mercredi, février 8, 2023
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Les USA demandent aux responsables des finances de réduire l’accès de l’Iran aux banques

ImageDe Steven R. Weisman

The New York Times – Samedi, les Etats-Unis ont demandé instamment aux hauts responsables des finances des grandes nations industrialisées du monde de prendre des mesures sévères contre ce que le secrétaire américain au Trésor, Henry M. Paulson Jr., a décrit comme l’exploitation de leur système bancaire par au moins 30 sociétés iraniennes de couverture impliquées dans des activités illicites.

 

M. Paulson a expliqué aux ministres des finances et de l’économie que ces sociétés de couverture avaient été identifiées par des agences américaines de renseignement et qu’elles réalisaient des transactions financières internationales grâce à des banques en Europe et ailleurs, la plupart d’entre elles étant des « banques de premier ordre ».

« L’Iran est un pays qui a des liens commerciaux importants avec une grande partie du monde, et ce depuis longtemps », a affirmé M. Paulson à la presse. « Ce n’est rien de plus qu’un briefing éducatif visant à préparer les institutions financières à faire face à certains des risques que cela comporte. »

Le haut responsable du Trésor a fait ces commentaires après avoir rencontré ses homologues de Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Canada, Japon et d’Union Européenne, venus assister au meeting annuel de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Ceux-ci semblent avoir été réceptifs à la stratégie émergeante de l’administration Bush sur l’Iran, face au faiblissement de la campagne cherchant à persuader le Conseil de Sécurité des Nations Unies d’imposer des sanctions contre l’Iran.

L’administration accuse l’Iran de poursuivre un programme d’armes nucléaires secret, accusation que l’Iran nie. Le pays est également accusé de transférer des fonds au Hezbollah et à d’autres organisations militantes islamiques par l’intermédiaire de banques commerciales ordinaires.

Ce que le gouvernement qualifie d’intensification importante de la campagne pour faire pression sur l’Iran d’un point de vue économique s’est produit la semaine dernière, lorsque le ministère des Finances a annoncé que la Banque Saderat, banque majeure en Iran, n’aurait plus accès même indirectement au système financier des Etats-Unis.

Cette nouvelle décision signifie que l’Iran va rencontrer des difficultés dans la vente de produits, tels que le pétrole, en échange de dollars par l’intermédiaire de la banque Saderat, selon des experts, car tout échange commercial impliquant le dollar comme monnaie nécessite l’acquisition de dollars auprès d’une banque américaine. Un grand nombre d’experts du système bancaire affirment que l’administration pourrait bientôt décider d’exclure d’autres banques.

A la suite de l’annonce faite sur la banque Saderat, deux hauts responsables américains des finances se sont rendus en Europe afin de persuader les organismes de contrôle et les banques d’arrêter de faire des affaires avec la banque Saderat et avec toute autre banque soupçonnée de mener des activités illégales, telles que le transfert d’argent à des groupes que les Etats-Unis considèrent comme des groupes terroristes. Certaines banques européennes ont déjà limité leurs activités avec l’Iran, mais plusieurs grandes banques ont refusé de coopérer.

Stuart Levey, sous-secrétaire au Trésor pour le terrorisme et le renseignement financier, est allé en Grande-Bretagne, en France, en Suisse, en Italie et en Allemagne. De son côté, le sous-secrétaire adjoint, Robert Kimmitt, s’est rendu en Allemagne. La France, l’Italie et l’Allemagne ont des relations commerciales importantes avec l’Iran et ses sociétés commerciales.

Le ministère des Finances a refusé de nommer les banques qu’ils ont rencontrées.

M. Paulson a déclaré qu’un grand nombre de sociétés commerciales en Iran menant des opérations commerciales légitimes étaient également engagées dans des activités illicites, et qu’il était de l’intérêt de toute banque de mesurer le risque de continuer à faire des affaires, même légitimes, avec elles.

Il a appelé les banques du monde entier à être « vigilantes » face à ce danger et à éviter de « permettre par inadvertance le type d’activités qu’elles ne tolèreraient pas ».

De nombreux autres sujets mis à part l’Iran ont été traités lors des réunions de M. Paulson avec les ministres des finances. L’économie mondiale était aussi à l’ordre du jour, économie qui selon M. Paulson s’est développée ces dernières années à une vitesse que ni lui ni les autres n’avait vu en une génération de temps. Malgré tout, il a reconnu les risques provenant de l’échec des récents pourparlers commerciaux internationaux, des prix élevés de l’énergie et du problème des « déséquilibres économiques ».

Cette expression est un euphémisme pour un large éventail de problèmes, dont le fait que les Etats-Unis importent plus qu’ils n’exportent et qu’ils soient devenus le plus grand débiteur du monde, devant des centaines de milliards de dollars à la Chine, au Japon et à d’autres partenaires commerciaux. L’Amérique affirme que ses partenaires commerciaux peuvent remédier à ce problème en important plus de produits américains, ainsi que la Chine en laissant sa monnaie prendre de la valeur par rapport au dollar, rendant ainsi les exportations vers les Etats-Unis plus coûteuses.

Dans un communiqué samedi, les ministres des finances des pays industrialisés majeurs, ont déclaré : « Une plus grande flexibilité du taux de change est nécessaire pour les économies émergeantes présentant de grands excédents, en particulier la Chine ».

Les Etats-Unis semblent également faire des progrès dans leur désir de remanier le Fonds monétaire international, l’agence mondiale qui sauve les pays de la faillite. L’administration Bush voudrait donner plus de poids à la Chine au sein du Fonds ainsi qu’à d’autres pays en voie de développement et à des pays pauvres, aux dépens de certains pays d’Europe.

Certains Européens sont indignés par cette initiative mais semblent en général être d’accord en principe avec celle-ci et les dirigeants américains affirment être de plus en certains que ce remaniement sera approuvé lundi à 85 pourcent des votes par les 184 pays.