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Les Européens finalisent un projet de résolution contre l’Iran

Agence France Presse – Les Européens finalisent un projet de résolution de l’ONU sur des sanctions économiques et commerciales contre l’Iran qui refuse de suspendre son enrichissement d’uranium, un texte qui pourrait venir la semaine prochaine devant le Conseil de sécurité.

Le projet est rédigé conjointement par les représentants des trois pays qui ont négocié avec l’Iran au nom de l’Union européenne – Allemagne, France et Grande-Bretagne -, en collaboration avec les Etats-Unis. Ces représentants n’ont pas voulu donner jeudi de précisions sur les sanctions envisagées contre Téhéran, suspecté de vouloir se doter de l’arme nucléaire.

Mais selon des responsables à Washington, une première série de sanctions pourrait renforcer l’interdiction de fournir du matériel et des fonds pour le programme de missiles balistiques et le programme nucléaire iraniens.

D’autres mesures pourraient concerner le gel d’avoirs iraniens et l’interdiction de voyager pour des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire et l’armement.

"Je m’attends à ce que le cas de l’Iran (devant le Conseil) soit discuté bientôt", a indiqué à des journalistes l’ambassadeur du Japon Kenzo Oshima qui préside actuellement le Conseil de sécurité. "Cela dépend des progrès sur les consultations menées par les pays concernés", a-t-il ajouté.

"Ce n’est pas une résolution facile. Elle est très technique", a souligné pour sa part Jean-Marc de La Sablière l’ambassadeur de France à l’ONU. Il a espéré un début de discussions vendredi entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Grande-Bretagne, France, Chine, Russie et Etats-Unis) plus l’Allemagne, soit le groupe appelé des 5+1.

Un diplomate occidental a ajouté ne pas prévoir avant la semaine prochaine l’arrivée du texte devant les 15 membres du Conseil de sécurité. "Nous aurons quelques jours entre cette rencontre des 5+1 et les consultations (au sein du Conseil), ainsi les Russes et les Chinois auront le temps de bien étudier le projet", a ajouté ce diplomate.

La semaine dernière, des diplomates de ces six pays avaient finalisé une première liste de sanctions possibles et un premier projet avait été élaboré.

La décision d’avoir une résolution à l’ONU prévoyant des sanctions est intervenue après une série de rencontres infructueuses entre l’Union européenne et l’Iran. Mais alors que les six puissances ont accepté le principe d’appliquer des sanctions contre Téhéran, la Russie et la Chine qui entretiennent tous deux d’importants liens commerciaux avec l’Iran sont réticents à utiliser des mesures punitives.

L’ambassadeur russe à l’ONU Vitaly Churkin a souligné en début de semaine qu’un accord sur un texte prendra du temps.

Les Occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire sous couvert de son programme nucléaire civil mais Téhéran réplique qu’il est de son droit d’enrichir de l’uranium dans le cadre du TNP (Traité de non-prolifération nucléaire).

L’Iran a ignoré le 31 août la date limite fixée par le Conseil de sécurité pour suspendre son programme d’enrichissement d’uranium.

Jeudi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a répété que l’Iran ne cédera pas d’un pouce sur son programme nucléaire sensible. "L’enrichissement d’uranium et la maîtrise du cycle du combustible nucléaire font partie des principales revendications du peuple iranien", a-t-il ajouté lors d’un discours télévisé.

Mercredi, le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani avait averti qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Iran ne ferait que "radicaliser" la situation et repousser la possibilité de régler la crise autour de son programme nucléaire.