vendredi, décembre 9, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceLes réfugiés d’Achraf sont soumis à de constantes violations – Me Juan...

Les réfugiés d’Achraf sont soumis à de constantes violations – Me Juan Garcès

CNRI – « Malheureusement depuis 2009 les réfugiés d’Achraf ont été soumis à de constantes violations des garanties de la 4e convention de Genève. Cela signifie que les coupables de ces violations ont commis un délit relevant du crime de guerre avec des circonstances aggravantes et qu’ils peuvent être poursuivis sous le principe de la juridiction universelle par tout pays signataire de la Convention de Genève », a mis en garde le juriste international Juan Garcès à Madrid le 18 décembre.

L’ancien conseiller de Salvador Allende  s’exprimait dans une conférence internationale à la Casa de America sur la crise iranienne et ses solutions. Il était entouré de parlementaires et de personnalités espagnoles et internationales et de Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne.

Voici les points forts de son intervention :

Je suis honoré d’être l’hôte de la Casa de América et je souhaite dire aux Iraniens venus nous voir que l’histoire est profondément ancrée dans le pays où ils se trouvent à présent. Córdoba est juste à quelques kilomètres de Madrid, où l’un des plus illustres philosophes d’Al-Andalus a développé la théorie de la controverse et de la divergence dans l’interprétation des textes religieux, un problème toujours très contemporain du monde islamique et où votre mouvement est toujours en première ligne. Nous nous trouvons dans un endroit du nom de Gabriela Mistral, qui était non seulement un grand écrivain, la seule espagnole à recevoir le Prix Nobel, mais qui a aussi été une grande combattante des droits des femmes et de l’égalité de traitement pour les femmes.

Vous êtes aussi sur la terre de Juan de Mariana, qui était un penseur, un théologien du 16e siècle, de l’Aragon, qui est aussi à quelques kilomètres de Madrid,  qui a développé et conçu l’idée de la résistance à l’oppression, à l’absolutisme, à tel point que récemment un professeur de l’université de Paris, Françoise Guillaume, a exploré la relation entre cette théorie sur l’absolutisme et la tyrannie dans les travaux de Juan de Mariana, sur la base de la Loi naturelle, et la pensée qui sous-tend les valeurs de la Révolution française, et comment ce principe se matérialise dans des documents, pas seulement les documents français de la Révolution française. Le droit à la résistance et à l’opposition est un droit qui apparait dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi que dans la Charte de Virginie et dans les textes fondateurs des Etats-Unis. A tel point que, continue ce professeur de la Sorbonne, le symbole de la Révolution française est Marianne, la traduction de Mariana, car en pleine révolution les contre-révolutionnaires taxaient les révolutionnaires de Marians. Cela illustre combien la bataille pour la résistance que vous incarnez et dont vous faites partie est liée à un aspect de la bataille et de la pensée de l’Espagne et aussi à Al-Andalous dans le cas d’Averroès, le philosophe dont j’ai parlé au tout début.

Pour les Espagnols qui sont ici aujourd’hui, je souhaite expliquer l’importance extraordinaire d’un événement – un événement tragique pour l’Iran – comme le renversement du gouvernement démocratique du Dr Mossadegh qui a plongé le pays dans une longue dictature qui a duré plus de 25 ans. Le mouvement dans lequel Mme Radjavi et tous ceux qui sont ici se battent et s’est battu contre cette oppression, exerçant le droit à la résistance et à l’opposition à la dictature du chah.

Malheureusement, la période de liberté qui a commencé après la fin de la dictature n’a pas duré et une nouvelle tyrannie, avec d’autres principes, est à présent au pouvoir dans le pays et nous connaissons tous très bien le niveau et la profondeur de la répression. En même temps, on peut considérer que la résistance en Iran est non seulement profondément enracinée, mais qu’elle est aussi soutenu actuellement par un puissant courant du droit international.

Plus récemment, en Irak après l’intervention américaine en 2004, les réfugiés de la Résistance iranienne ont reçu le statut de personnes protégées sous la 4e convention de Genève, par les troupes d’intervention qui agissaient à l’époque sous l’autorité du mandat du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette classification est très significative d’un point de vue juridique, parce que cela veut dire que ne pas reconnaître les droits fondamentaux protégés par cette Convention – le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit à la santé, le droit à une alimentation de base, le droit à la propriété – ne pas reconnaitre de tels droits est considéré comme un crime de guerre. Malheureusement depuis 2009 quand le gouvernement irakien a pris en main la sécurité de cette ville – une des plus belles villes d’Irak, entièrement érigée du néant par la résistance iranienne – les réfugiés d’Achraf ont été soumis à de constantes violations des garanties établies par la 4e convention de Genève. Cela signifie que les coupables de ces violations ont commis un délit classifié de crime de guerre avec des circonstances aggravantes et qu’ils peuvent être poursuivis sous le principe de la juridiction universelle par tout pays signataire de la Convention de Genève.

Malheureusement, la situation qui a commencé en 2009 à Achraf a perduré jusqu’à ce jour, la plupart des habitants de cette très belle ville ayant été forcés de partir dans une sorte de camp de concentration, d’une très petite surface, dans des conditions qui peuvent à peine être qualifiées d’humaines, comme l’a reconnu récemment un comité de l’ONU cité par Mme Radjavi. Et cette situation est le résultat de diverses causes : l’une est l’influence du régime iranien sur le gouvernement irakien actuel, pour maintenir les réfugiés dans des conditions totalement inacceptables d’un point de vue du droit irakien comme du droit international. Mais c’est aussi le résultat du désir d’attaquer un symbole de la résistance tel qu’Achraf. Et en ce moment, ce désir d’attaquer n’est pas simplement fortuit vis-à-vis de la liberté des gens, il se reflète aussi dans la volonté de s’emparer des biens, des terres, des bâtiments, de l’infrastructure de cette grande ville, une ville magnifique construite par le mouvement des Moudjahidine du peuple.

Contre cette situation, les Iraniens en Irak ne sont pas seuls, pas plus que les Iraniens en Iran qui résistent à l’oppression. Les meilleurs vœux et la meilleure contribution que je puisse faire, c’est de souhaiter que les Iraniens trouvent leur voie face à cette situation et instaurent un gouvernement démocratique, un gouvernement pluraliste, et comme l’a dit Mme Radjavi, la liberté, l’égalité et la démocratie fondée sur la souveraineté populaire et la séparation de la religion et de l’Etat. Dans cet effort, ils trouveront à n’en pas douter beaucoup d’amis, en particulier en Espagne.

 

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe