mardi, décembre 6, 2022
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Le régime de l’Iran a utilisé le chantage et la désinformation en occident (F. Colcombet)

CNRI –  « Le régime iranien n’est pas un régime comme les autres. L’existence d’une constitution est un leurre. L’Iran a une constitution qui a l’apparence de la démocratie mais qui est coiffé par un système par lequel quelqu’un est en contact directement avec Dieu et intervient à tout moment de la vie politique », a expliqué l’ancien magistrat François Colcombet lors d’une réunion à l’Assemblée nationale.

CNRI –  « Le régime iranien n’est pas un régime comme les autres. L’existence d’une constitution est un leurre. L’Iran a une constitution qui a l’apparence de la démocratie mais qui est coiffé par un système par lequel quelqu’un est en contact directement avec Dieu et intervient à tout moment de la vie politique », a expliqué l’ancien magistrat François Colcombet lors d’une réunion à l’Assemblée nationale.

Le 25 octobre, le Comité Français pour un Iran démocratique invitait un Think-tank américain, Iran Policy Committee. Parlementaires et personnalités politiques françaises et américaines ont débattu des solutions devant la menace que constitue le régime iranien. Le sénateur Jean-Pierre Michel, le député Pascal Terrasse, l’ancien secrétaire d’Etat Alain Vivien, le président du Conseil français des démocrates musulmans Abderrahman Dahmane, l’ancien secrétaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA Georges Le Guelte, l’ancien Premier ministre algérien Sid Ahmad Ghozali, et le Pr. Raymond Tanter de l’université de Georgetown aux USA sont intervenus.

Voici l’intervention de M. Colcombet.

Les propos qui viennent d’être tenus montrent que contrairement à ce que nous disons, tous les éléments du drame sont en place. Moi je suis de ceux qui pensent que la probabilité d’une guerre est beaucoup plus grande qu’on ne le croit. Elle peut dépendre bien entendu des Etats-Unis, mais elle peut dépendre aussi d’Israël qui peut avoir la politique, mettons-nous à leur place, de forcer la main aux Etats-Unis, car les Etats-Unis ne pourront pas ne pas soutenir leurs alliés traditionnels si quelque chose est déclenché. Le comportement actuel d’un pays comme la Turquie est très révélateur d’une inquiétude très grande dans toute la région. La Turquie qui attaque le PKK, attaque aussi indirectement une partie de l’Irak. A mon avis les éléments du drame sont en place.

Personnellement, je suis un peu scandalisé, et même un peu désespéré de voir que  les partis politiques français, le gouvernement, je veux parler de la France, les gouvernements dans leur ensemble, n’ont pas mesuré la gravité de la situation.

Le premier point qui est sûr et qui est établi, c’est que le CNRI que nous soutenons est la seule force d’opposition démocratique importante organisée existante contre le régime iranien. C’est la première constatation.

C’est un mouvement qui a fait ses preuves, qui s’est opposé au chah autrefois, qui a tenté l’expérience républicaine pendant quelque temps et qui a tout de suite été expulsé puisque, je pense qu’ils ont dû resté deux ans en quelque sorte en Iran. Ils ont été toujours dans l’opposition, et cela fait maintenant 40 ans.

Ensuite, c’est un mouvement qui a continué d’exister, qui existe et on le connaît. Ensuite, ce qui est peut-être plus important, c’est qu’il ne s’oppose pas à n’importe quel régime.   Le régime iranien n’est pas un régime comme les autres, contrairement à ce qu’on dit quelque fois. L’existence d’une constitution est un leurre. Je préside en France la convention pour la VIe république, je critique le système républicain français en disant qu’il est trop présidentialiste. Mais il est vrai que dans mon exploration des constitutions de tous les pays, je n’ai lu qu’un cas comme l’Iran, qui a une constitution qui a l’apparence de la démocratie mais qui est coiffé par un système par lequel quelqu’un est en contact directement avec Dieu et intervient à tout moment de la vie politique : autorise les gens à se présenter ou non, annule les élections, pousse les gens à la démission, etc.

Ceci n’existe dans aucun pays au monde. C’est donc une illusion compète de démocratie et ne cache pas la vérité du programme qui appartient aux islamistes de la pire espèce.

Ajoutons pour faire une parenthèse que je ne suis pas contre la religion. Je suis moi-même catholique, j’ai des amis chi’ites, des amis de toutes les religions et beaucoup qui n’ont pas de religion. Dans la démocratie précisément, on doit pouvoir exercer sa religion, mais toutes les religions, et la religion ne doit pas interférer sur le régime, c’est la grande expérience de la France. La loi de 1905 est une loi qui vaut pour tout le monde. 

Ces choses étant dites, le régime iranien qui est au pouvoir depuis longtemps, a usé à l’égard des pays occidentaux de quatre méthodes que maintenant je connais bien.

– La première : il a fait appel à l’angélisme des occidentaux, à leur paraître et à leur goût du confort. L’angélisme c’est Khatami. On présente quelqu’un qui a les apparences d’être convenable, de façon à atténuer la force critique et on oublie que Khatami a été un de  propagateurs de la guerre islamique à travers tout le Moyen-Orient, qui a été celui qui a martyrisé les Moudjahidine du peuple, ou celui qui incitait les petits enfants iraniens à se lancer sur les champs de mines avec une petite clé qui leur permettait d’aller au paradis. C’est ce personnage là que l’Europe entière, le parlement français, a considéré comme un modéré à qui on pouvait faire confiance. Il faut le dire, le redire : on s’est fait leurrer, on s’est fait leurrer et pourquoi ? Parce qu’on l’a bien voulu. Parce qu’on n’a pas eu le courage de voir les choses telles qu’elles l’étaient. Ce qui a été dit tout à l’heure sur l’énergie atomique a été réédité. Sur l’énergie atomique c’est en grande partie par volonté de s’aveugler que les régimes occidentaux ont tout accepté.

– La deuxième méthode, ça a été la désinformation. Ce régime a désinformé en particulier sur ses opposants. La façon de diaboliser les Moudjahidine du peuple et le CNRI est  très typique d’une technique qui a été portée à un grand point. Ils publient des livres pour démontrer que ce sont d’horribles terroristes, qu’ils ont absolument tous les torts. On leur reproche précisément ce que l’on  fait à l’intérieur. C’est une méthode à laquelle les opinions publiques ont cru un instant.

– Ce qui a permis de développer deux autres techniques, très typiques de ce régime : l’une qui est le chantage. La prise d’otage systématique, depuis le début du régime, et qui a duré très longtemps, qui est une des caractéristiques de ce régime. Il y a eu la prise d’otages des Américains qui se trouvaient encore là-bas, mais ensuite il y a eu pratiquement dans tous les pays du Moyen-Orient des prises d’otages bien ciblées de journalistes français, de diplomates, etc. de façon à pouvoir négocier derrière et obtenir quoi ? Obtenir l’expulsion de France d’un représentant du CNRI, et des choses comme celle-ci ou bien l’expulsion de tous les militants du CNRI qui ont été envoyés au Gabon et qui heureusement sont revenus grâce au conseil d’Etat. Cette technique est très typique du système.

– Et le dernier  point, celui qui marche parfaitement actuellement à l’égard de la France, c’est la corruption. Et quand je parle de la corruption, je parle d’argent. L’Iran est un pays riche, un pays qui a des choses à vendre, un marché important. C’est un pays capable de verser des gros pots de vin. Selon un résumé assez simple des choses exprimé par un journaliste : les moudjahidine sont en prison, l’Iran est content, Total aussi. Il y a une coïncidence extraordinaire de quelques mois entre la rafle de 2003 et les très gros contrats de Total et les autres.

Tout ceci doit être dit et répété par nous qui voulons que la démocratie vienne dans ce pays. On en arrive à deux dossier très symboliques : l’un concerne l’ensemble des pays occidentaux, c’est l’inscription de l’OMPI sur la liste des organisations terroristes. Les Etats-Unis ont commencé par angélisme en quelque sorte. C’était un cadeau de bienvenue à l’arrivée de Khatami au pouvoir. Il faut faire un geste en sa faveur. Que demande-t-il ? Il demande que l’OMPI soit inscrite. On l’a inscrite. Et puis après, une fois qu’on l’a fait on ne va pas se déjuger et on continue. Alors nous sommes heureux d’avoir entendu ce que vous avez dit qui montre, M. le Professeur, que les Américains sont loin de ne pas avoir compris et ont la volonté de revenir sur cette mesure. Ce message est très important pour nous.

Mais les Etats-Unis dans un premier temps avaient persuadé leurs amis anglais de le faire. Ils l’ont fait. Le quels ont persuadé leurs amis espagnols de l’époque, Aznar, qui était à l’époque sur la ligne de Bush, d’obtenir cela de l’Europe. Donc l’Europe a inscrit les Moudjahidine sur la liste des organisations terroristes. Un tribunal européen a annulé cette décision. C’est une décision très, très importante, qui montre que le système démocratique marche dans le pays. Que croyez-vous qu’il soit arrivé ? Les Etats continuent de s’entêter, c’est-à-dire qu’ils violent leur propre politique, leur propre règle. Nous arrivons à un point de confusion qui est à mon avis parfaitement honteux pour nos pays. Sur ce point il faut continuer de combattre.

Espérons que les démocrates anglais obtiendront de la juridiction anglaise l’annulation de l’inscription par l’Angleterre des Moudjahidine sur la liste, parce que si les Américains le font, je pense que la France acceptera enfin de les rayer aussi. Car en France, nous sommes particulièrement entêtés à en vouloir aux Moudjahidine. Les choses se passent comme si nous les avions accueillis, en 1981, pour les avoir sous la main et pour les échanger, une fois contre des otages, une autre fois contre des contrats. C’est ce qui se passe actuellement.

L’affaire de 2003, je l’espère, arrive à sa fin et peut être maintenant décortiquée, grâce aux éléments qu’on a du dossier, qui ont été rendus publics par bribes et que les avocats nous ont fait connaître. L’affaire de 2003 est manifestement un échange : des moudjahidine contre des contrats pétroliers, un marchandage tout à fait de cet ordre là. L’analyse du dossier le fait apparaître très clairement.

Le dossier ne tient pratiquement sur rien. Les écoutes téléphoniques interminables n’établissent rien. Les documents saisis n’établissent rien. Les faux témoins affirment des choses. Alors ces faux témoins sont maintenant bien connus et qu’ayant fait le coup de poing dans une manifestation contre les Moudjahidine justement, il sont été eux-mêmes condamnés et ont a fait apparaître qu’ils étaient tout à fait à la solde du régime. Le dossier ne repose plus sur grand-chose et j’espère que le gouvernement français, Mme Rachida Dati, donnera ordre à son parquet, de recourir à un non lieu dans cette affaire.

J’ajoute d’ailleurs et j’en terminerai par là, que ce dossier qui a traîné maintenant depuis six ans sans que rien ne se passe réellement dans le fond, a pêché par deux autres fautes graves pour la France, c’est la durée anormale de la procédure.  Vous savez que l’Europe condamne les pays qui font durer trop longtemps les procédures. Eh bien la France est manifestement passible de cette condamnation, parce qu’elle a laissé traîner la procédure, comme si les juges avaient été négligents. Mais la vérité c’est que les juges n’ont été négligents parce que le gouvernement français leur a demandé. C’est-à-dire que en tant que partie plaidante, le gouvernement français est doublement coupable dans ce dossier. Ayant été magistrat et sachant ce qu’est la réalité des choses, je sais que quelque fois il arrive qu’il faille commencer des procédures parce qu’il y a un intérêt, parce que l’ordre public en dépend. On peut imaginer que les juges aient fait cela. Mais qu’ils l’aient fait perdurer, nous arrivons à un point  où les choses sont inadmissibles. Elles le sont d’autant plus que le contexte politique est extrêmement inquiétant, et que le seul geste vraiment utile que pourrait faire la France ça serait de soutenir maintenant l’opposition démocratique au régime des mollahs qui a vocation à aider à une transition démocratique dans ce pays. C’est la seule possibilité à la fois que la démocratie règne dans ce pays et à la fois qu’il y ait un renoncement à l’arme atomique. Car si les gouvernements occidentaux, américain, français, etc. veulent négocier avec quelqu’un sur l’abandon de l’arme atomique, je ne vois pas très bien avec qui ils peuvent le faire, ayant totalement échoué avec ceux qui sont au pouvoir actuellement en Iran.

Voilà les quelques mots que je voulais dire et apporter mon soutien à ce mouvement que j’ai finis par bien connaître. Et je soutiens non seulement par raison, mais aussi par sentiment maintenant, car je connais des gens et je connais très concrètement ce que c’est pour eux de lutter contre ce régime.

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