vendredi, décembre 2, 2022
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Les Moudjahidine du peuple d’Iran, un mouvement de Résistance intègre

Mise au point

par Afchine Alavi

CNRI – L’article du 18 juillet 2007 signé M. Joan Tilouine intitulé : "l’Etiquette terroriste colle à la peau des moudjahidine" sur le site Bakchich.info lève d’une manière remarquable les dessous de l’affaire concernant le refus de l’UE d’appliquer la décision de justice du tribunal de première instance de la communauté européenne à Luxembourg annulant l’inscription de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) sur la liste du terrorisme européenne. On peut regretter qu’une affaire d’une telle importance n’a que très peu attiré l’attention des grands médias.

Mise au point

par Afchine Alavi

CNRI – L’article du 18 juillet 2007 signé M. Joan Tilouine intitulé : "l’Etiquette terroriste colle à la peau des moudjahidine" sur le site Bakchich.info lève d’une manière remarquable les dessous de l’affaire concernant le refus de l’UE d’appliquer la décision de justice du tribunal de première instance de la communauté européenne à Luxembourg annulant l’inscription de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) sur la liste du terrorisme européenne. On peut regretter qu’une affaire d’une telle importance n’a que très peu attiré l’attention des grands médias.

J’ai toutefois quelques précisions à apporter sur quelques références dans cet article tiré auprès de sources accusatrices qui tentent de jeter la confusion sur la nature de la Résistance iranienne, de l’OMPI et du Conseil national de la Résistance dont elle est membre.

Ces sources sont précisément impliquées dans la campagne de diabolisation de la Résistance iranienne. Attachée aux valeurs des droits de l’homme, l’OMPI qui lutte contre la barbarie d’un régime moyenâgeux rejette toute forme de pratique dégradante particulièrement le pratique de la torture et combat en faveur de l’abolition de la peine de mort et s’insurge contre ce genre d’accusation sans fondements. 

L’OMPI n’a jamais commis d’action portant des préjudices à des civils et à des innocents en Iran, elle n’a également jamais commis de violence à l’extérieur de l’Iran. A ce titre l’accusation de l’UE sur "des attentats terroristes contre des ambassades et des installations iraniennes dans treize pays différents" n’est tout simplement qu’un grossier mensonge. Le recours de certains gouvernements à des mystifications aussi flagrantes pour justifier leurs deals avec les mollahs, frôlerait le ridicule s’il ne s’agissait pas d’une affaire aussi grave. En effet nul n’ignore que c’est le régime des mollahs qui a systématiquement torturés et massacré les membres et sympathisants de l’OMPI dans les prisons et éliminé physiquement les représentants de la résistance à l’étranger. 

Cela fait des années que Téhéran mène contre ses opposants une campagne orchestrée par son ministère des renseignements (le sinistre Vevak) en se servant des réseaux d’agents qui se présentent souvent comme des transfuges des Moudjahidine. Le régime tente ainsi de piéger des hommes politiques et des organisations humanitaires dans le monde en cherchant l’effet tache d’huile pour répandre la désinformation. L’ancien  ministre  iranien des renseignements, le mollah Younessi, célèbre pour ses crimes contre les opposants et les intellectuels avait avoué publiquement  il y a deux ans : " J’ai ordonné d’informer les instances internationales des crimes des Moudjahidine pour que le monde entier en ait connaissance". Dori Nadjaf-Abadi qui lui précédait avait avoué avoir dépensé énormément pour financer des transfuges des Moudjahidine du peuple.

Les membres de ces réseaux du Vevak sont connus de la plupart des services de renseignements en Europe. Le rapport publié en 2005 par le BFV (service de sécurité allemand) précise : 

« Le Vevak focalise particulièrement son attention sur l’OMPI et le CNRI. Pour collecter des renseignements et surveiller les activités de ces groupes, le service des renseignements iraniens emploie un réseau d’agents qui ont déserté ces organisations. Les agents, sont invités à voyager en Iran pour des briefings. Au cours de ces entretiens et briefings, ces personnes sont mises sous pression. Pour le recrutement d’agents, le Vevak exerce également des pressions psychologiques sur les personnes visées, par exemple en les menaçant de représailles sur leurs parents vivant en Iran. Ceux qui ne voyagent pas en Iran, sont contactés et dirigés depuis l’Iran par téléphone. »

Jusque là aucune organisation de défense des droits de l’homme ne s’est laissée manipuler par le Vevak, à part l’organisation américaine Human Rights Watch (HRW) cité dans l’article de Bakchich.

Ce rapport erroné d’HRW a soulevé un tôlé de protestations lors de sa parution en 2005, parmi les organisations et les personnalités de défense des droits de l’homme. Pour n’en citer qu’un, Lord Avebury, fondateur du groupe parlementaire britannique des droits de l’homme, a déclaré dans une lettre ouverte à HRW que cette enquête « déshonorante et biaisée a sérieusement terni la réputation de HRW et miné la confiance publique sur l’intégrité » des travaux de cet organisme.

Le rapport d’HRW s’appuie uniquement sur des allégations mensongères obtenues durant une heure seulement d’entretien téléphonique avec chacun des douze "témoins" dont la dépendance au ministère des renseignements du régime des mollahs (Vevak) avait été publiquement dénoncée bien avant la parution du rapport. De l’aveu de l’HRW, nombre de ces interviews téléphoniques ont été réalisées le 6 mai, c’est-à-dire douze jours avant la publication du rapport. On ne sait pas comment HRW, sans même procéder à un examen médical, a pu enquêter dans ce court laps de temps sur les allégations de ces individus qui prétendent avoir subi des tortures physiques. On ne sait pas non plus comment HRW a pu vérifier l’identité de ces individus. HRW n’a pas posé la moindre question à l’OMPI et n’est jamais allé enquêter à la cité d’Achraf de l’OMPI en Irak.

Mohammad Hossein Sobhani, le témoin vedette de l’HRW est un exemple parmi les douze autres. Cet homme qui servait dans l’armée des mollahs s’est infiltré dans les rangs des Moudjahidine et s’est ensuite échappé à la suite de la découverte de ses liens avec le régime. Il est parti en Iran en 2002 et le Vevak l’a chargé de mettre sur pied un réseau d’activités contre la Résistance iranienne depuis l’Allemagne. Un rapport d’enquête d’un groupe du parlement européen publié en France   qui conteste la crédibilité de Sobhani et la véracité du témoignage qu’il a fourni, décrit ses liens avec le Vevak. Ce rapport dévoile qu’à propos de son évasion miraculeuse des prisons iraniennes, "Sobhani a affirmé dans un entretien avec Mahdis, un site Internet iranien, et plusieurs publications, qu’il s’est évadé d’Iran (des mains du Vevak) lors d’une fusillade au moment où on le transférait dans un véhicule d’une prison à l’autre. Mais trois ans plus tard, il a changé de version et prétendu à l’HRW qu’il se serait évadé d’une prison de sécurité médiocre." Les contradictions ne manquent pas dans ses témoignages.

Face aux multiples critiques l’HRW s’est vue obligé d’admettre qu’en fait, Sobhani n’avait pas enduré huit ans et demi en isolement cellulaire au Camp Achraf, comme l’a prétendu le Rapport. Cet individu est actuellement mis en examen auprès du parquet de Paris pour la participation à une agression avec arme blanche contre des réfugiés iraniens le 17 juin 2007 à Paris.

Au moins 500 anciens membres et sympathisants de l’OMPI qui ont quitté les rangs de ce mouvement en toute liberté et qui résident dans les pays européens et aux Etats-Unis ont protesté contre la partialité de ce rapport. Aucun n’a été contacté par l’enquêteur d’HRW qui n’est qu’un Iranien nommé Hadi Ghaemi, membre du comité consultatif du Conseil national irano-américain, un organisme dont l’un des objectifs est d’empêcher le retrait de l’OMPI des listes du terrorisme.

Ce n’est pas un détail à négliger puisqu’il dévoile les motivations réelles de ce rapport tordu. Le communiqué du directeur de la division du Moyen-Orient de HRW trahit d’ailleurs les objectifs politiques du rapport, puisqu’il s’inquiète avec certains milieux aux Etats-Unis du risque de voir retirer le nom de l’OMPI de la liste des organisations terroristes. Fait inhabituel pour une organisation sensé défendre les droits de l’homme, elle évoque les nombreux parlementaires et  personnalités politiques qui ont réclamé le retrait du nom de l’OMPI de la liste noire avant d’ajouter dans l’introduction du rapport : "promouvoir un groupe d’opposition responsable de graves atteintes aux droits de l’homme constituerait une énorme erreur"! On comprend mieux les arrière pensées de ce rapport quand on sait que le chef du comité consultatif pour le Moyen-Orient de HRW n’est personne d’autre que Gary Sick, ancien conseiller en matière de sécurité nationale américain et un des principaux lobbys du rapprochement avec les mollahs aux Etats-Unis. Il avait largement applaudi à l’arrivée d’Ahmadinejad au pouvoir.

Comme pour l’accusation visant à présenter l’OMPI comme terroriste ce sont encore une fois des motivations politiques qui malheureusement sont la source de ces accusations sans preuves.

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