vendredi, février 3, 2023
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceLes Nations Unies à Bagdad ont prévenu de l’entrée des blindés à...

Les Nations Unies à Bagdad ont prévenu de l’entrée des blindés à Achraf les ambassades occidentales – Me Garcès

CNRI – « Les Nations Unies à Bagdad ont prévenu de cette entrée des blindés les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni, la délégation de l’Union européenne, les forces armées américaines, les Nations Unies à Genève, les Nations Unies à New York. Elles ont informé que la veille, le mercredi, une représentation des Nations Unies était allée à Achraf et avait vu chez les résidents une psychose des massacres que les Nations Unies considéraient comme inacceptables, les massacres à venir. À 7 h 45, toutes les institutions concernées étaient prévenues que l’attaque avait en fait commencé. Les forces armées américaines étaient déjà en place aux environs d’Achraf en tant qu’observateur de ce qui se passait, à la demande, et prévenues par les Nations Unies », a déclaré l’avocat international Juan Garcès le 13 avril à Paris.

Il s’exprimait dans une conférence internationale, en présence de hauts dignitaires américains et européens et de Mme Radjavi, présidente élue de la résistance iranienne. La conférence portait sur le massacre commis à Achraf par les forces irakiennes.

C’est avec une grande amertume que je prends aujourd’hui la parole devant vous car ces 34 morts, j’en suis persuadé, on aurait pu les éviter. Je vais vous donner, après avoir entendu les interventions très engagées, très justes dans leurs propos, quelques éléments pour que vous jugiez vous-mêmes pourquoi on aurait pu empêcher ces morts-là.

C’était un meurtre annoncé. Depuis un an, la population d’Achraf est soumise aux bombardements acoustiques, à une torture mentale dont j’avais prévenu les responsables des Nations Unies comme étant destinée à affaiblir la capacité de résistance face à une attaque qui allait venir. Au mois de février, il y a eu déjà une amorce d’attaque physique.

Mais figurez-vous que jeudi dernier, à 7 h 45, heure de Paris, mon téléphone sonne ; au bout du fil, ce sont les Nations Unies à Bagdad qui me disent : « Des blindés sont en train d’entrer à Achraf par le nord, le sud, l’est et l’ouest ».
Les Nations Unies à Bagdad ont prévenu de cette entrée des blindés les ambassades des États-Unis et du Royaume-Uni, la délégation de l’Union européenne, les forces armées américaines, les Nations Unies à Genève, les Nations Unies à New York. Elles ont informé que la veille, le mercredi, une représentation des Nations Unies était allée à Achraf et avait vu chez les résidents une psychose des massacres que les Nations Unies considéraient comme inacceptables, les massacres à venir.

À 7 h 45, toutes les institutions concernées étaient prévenues que l’attaque avait en fait commencé. Et l’information que j’ai reçue à 7 h 45, heure de Paris, était que les forces armées américaines étaient déjà en place aux environs d’Achraf en tant qu’observateur de ce qui se passait, à la demande, et prévenues par les Nations Unies.

Vers 10 h, 11 h du soir, toujours heure de Paris, je reçois un échange de courrier électronique entre le département d’État des États-Unis et les Nations Unies, transmettant un câble d’un général irakien dont je ne connaissais pas le nom en disant : « Prévenez l’Organisation des moudjahidines du peuple que les troupes irakiennes vont entrer dans le camp ». 11 h du soir, le département d’État était donc prévenu de cette entrée.

Le représentant des Nations Unies me dit qu’il prévient tout le monde. Il rappelle encore le secrétariat d’État, l’ambassade des États-Unis, du Royaume-Uni, la délégation de l’Union européenne, les Nations Unies, les sièges à Genève et à New York. Je perçois que l’on se passe la barre de l’un à l’autre. Chacun regarde l’autre pour faire quelque chose. Les Nations Unies elles seules ne peuvent pas empêcher ce qui va être à un massacre.

Alors j’ai senti les représentants des Nations Unies s’adressaient surtout au département d’État, ont demandé une démarche diplomatique auprès des autorités de l’Irak pour un massacre qui était en train de s’avancer.

À 7 h du matin, vendredi, heure de Paris, l’information que j’ai reçue, toujours des Nations Unies, était : « Il y a déjà 12 morts. Vers 9 h du soir, hier, les forces américaines se sont retirées d’Achraf ».

Donc à peu près à l’heure où le général irakien annonçait qu’il allait entrer dans Achraf, il annonçait aussi au State Department que les forces américaines se retiraient d’Achraf. Peut-être que cela vous intéressera par rapport à l’analyse que vous avez faite, et que je partage, bien sûr.

Donc c’était parfaitement évitable. Il y avait huit heures entre 7 h, lorsque les personnes concernées ont été prévenus et le moment du commencement de l’attaque. Huit heures. Pendant ces huit heures, personne n’a rien fait ! On n’a rien fait pour éviter le massacre. C’est la réalité.

Bien sûr que les faits sont là, les personnes assassinées sont là, la menace d’un nouveau massacre est là.

En tant que juriste, je dois dire que le cadre légal de ces faits est la convention de Genève. Ils ont se vu reconnaître en juillet 2004 lorsque les États-Unis assistaient en Irak, sous son mandat déjà du conseil de sécurité, une décision prise dans le cadre du chapitre 7 de la Charte des Nations Unies.

Une violation de la Convention de Genève, en termes de droit, c’est un crime de guerre. C’est donc un crime de guerre qui a été commis à Achraf vendredi dernier.
Les responsabilités directes sont assez faciles à décerner. Je parle seulement des responsabilités directes. Je laisserai à d’autres chercher les responsabilités indirectes. Je dois vous dire que ces responsabilités directes sont déjà assez avancées. Quelques jours avant, une cour de justice au monde qui a accepté de faire une recherche depuis la première attaque en juillet 2009. Elle applique la Convention de Genève en conformité avec les engagements internationaux en signant cette convention par l’État espagnol.
Elle applique également les principes du Traité de Rome, qui a créé la Cour pénale internationale, d’après lesquels toutes les cours d’État se trouvent dans une position de complémentarité par rapport à la responsabilité de la Cour pénale internationale pour poursuivre les crimes de guerre, parmi d’autres crimes. C’est dans cette perspective et dans ce contexte légal qu’en mars dernier, la cour espagnole a accepté d’élargir la plainte criminelle pour des responsabilités dans les faits à Achraf, des crimes de guerre au seuil même du Premier ministre de l’Irak. Ce sont les plus hauts responsables du comité pour la fermeture d’Achraf, qui sont sous l’autorité directe du Premier ministre d’Irak, qui ont été inculpés.

Avec les événements de la semaine dernière, c’est bien entendu le général qui commandait ces troupes qui va se voir inculper pour sa complicité et sa responsabilité dans le crime de guerre qui a eu lieu, mais c’est également le Premier ministre de l’Irak. Il est protégé par l’immunité d’être Premier ministre en fonction. Nous sommes des gens de droit et nous respectons cette immunité. Mais cette immunité aura d’une date limite, le jour où il ne sera plus Premier ministre. À ce moment-là, il devra répondre de ce qu’il a fait, de ce qu’il a ordonné et de ce qu’il n’a pas fait pour éviter le massacre à Achraf.

Je le dirai doucement, sans hausser la voix : c’est maintenant une question de temps, les mandats d’arrêt internationaux vont être délivrés par Interpol pour l’arrestation des personnes directement responsables du massacre d’Achraf.

Ces mandats seront bien entendu disséminés par Interpol dans tous les pays du monde, et nous aurons l’opportunité de voir à ce moment le besoin, la nécessité de coopération internationale pour faire respecter l’application de la loi aux responsables d’un crime de cette nature.

Je terminerai, probablement vous êtes déjà fatigués par la longueur de cette séance, vous faire part d’une réflexion également. Achraf est le centre de cette réunion, et les morts sont notre premier souci. Rendre justice est également notre première inquiétude. Mais Achraf n’est pas un fait isolé. Si on l’analyse dans un contexte, toutes les forces qui sont en train d’agir autour de ces massacres, on peut élargir le cercle et on peut se poser la question de savoir si ce fait isolément considéré ne fait pas partie de tout un réseau de circonstances internationales qui concernent plusieurs États et n’est pas lui-même l’indice d’une possible menace à la paix internationale, dans une autre dimension.

Si cette réflexion, au point de vue des ressources légales pour y faire face, nous faisait regarder vers le Conseil de sécurité, je crois qu’il faudrait commencer à réfléchir là-dessus et peut-être agir à temps afin d’éviter de nouveaux massacres à Achraf et, dans une autre dimension, dans d’autres pays de la région.

 

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe