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Le simulacre d’élection en Iran : Les solutions des factions pour maintenir la dictature religieuse en place

Le simulacre d’élection en Iran : Les solutions des factions pour maintenir la dictature religieuse en place

Alors que la « présidentielle » iranienne approche, l’opposant iranien Shahriar Kia a écrit dans l’ « American Thinker » le 1er avril 2017 sur la crise complexe que traverse le régime iranien et les luttes intestines entre les factions rivales et l’instabilité politique en Iran.

Les élections iraniennes : une crise de rupture ?

La 12ème élection présidentielle iranienne se tiendra le 19 mai. Ce scrutin se tiendra à un moment où le régime, est confronté à trois crises différentes.

a) Le guide suprême Ali Khamenei, souffrant du cancer de la prostate, voit ses jours comptés et doit désigner un successeur. Depuis mars 2015, il a tenu diverses séances avec les hauts responsables du régime et des pasdaran à cet effet. Khamenei veut que son successeur soit précisé avant sa mort.

b) Une changement majeure de la politique à Washington suite à la fin du mandat d’Obama. Cela a terrifié Téhéran et a placé le régime dans un isolement intense sur la scène internationale et dans la région face aux pays arabes et islamiques.

c) La crise de l’élection présidentielle de mai.

Khamenei, qui a été témoin de la façon dont son système a été mise à genoux lors du soulèvement populaire de 2009, est extrêmement préoccupé par la répétition d’un tel scénario. Dans de telles circonstances, la possibilité que tout son régime s’effondre aux mains d’une population excédée est fort probable. Khamenei cherche à orchestrer correctement l’élection pour ne pas donner de prétexte à des soulèvements populaires.

Contrairement aux points de vue de divers groupes Occidentaux, les désaccords au sein de la faction de Khamenei et ceux qui soutiennent le président iranien, Hassan Rohani, ne découlent pas d’une différence entre deux mentalités dites « modérées » et/ou « radicale ». Le fait est que le simulacre d’élection est un différend au sujet de deux solutions visant à sauvegarder et à maintenir une dictature religieuse au pouvoir, favorisant leur expansion et leurs ambitions.

Toutes les deux factions, y compris Khamenei et celui anciennement représentée par l’influent Rafsandjani, voient la solution dans le recours à la répression intérieure, à l’obtention d’armes nucléaires, à l’ingérence dans les affaires internes d’autres pays comme l’Irak et la Syrie, et le fait de se servir du terrorisme, comme un outil pour poursuivre leur politique étrangère. La seule différence est la manière de progresser dans leur ambition de réaliser ces objectifs. Par conséquent, lorsque nous parlons de deux factions, nous ne devons pas commettre l’erreur de comparer le régime iranien avec les démocraties modernes d’aujourd’hui.

Khamenei est considéré comme très faible en raison des crises auxquelles son régime est confronté. Contrairement à l’année dernière, où il attaquait constamment Rohani à cause de l’accord nucléaire iranien, Khamenei a refusé de mentionner les crises politiques actuelles de l’Iran. En outre, après le changement majeur dans la politique des Etats-Unis au sujet de l’Iran, Khamenei a mis de côté ses menaces stéréotypées contre les États-Unis et a maintenu un état d’hésitation dans ses propos.

 

Khamenei et l’organisation de l’élection

Les candidats aux élections présidentielles iraniennes s’inscriront du 11 au 16 avril. Le Conseil ultraconservateur des gardiens de la Constitution, un organe composé de 12 hommes nommé directement ou indirectement par Khamenei, va jauger les qualifications des candidats du 17 au 27 avril. Les élections sont prévues pour le 19 mai.

Les élections présidentielles de l’Iran comportent toujours un grand nombre de candidats. Cependant, les principaux candidats des deux factions principales doivent recevoir l’approbation explicite ou implicite de Khamenei.

« La candidature de Rohani a été confirmée après qu’il ait obtenu l’approbation des hauts responsables de l’establishments », selon le quotidien Ebtekar.

En établissant le « Parti populaire des forces révolutionnaires » et l’appartenance des mêmes personnes qui ont hissé le fougueux Mahmoud Ahmadinejad en tant que président lors des élections de 2005, Khamenei a illustré la façon dont il entend orchestrer la prochaines élection.

Dans son message du « Nowrouz » marquant le Nouvel An du calendrier iranien, Khamenei en est venu à admettre son rôle dans les résultats de l’élection présidentielle de 2009.

« Je suis entré dans les élections présidentielles de 2009 et je suis resté ferme », a-t-il déclaré. Dans ses propos, Khamenei a mis en garde contre les élections de mai en déclarant : « Je resterai ferme et j’interviendrai. »

Il est important de noter que le commandement des pasdaran, et en particulier le chef de la Force Al-Qods, Qassem Soleimani, veulent la candidature d’Ibrahim Ra’isi, qui est également considéré comme l’une des options de Khamenei comme successeur. Khamenei doit d’abord prendre une décision finale en ce qui concerne la candidature de Ra’isi aux élections de mai. S’il s’inscrit comme candidat et ne parvient pas à devenir président, ses chances pour succéder à Khamenei seront gravement compromises. Et si Khamenei cherche à désigner Ra’isi comme le prochain président à tout prix, il se confronte à la grave possibilité d’inciter à des soulèvements populaires.

Quel est le pronostic ?

Naturellement, en raison des divers facteurs auxquels Khamenei et les factions du régime sont confrontés, faire des prévisions sur l’avenir proche est une tâche très difficile. Cependant, Khamenei a trois scénario face à lui :

Eliminer Rohani et choisir un candidat répondant à ses normes et à celles des pasdaran. 

Rohani est gravement affaibli après avoir perdu Rafsandjani, considéré comme un pilier majeur dans l’appareil du régime. Il sera réélu président à la condition de succomber à l’hégémonie de Khamenei et des pasdaran. 

Rohani considère que Khamenei est faible dans le rapport des forces et se positionne en tant qu’un grand adversaire contre sa faction. 

Bien sûr, Khamenei préfère réaliser le premier scénario. Si la crainte des soulèvements populaires annule cette possibilité, il cédera au deuxième scénario.

Bien que Rohani soit en faveur du troisième scénario, compte tenu des conditions de la poudrière de la société et de la perte du soutien de Rafsandjani, un tel tournant serait considéré comme dangereux pour les deux factions du régime. Ce résultat peut mettre fin à la peur du public de la machine de répression domestique du régime et déclencher un nouveau soulèvement national. Il s’agit d’une ligne rouge pour toutes les deux factions iraniennes.

Ceux qui soutiennent Khamenei, et en particulier les pasdaran, cherchent à éliminer Rohani de ces élections. Cependant, Khamenei ne peut prendre des mesures très audacieuses et s’opposer officiellement à la candidature de Rohani. Lors de la confirmation de la candidature de Rohani, Khamenei lui a demandé de tenir des réunions de coordination avec Soleimani et le chef des pasdaran, Mohammad Ali Jafari. Cette demande nous rapproche plus du deuxième scénario.

Cependant, le peuple iranien et son opposition organisée, symbolisée par le Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI), considèrent ces élections sous le régime des Mollahs comme sans fondement et exigent des élections libres et équitables organisées sous les auspices des Nations Unies. De tels scrutins ne sont possibles que grâce à un changement de régime en Iran et à la mise en place d’un système démocratique.

Source: American Thinker

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