vendredi, février 3, 2023
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Les banques iraniennes sentent la chaleur monter

Par Con Coughlin

The Telegraph, 6 juillet – Cela a mis longtemps à se faire sentir, mais des fissures indéniables commencent à apparaître dans l’édifice du régime autocratique de président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Depuis que les ayatollahs ont renversé le chah et saisi le contrôle du pays dans la révolution sanglante de 1979, le gouvernement de la République islamique a dû sa survie à une combinaison de répression brutale et une infrastructure de sécurité hautement efficace contrôlée par les gardiens de la révolution.

La plupart des professionnels et des classes moyennes du pays ont été éliminés après l’arrivée au pouvoir de Khomeiny et des tentatives suivantes par d’autres éléments modérés pour adoucir la rhétorique révolutionnaire ont été réprimés. Une campagne du Mouvement réformiste iranien en 2000 pour rendre le pays plus démocratique et le gouvernement plus responsable a échoué quand son dirigeant a été tué d’une balle dans la tête par un jeune  fanatique religieux.

Plus récemment, M. Ahmadinejad, un ancien commandant des gardiens de la révolution, a écrasé toute tentative d’opposition, fermant des journaux et censurant l’accès à l’Internet.

Cela rend les émeutes récentes sur la mise en place du rationnement de l’essence des plus encourageantes. Nous avons là un pays noyé dans le pétrole – l’Iran produit 4,3 millions de barils par jour et possède les deuxièmes plus grandes réserves pétrolières connues du monde – et cependant il ne peut fournir les quantités suffisantes de matériel raffiné pour répondre aux besoins de ses 65 millions d’habitants.

La raison de cette situation ridicule est simple. L’insistance du régime à trop détourner son énergie et ses ressources dans la poursuite du Saint Graal de l’enrichissement nucléaire et les sanctions économiques de l’ONU que la politique a provoquées, signifie que les ayatollahs sont incapables d’entretenir les installations de raffinage du pétrole.

M. Ahmadinejad, bien sûr, s’accroche toujours à la fiction que les sanctions n’ont aucun impact sur l’économie iranienne, affirmant qu’elles font simplement partie d’une campagne de guerre psychologique lancée par l’Administration Bush pour provoquer un mécontentement.

Mais la population qui souffrent depuis longtemps a été mise face à la réalité de la situation économique de l’Iran – l’inflation est à 17 % et le gouvernement n’a pu atteindre aucun de ses objectifs de croissance – quand le gouvernement a annoncé qu’il rationnait l’essence à 100 litres par mois pour chaque ménage – l’équivalent de deux pleins de réservoirs pour une voiture de famille moyenne.

Cette fois, le régime a été incapable de contenir la colère des Iraniens ordinaires, qui sont descendus dans les rues par dizaines de milliers pour faire éclater leur colère. On estime que 30 % des stations-service du pays ont été détruites dans l’orgie de violence et de destruction qui a balayé le pays, la plus forte éruption de protestations depuis une décennie.

Malgré  les efforts de M. Ahmadinejad pour écarter l’effet des sanctions, le fait est qu’elles ont mis l’économie iranienne à genoux et continueront de le faire, particulièrement si la Grande-Bretagne et l’Amérique réussissent à persuader l’ONU de les durcir pour punir Téhéran qui refuse de couper son programme d’enrichissement nucléaire.

L’ONU a d’abord imposé des sanctions en janvier, visant à limiter le développement de son programme nucléaire. Les sanctions ont été renforcées en mars avec un gel limité de ses avoirs et un embargo en armes.

Il y a des signes encourageant montrant que les sanctions ont jeté la panique dans le régime. La dernière en date indiquant que M. Ahmadinejad sent monter la chaleur, vient des experts bancaires conseillant l’ONU, disant que Téhéran a récemment ordonné le retrait de millions de dollars de dépôts des banques iraniennes en Europe, un mouvement visant à empêcher un gel des fonds par un durcissement des sanctions de l’ONU.

Un fonctionnaire m’a dit cette semaine que le gouvernement iranien avait ordonné le transfert "de dépôts liquides significatifs" en Iran.

Des diplomates britanniques à l’ONU veulent une nouvelle résolution qui imposeraient des restrictions sévères au mouvement de transport aérien et maritime de l’Iran, tout en gelant les avoirs des banques iraniennes soupçonnées de fournir des fonds au programme nucléaire illicite.

Deux banques ont déjà été mises sur la liste noire par le Trésor américain : la Banque Saderat, à cause de sa participation présumée dans le financement du Hezbollah et la Banque Sepah, parce qu’elle est soupçonnée de fournir les finances pour le programme nucléaire. Une autre banque iranienne avec des bureaux en Europe, la Banque Melli, est aussi sous la surveillance de l’ONU et des autorités américaines sur des allégations disant qu’elle est impliquée dans le financement du programme nucléaire de l’Iran.

Comme avec le rationnement d’essence, le retrait de fonds de l’Europe vers l’Iran sent le désespoir. "Ne faites aucune erreur, c’est une opération de transfert d’argent effrénée," a expliqué un conseiller de l’ONU. "Si l’Iran retire tous ses fonds de ces banques, elles pourraient faire faillite."

L’argent recouvré de l’Europe peut aider à soulager les difficultés du gouvernement iranien à court terme, mais il ne sera pas suffisant pour rétablir sa réputation dans la compétence économique.

Ce qui est une bonne nouvelle pour ceux qui croient que le changement de régime à Téhéran est la seule façon d’éviter les conséquences catastrophiques d’un conflit militaire sur le programme nucléaire iranien. Les sanctions contre l’Iran fonctionnent : ajoutons-en !
 

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