dimanche, décembre 4, 2022
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Les ambitions nucléaires onéreuses de Téhéran

Les ambitions nucléaires onéreuses de Téhéran De Iason Athanasiadis

The Washington Times – Les menaces de restrictions financières internationales résultant de l’épreuve de force autour du programme nucléaire de l’Iran ont poussé les Iraniens à se bousculer pour sortir leurs économies du pays, ou si cela n’est pas possible, à les convertir en or.

On estime que 200 milliards de dollars ont quitté le pays depuis l’élection l’année dernière de Mahmoud Ahmadinejad en tant que président, accompagné d’une panique pour l’achat d’or. La bourse iranienne a perdu environ 20 pourcent de sa valeur alors que d’autres bourses de la région ont connu une augmentation.

« L’effet le plus palpable de la menace de sanctions dans le secteur privé se résorbe », a déclaré Farhad Sanadizadeh, consultant en pétrole et en gaz basé à Téhéran qui s’est séparé de 40 employés ces six derniers mois. « Un grand nombre de sociétés n’embauchent plus et réduisent leurs effectifs. »

La semaine dernière, on a appris que la plupart des banques européennes ne facilitaient plus les transferts d’argents provenant de banques iraniennes. L’Iran a déjà retiré une grande partie de ses capitaux des banques européennes, selon la presse, craignant un gel éventuel de ses actifs.

L’Iran affirme avoir le droit de générer de l’énergie atomique et insiste sur le fait que son programme nucléaire est uniquement pacifique, mais les Etats-Unis et la plupart de ses alliés pensent que le pays mène un programme d’armes secret.

Les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU et l’Allemagne, qui se sont rencontrés jeudi à Vienne, en Autriche, ont offert à Téhéran des avantages en échange de la suspension de son programme nucléaire. Washington a proposé de se joindre aux négociations directes avec Téhéran s’il acceptait de stopper l’enrichissement d’uranium pouvant être utilisé dans la production d’armes.

Les dirigeants iraniens n’ont pas répondu directement à cette offre, mais un haut responsable, l’ayatollah Ali Khamenei, a répété dans un discours diffusé hier à la télévision nationale que l’Iran n’abandonnerait pas ses droits à la production de combustible nucléaire.

« Si vous faites une erreur quelconque, l’approvisionnement en énergie provenant de la région sera sérieusement compromis. Vous devez savoir cela », a-t-il ajouté dans ce qui a été perçu comme un avertissement à Washington contre une action militaire.

Les Etats-Unis font pression pour l’adoption de sanctions de l’ONU si Téhéran ne respectait pas les requêtes du Conseil de Sécurité. Dans ce contexte de tension croissante, les prix des produits de base importés ont augmenté en Iran.

L’inflation importante en Iran, estimée à 12 pourcent, accompagnée de l’effet de la fièvre des sanctions, ont fait augmenter les prix de l’huile alimentaire et du blé depuis le Nouvel An persan le 21 mars.

Hossein Mohammadi, réfugié afghan âgé de 24 ans, gagne sa vie en faisant le ménage dans des maisons de la capitale iranienne après avoir quitté sa patrie en guerre pour la stabilité de son voisin occidental.

Ces jours-ci, marchant sur les boulevards jonchés d’arbres du nord de Téhéran, où afflue en fin d’après-midi une foule de familles et de jeunes gens, il s’inquiète de plus en plus à propos des sanctions imposées sur son pays adoptif.

« La dame pour qui je travaille a déjà vendu sa Peugeot 206 [voiture française coûteuse assemblée en Iran] parce qu’elle dit que s’il y avait un embargo économique, l’essence et les pièces détachées deviendraient si chères qu’elle resterait à rouiller dans le garage », a-t-il dit.

Beaucoup d’Iraniens restent méfiants face à l’imminence des sanctions. Certains avancent que la pénurie faisait partie du quotidien dans les années 1980, pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak qui a duré huit années et qui a mené à l’isolation internationale de l’Iran et à un régime de rationnement.

L’annonce en avril que l’Iran avait maîtrisé le cycle du combustible a fait appel au sentiment nationaliste des Iraniens, leur faisant penser que leur pays avait atteint un niveau de sophistication technologique lui permettant de se placer aux côtés des nations occidentales les plus avancées.

Cependant, tous les Iraniens ne soutiennent pas le programme nucléaire. Il existe une minorité silencieuse importante qui dit que, bien que c’est le droit de leur pays de générer de l’énergie nucléaire en vertu du Traité de Non-prolifération, le prix à payer est trop grand.

« Etape par étape, [le processus de sanctions] se met en marche, et la faute entière incombe à Ahmadinejad qui insiste pour avoir un programme nucléaire », a déclaré Hamid Abedi, réparateur de meubles de 45 ans qui arrondit les fins de mois en circulant le soir dans sa voiture à la recherche de passagers.

« Quel est l’intérêt d’avoir l’énergie nucléaire si l’on est privé de tout le reste ? »

 

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