petite pour produire de l’uranium hautement enrichi pour la fabrication d’armes, les progrès réalisés « renforcent vraiment l’inquiétude » concernant le programme nucléaire de Téhéran, a expliqué un diplomate occidental.

« L’Iran maîtrise mieux les opérations de cascade à centrifugeuses que nous ne le pensions », a confié le diplomate.

L’expert nucléaire David Albright de l’Institut pour la science et la sécurité internationale à Washington a déclaré que l’Iran pourrait produire de l’uranium faiblement enrichi qu’il pourrait ensuite enrichir encore « beaucoup plus vite » à un degré nécessaire pour la fabrication de la bombe.

Le diplomate occidental a affirmé que les progrès de l’Iran en matière d’enrichissement « signifient que la diplomatie dispose de moins de temps pour arriver à ses fins. Et pourtant les Russes se tâtent toujours ».

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné vendredi à son homologue russe Sergei Lavrov afin de tenter de sortir le Conseil de Sécurité de l’impasse.

Rice a annoncé lors d’une conférence de presse à Washington qu’elle et Lavrov, dont le pays résiste à une action ferme contre l’Iran, s’étaient mis d’accord pour faire accélérer le travail en vue d’une déclaration forçant Téhéran à renoncer à ses ambitions de développement de la bombe atomique.

Plus tôt, Rice avait averti qu’ « on ne pouvait pas perdre de temps » dans la recherche d’une action contre la menace potentielle d’un Iran détenant des armes nucléaires.

Mi-février, l’Iran a abandonné son moratoire volontaire sur l’enrichissement (ayant pour objet de prouver qu’ils ne recherchaient pas à obtenir l’arme atomique), en introduisant du gaz hexafluorure d’uranium dans une centrifugeuse à Natanz, puis une cascade de dix, puis de vingt machines.

La prochaine étape serait une cascade de 164 centrifugeuses, opération encore au stade de la recherche afin d’en savoir plus sur les techniques utilisées dans le fonctionnement de milliers de centrifugeuses.

L’Iran qui nie farouchement vouloir développer des armes nucléaires mais insiste sur son droit d’enrichir de l’uranium pour la production de combustible, a besoin de produire plus de 50.000 centrifugeuses pour développer une douzaine de bombes atomiques par an.