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Lettre commune de plus de 3.000 habitants de Liberty au Secrétaire général de l’ONU

Le 15 mars 2013

Son Excellence Ban Ki-moon
Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies

Monsieur le Secrétaire général,

Nous, les résidents du camp Liberty en Irak, souhaitons attirer votre attention sur la situation de notre sécurité et le danger qui pèse sur nous au camp Liberty, où nous avons été transférés de force depuis Achraf dans une conspiration du régime iranien et du gouvernement irakien à la connaissance de l’ONU sous le prétexte d’accélérer le processus de réinstallation dans des pays tiers. On nous avait assuré que cette procédure serait pacifique et on nous avait promis que cette procédure fournirait une garantie élevée pour notre sécurité. Cette procédure est désormais couverte de sang.

Dans les dernières heures du mercredi 13 mars, un blessé de l’attaque du 9 février, l’ingénieur Hamid Rabi, est décédé dans un hôpital de Bagdad, après 33 jours de souffrance. Il s’agit du huitième martyr de cette attaque à la roquette.  M. Rabi était réfugié politique en Allemagne et résident permanent de ce pays. Les autorités allemandes avaient également eu un entretien avec lui le 11 décembre. Suite à ses blessures, les représentants des résidents avaient demandé son transfert immédiat en Allemagne. En outre, le Conseil national de la Résistance iranienne avait assuré par écrit de prendre en charge tous les frais de son transfert, de ses soins et de son séjour en Allemagne. Cela aurait pu se faire si seulement l’ambassade d’Allemagne à Bagdad avait prolongé son passeport ou lui avait donné un permis d’entrer en Allemagne.

Le fait de n’avoir pas transféré un résident grièvement blessé, détenant un titre de voyage de réfugié et le statut de résident permanent en Allemagne, montre parfaitement combien il est dangereux, bien que 2000 personnes aient été interrogées, de garder les résidents de Liberty dans ce champ de la mort sous prétexte de poursuivre les entretiens et le transfert vers des pays tiers. Cela ouvre uniquement la voie à d’autres massacres. Il s’agit d’un piège pour les résidents, les Nations Unies et la communauté internationale tendu il y a un an et demi par Martin Kobler dans un complot abominable pour mettre en œuvre les souhaits du régime iranien et du gouvernement irakien. Mais l’époque de cette tromperie est désormais terminée. Depuis l’année dernière, le nombre de résidents tués à Liberty est supérieur au nombre de résidents réinstallés par le biais du processus de DSR qui est de moins de dix personnes.

Pour votre information, 35 jours après l’attaque à la roquette sur le camp Liberty et alors que les menaces du régime iranien, de ses agents et des mercenaires en Irak pour de futures attaques sur Liberty  se poursuivent, le gouvernement irakien interdit toutes les mesures de protection dans le camp, y compris le retour des murs T-Walls, qui pendant la présence des Américains protégeaient les baraquements contre les tirs de roquettes, et n’autorise pas le retour  d’un simple T-wall dans le camp. De même, il empêche le transfert de nos gilets pare-balles et de nos casques depuis Achraf. A l’arrivée des résidents au camp Liberty en février 2012 et dans les semaines suivantes, les forces irakiennes ont utilisé plusieurs grues qui ont travaillé sans relâche pour enlever rapidement 17 500 murs T-Walls du camp Liberty en dépit des protestations des habitants, laissant ainsi intentionnellement les baraquements vulnérables à toute attaque.

Il ne fait aucun doute que le but du régime iranien et du gouvernement irakien est de nous infliger des pertes supplémentaires dans des attaques ultérieures. Le général James Jones, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Obama, a réaffirmé que la situation au camp Liberty est pire que la prison de Guantanamo. (CNN-11 mars 2013)

Au cours du mois dernier, après l’attaque à la roquette, nous avons répété à maintes reprises que notre problème le plus urgent est d’assurer immédiatement la sécurité. La poursuite des entretiens à Liberty et la méthode très lente de réinstallation qui est conforme à la volonté du régime iranien n’est pas la solution à la question essentielle de notre sécurité collective, et toute conscience juste reconnaitrait qu’en fait cela augmente les dangers pour la grande majorité restant à Liberty pendant une longue période. Cela occulte la vérité et donne cette fausse image du  tout va normalement et des choses qui vont dans le bon sens. Aucun de nous n’acceptera cette attitude déshonorante qui met la vie des autres en danger.

Monsieur le Secrétaire général,

Notre sécurité immédiate peut être assurée par notre transfert rapide à tous aux États-Unis, même temporairement. Le gouvernement américain a signé un accord avec chacune et chacun d’entre nous, et en échange de nos armes a pris la responsabilité de notre protection jusqu’au règlement final de notre situation. Dans son communiqué du 29 août 2012, le Département d’Etat américain a réitéré l’engagement du gouvernement américain sur «la sûreté et la sécurité des résidents tout au long du processus de leur réinstallation hors d’Irak ».

Autrement, la seule solution est notre retour immédiat à Achraf qui est relativement sûr car il est 80 fois plus grand que Liberty avec des bâtiments en dur et des abris équipés que nous nous avons construits. Un environnement pollué et une situation extrêmement insalubre à Liberty en raison d’un système d’épuration déficient, des réservoirs d’eaux usées qui débordent, des maladies infectieuses, une crise et un blocus sur le plan médical, doublent la nécessité de transférer les résidents à Achraf.

Le processus de détermination du statut de réfugié et de transfert vers des pays tiers, qui est couvert de sang, est devenu impossible à Liberty. Il peut continuer à Achraf. Cela répond au « Manuel sur la sécurité des personnes relevant de la compétence du HCR » publié en 2011 et qui est applicable à la situation actuelle au camp Liberty ; il indique à l’article 1.7 : «Si le gouvernement du pays hôte est incapable ou refuse de fournir une sécurité adéquate et ne peut garantir la sécurité et le bien-être des personnes relevant de la compétence du HCR, considérer le bien-fondé de la relocalisation du camp ou la réinstallation de la population. »

Respectueusement,
 

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