vendredi, décembre 9, 2022
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Les spécialistes de droits de l’ONU: les arrestations et lourdes amendes pour l’expression artistique en Iran sont « inacceptables »

Les spécialistes de droits de l’ONU: les arrestations et lourdes amendes pour l’expression artistique en Iran sont « inacceptables »

Les spécialistes des droits de l’Homme de l’ONU sur les droits culturels et la liberté d’expression ont exprimé de la préoccupation en ce qui concerne l’emprisonnement et l’imposition de lourdes amendes contre trois artistes en Iran au début de ce mois et ont appelé à leur libération immédiate.

Dans une déclaration publiée vendredi par le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH), la Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels, Karima Bennoune, et le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, ont affirmé que le jugement et la condamnation des artistes est tout à fait inacceptable et en complète violation des obligations du régime iranien en vertu des normes internationales relatives aux droits de l’Homme.

Ils ont aussi appelé à la levée de toutes les accusations.

L’appel des experts a été également approuvé par Ahmed Shaheed, le Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Iran, et Juan E. Méndez, le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Les musiciens Mehdi Rajabian et Yousef Emadi, ainsi que le cinéaste Hossein Rajabian ont été chacun condamnés à 6 ans de prison et à une amende de 50 millions de rials (environ 1658 dollars) pour « insulte aux lieux saints de l’Islam, » « propagande contre l’Etat » et pour avoir «mené des activités illégales dans le secteur audiovisuel y compris pour le fait d’avoir produit du support audiovisuel interdit et pour avoir réalisé un site musical illégal et underground. » En appel, la peine de prison a été réduite à 3 ans.

M. Kaye a affirmé que « enfermer quelqu’un pour des motifs d’insulte à la doctrine sacrée » et pour « propagande contre l’Etat » est incompatible avec les normes internationales des droits de l’Homme.

Mme Bennoune a exprimé sa «consternation » face aux allégations selon lesquelles les artistes ont été contraints de faire des «aveux» télévisés auto-incriminantes face aux accusations de production de supports audiovisuels interdits, et se sont excusés pour la diffusion de voix de chanteuses.

Elle a affirmé que l’action du régime iranien contre les artistes a eu de sérieuses répercussions sur les autres dans le pays et qu’il en résulte des restrictions injustifiables sur les droits de toutes personnes en Iran à avoir accès aux arts et à en jouir. « L’expression artistique n’est tout simplement pas un crime, » a conclu Mme Bennoune.

« L’arrestation, le jugement et la condamnation des artistes est tout à fait inacceptable et en complète violation des normes internationales des droits de l’Homme qui contraignent l’Iran. Les trois artistes devraient être libérés immédiatement et toutes les accusations retirées, » ont-ils conclu.

Les rapporteurs spéciaux sont nommés par le Conseil des droits de l’Homme de Genève pour examiner et faire un rapport au sujet de la situation d’un pays ou sur un thème précis concernant les droits de l’Homme.

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