Dans un effort pour renverser le gouvernement de Haider al-Abadi, le régime iranien – avec l’aide de miliciens chiites et de l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki – empêchent la résolution de la crise en Irak.
Bruxelles, L’Association européenne pour la Liberté de l’Irak (AELI) – Après presque un an d’espoirs initiaux pour résoudre la crise en Irak et pour parvenir à une véritable réconciliation nationale et à la mise en place d’un gouvernement inclusif capable de surmonter cette crise interne, non seulement aucune action n’a été entreprise pour renverser la tendance, mais au contraire, la situation en Irak s’est détériorée. Les citoyens irakiens – qui ont souffert de plusieurs décennies de violence et d’oppression – sont maintenant témoins de la destruction de leur pays.
Selon des officiels, aucun des accords politiques sur la base desquels le gouvernement d’al-Abadi a été formé n’a été respecté, notamment la loi d’amnistie qui était censée inclure les personnes ayant été arrêtées par Maliki et ayant été contraintes de faire de faux aveux sous la torture.
Dans un nouveau projet de loi, toutes les personnes qui étaient censées être couvertes par cette amnistie en ont été exclues. En effet, la nouvelle loi intitulée « Audit et Justice » ne fait rien pour la réconciliation nationale et dans une autre loi, intitulée « Garde nationale », les demandes des provinces sunnites qui ont été réprimées sous le gouvernement Maliki n’ont pas été prises en compte.
Tous les indicateurs – notamment les déclarations des fractions de l’opposition politique en Irak et de nombreux articles de presse – indiquent que l’Iran utilise son protégé al-Maliki et les milices chiites pour renverser le gouvernement al-Abadi, en sapant ses efforts pour l’unité nationale et pour la réconciliation en Irak.
En bloquant tous les efforts du gouvernement d’al-Abadi, le régime iraniens et les milices qui lui sont affidées ont effectivement favorisé l’expansion de Daech et ont augmenté les divisions au sein de la société irakienne. Cette faction chiite, contrôlée par le régime iranien, a empêché que des résidents sunnites dans les zones majoritairement sunnites autour de Bagdad et d’autres provinces sunnites reçoivent des armes et des formations militaires pour pouvoir se protéger plus efficacement contre Daech.
Dans ces zones, des miliciens chiites ont commis de nombreuses atrocités contre des sunnites, ils ont décapité des gens, ils ont brûlé vifs des gens et ils ont tiré des roquettes vers des quartiers résidentielles. La conséquence de ces atrocités a été que certains sunnites irakiens ont soutenu Daech et l’ont préféré aux milices chiites brutales.
Par ailleurs, plusieurs organismes gouvernementaux essentiels, notamment le département de la propagande, la Banque centrale et de nombreuses autres institutions importantes du pays, sont actuellement sous le contrôle direct de Maliki et les paramilitaires commandés par Hadi Amery, Jamal Mohammad Jafar (Abu Mehdi Mohandes) et Falleh Fayaz. Ces trois derniers sont tous des agents connus du régime iranien en Irak.
Les rapports de presse indiquent que la chute de la ville de Ramadi était due à l’attitude de quelques commandants militaires proches de Maliki qui cherchaient à discréditer al-Abadi.
A l’heure actuelle, plusieurs millions d’Irakiens ont été déplacés et sont quotidiennement confrontés à la faim et aux divers dangers. Aussi, plusieurs centaines d’Irakiens sont tués et blessés chaque jour dans des attentats terroristes et il n’y a aucun espoir de voir cette crise prendre fin.
Tout le monde sait que la solution pour l’avenir de l’Irak doit être politique. Sans empêcher les ingérences du régime iranien en Irak, aucun problème dans ce pays ne sera résolu. Malheureusement, à cause de l’indécision et de la politique de complaisance de l’actuel gouvernement américain à l’égard du régime iranien, les mollahs au pouvoir à Téhéran sentent maintenant avoir les mains libres en Irak. Le résultat de cette politique a été l’intensification de l’insécurité, la destruction de l’Irak et une incapacité à lutter efficacement contre Daech.
Nous croyons que les gouvernements occidentaux, en particulier celui des Etats-Unis, doivent empêcher les agissements du régime iranien, des bandes de Maliki et des groupes de miliciens contre le gouvernement de Haider al-Abadi. Il est clair que pour résoudre la crise irakienne, nous devons expulser d’Irak le régime iranien, ainsi que les milices chiites et Maliki qui est une marionnette aux ordres des mollahs au pouvoir en Iran.
Toute coopération des Etats-Unis et de l’Occident avec le régime iranien en Irak sous le prétexte de lutter contre Daech ou sous le couvert de faire aboutir les pourparlers sur le nucléaire, ne peut conduire qu’à l’aggravation de la crise et l’amplification du terrorisme et des conflits interconfessionnels. Cela contribuera à accroître l’influence des milices du régime iranien en Irak dont les agissements ont été pires que ceux de Daech.
Struan Stevenson
Struan Stevenson était un eurodéputé conservateur représentant l’Écosse au Parlement européen de 1999 jusqu’à sa retraite en 2014. Il a été président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l’Irak de 2009 à 2014. Il est maintenant président de l’Association européenne pour la Liberté de l’Irak (AELI).

