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Le régime iranien s’oppose à un cessez-le-feu en Syrie – webinaire

Le régime iranien s'oppose à un cessez-le-feu en Syrie - webinaire

Un webinaire intitulé « Le régime iranien actionne toutes ses forces pour faire dérailler le cessez-le-feu syrien » a eu lieu lundi 28 mars 2016. Le brigadier-général Assad Al Zubi de l’Armée syrienne libre et chef de la délégation de l’opposition syrienne dans les négociations de Genève ; Dr Abdul Rahman Al-Hajj, conseiller du Conseil national syrien ; et le Dr Sanabargh Zahedi, chef de la commission judiciaire du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) ont participé à ce webinaire.

Le Général Al Zubi a parlé de la direction du rôle iranien en Syrie dans certaines parties de son intervention. Le rôle iranien en Syrie est cristalline : il consiste à soutenir le régime autoritaire de Bachar el-Assad, que ce soit en soutenant la milice du Hezbollah et son entrée en Syrie, ou en soutenant les milices d’Afghanistan ou d’Irak utilisées par l’Iran. Commençons par ce premier point : l’Iran soutient le régime syrien à l’aide d’armes. Le pays soutient également le régime avec des individus et des milices terroristes.

Le soutien armé se fait par avion, directement dans l’espace aérien irakien ou par des avions russes au-dessus de l’Iran et de l’Irak vers Damas. Les Etats-Unis ont pris une décision claire en disant qu’il était nécessaire d’inspecter ces avions et de s’assurer qu’ils ne disposent pas de cargo d’armes. Nouri al-Maliki a commandé une fouille d’un avion iranien, mais ce ne fut qu’une mascarade : l’avion ne transportait pas quoi que ce soit, et de gros avions de transport et de fret ont continué de transférer des armes. Des avions russes ont également continué de transférer des armes dans les espaces aériens iranien et irakien. Des avions irakiens ont été placés en Iran au cours de la deuxième guerre du Golfe.

Il y avait environ 130 avions. Le régime iranien a démantelé ces avions pour les envoyer au régime syrien afin de raviver la force aérienne syrienne. (…) Des avions iraniens transportant des roquettes et des bombes étaient également présents pour bombarder le peuple irakien, qui ont été forcés d’atterrir à l’aéroport de Deir ez-Zor, à l’aéroport de Qamishli et à l’aéroport « Seine ». Par la suite, toutes ces images consistuaient de très bons indicateurs de la profondeur des relations entre la Syrie et le régime iranien, sachant que des usines pour l’artillerie ont été trouvés en Syrie (en particulier dans la région du sud-ouest de Homs) qui fonctionnaient nuit et jour pour soutenir l’armée iranienne. Cela montre aussi la profondeur de ces relations. Ces relations, n’ont en fait jamais pris fin. Au contraire, elles ont évolué pour devenir encore plus importantes dans l’ère de Bachar al-Assad.

Je pense qu’il y avait un certain nombre d’immigrants iraniens, ou se déclarant comme pèlerins, qui se déplaçaient à Damas. Ils ont eu accès à des zones d’habitation, et ont reçu des terres par la subordination de cet Etat. Comme cette terre a été acquise par le régime syrien, ces minorités ont commencé à se développer. Elles ont commencé à se montrer clairement, à être visible dans les célébrations et à être visible dans plusieurs sites de Damas, en particulier dans le quartier Shaalan, un quartier vacant, King Faisal Street, Rukn al-Din Street et dans d’autres endroits.

Au cours de la révolution, l’Iran a exercé d’importantes pressions, et a même réussi à former des milices locales, directement subordonnées à l’Iran et hors d’obéissance au régime syrien. L’Iran a commencé à communiquer avec un certain nombre d’officiers [syriens], les attirant avec de l’argent et par leurs loyauté, qui ont commencé à appartenir au régime iranien et c’est ce qui a causé une grande inquiétude au sein du régime syrien. (…) Au début, la Russie a limité le rôle de l’Iran.

Dr. Abdulrahman Al-Hajj, conseiller du Conseil national syrien, a déclaré que le cessez-le-syrien intervenait à un moment qui pourrait peut-être décrit comme trop difficile, en particulier dans les régions du nord, où il y a une forte intensité d’attaques aériennes sur les combattants de l’opposition et également une certaine progression du régime dans les zones sous le contrôle de l’opposition (…) cette progression reste partielle.

Ces derniers temps, les aéronefs syriens continuent de bombarder des civils et de jeter des barils d’explosifs sur les lieux densément peuplés. Donc, pour la première fois, nous avons parlé d’un cessez-le-feu général; mais avant, il y avait déjà eu des propositions. Beaucoup d’entre elles étaient des propositions arabes et puis il y a eu celle de Kofi Annan (…) bien sûr, cela ne signifie pas qu’il n’y avait pas de violations au cours de cette période, mais au final c’est remarquablement calme de manière générale.

Les gens sentaient qu’ils étaient désormais en mesure de sortir sans être exposés aux attaques, les civils se sentaient en sécurité quand ils se déplaçaient dans leurs quartiers. Au cours de la dernière période durant laquelle le régime pensait pouvoir éliminer l’esprit de la révolution et que la révolution se militarisait, il n’était plus exigé de renverser le régime, la bataille se faisait alors entre les groupes armés et le régime et entre les insurgés et les groupes armés et le régime ou entre des organisations extrémistes et les groupes armés et le régime, mais … la vérité selon laquelle les Syriens gardend toujours l’esprit de la révolution dans toutes les parties de la Syrie est apparue aux yeux de tous.

Ils demandent tous de renverser le régime, et exigent la liberté et la dignité. Cela confirme clairement (…) que tout ce que le régime syrien a fait en coopérant avec le régime iranien et plus tard surtout avec la Russie, ne pouvait pas influer sur le désir de révolution en Syrie, et la révolution continue jusqu’à ce jour. Le Syriens sont maintenant soulagés des flammes qui étaient arrivées jusqu’à eux sans avertissement et les bombes tuant aveuglément sur de grandes étendues, un peu comme un génocide. Maintenant, ils sont sereins. Dans ces circonstances, le seul perdant est certainement le régime, car comme ils ont arrêté de cibler des civils, les gens sont directement venus pour restaurer la révolution dans les rues (…)

Maintenant, une fois de plus le cessez-le-feu a forcé le régime à mettre fin à ses attaques, malgré le fait qu’il ait la supériorité aérienne et qu’il prive les combattants et l’armée syrienne libre d’armes pour l’autodéfense et l’anti-aérien. Nous sommes désormais dans une très bonne situation pour les civils, cela va grandement aider à la continuité et au développement de la résistance pacifique et peut-être même contribuer au développement des organisations militaires et à l’organisation du travail militaire. C’est également une chance de récupérer des territoires de Daech. C’est l’occasion pour tous de retrouver ce que l’opposition avait libéré et que Daech a réoccupé plus tard.

Lors de son discours pendant le séminaire, Dr. Zahedi a insisté sur le fait que les informations provenant de l’intérieur du régime des mollahs montraient que les mollahs en Iran sont contre la trêve et contre un cessez-le-feu, ainsi que contre les négociations à Genève. Sur ce point, la position du régime iranien est différente de celle de la Russie. Sur le plan militaire et le cessez-le-feu, les forces du régime iranien n’ont pas changé quoi que ce soit dans le domaine militaire, où les troupes sont déployées dans les postes occupés.

Par exemple les Pasdaran disent qu’ils sont situés dans la ville de Nabl et qu’ils parcourent la ville de Mayer dans le nord d’Alep, les forces des Pasdaran ne changent pas dans cette région. Et ils ont déclaré que les troupes des Pasdaran sont obligés de garder leurs positions dans la ville de Meyer et de créer un quartier général à cet endroit. De plus, une autre source a déclaré dans un rapport que les troupes des Pasdaran étaient contraints d’observer le cessez-le-feu comme l’armée russe a décidé d’en mettre un en place. Les autres doivent appliquer les décisions russes.

Il faut noter que les informations existantes indiquent que le rythme du transfert des troupes de l’Iran et de l’Irak à travers la ville d’Abadan se poursuit. Cela signifie que le cessez-le-feu a été imposé à ces forces et qu’ils le violent de manière régulière. Un expert du régime iranien a affirmé que la position de l’Iran s’opposait aux négociations de Genève, mais que l’Iran ne peut pas s’y opposer publiquement. Notre interprétation est la suivante : le régime iranien sera le plus grand perdant dans ces négociations. Avec les conséquences du retrait russe de Syrie, il existe plusieurs rapports internes du régime iranien qui analysent différemment cette initiative.

Mais le dénominateur commun de ces rapports est que la Russie a pris un chemin différent de celui du régime iranien, et comme on s’y attendait depuis le début, les motifs de l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne était différents de ceux du régime iranien. Tous les rapports conviennent que le plus grand perdant dans le retrait de la Russie, quelles que soient les dimensions de ce retrait, est le régime iranien et les Pasdaran iraniens. Cette initiative a un impact négatif sur le moral des Pasdaran et de l’ensemble du régime.

Mais en termes d’approche choisie par le régime, en particulier dans les négociations en cours, il existe des points de vue divergents selon les rapports internes du régime. Cela montre à quel point le régime des mollahs patauge après le retrait russe. Par exemple, l’un des leaders des Pasdaran a affirmé que la raison pour laquelle la Russie est entrée dans la guerre en Syrie était que les Russes avaient le sentiment que leurs intérêts avaient été compromis en Méditerranée orientale. Ils sont donc intervenus afin de ne pas être radiés. Dès le début, l’intervention de la Russie dans ce la guerre n’avait rien à voir avec les intérêts de l’Iran. Si elle ne peut garantir ses propres intérêts, elle ne suivra pas la ligne iranienne.

On peut donc conclure que l’entrée de la Russie dans la guerre syrienne prenait deux angles : le domaine militaire, la Russie était à la recherche d’une base à Latakia et ne voulait pas payer un prix élevé pour les autres régions, et l’autre différend entre l’Iran et la Russie : la Russie soutient les Kurdes et soutient la division de la Syrie, alors que l’Iran est opposé à l’idée de création d’un Etat kurde en Syrie puisque cela menacerait la souveraineté nationale de l’Iran. Un autre expert du régime a déclaré que le retrait de la Russie a surpris l’Iran. Lorsque les Russes sont intervenus en Syrie, il était clair qu’ils venaient pour défendre leurs intérêts et qu’ils n’était pas venus pour maintenir Bachar al-Assad au pouvoir. Pour la Russie, la perte de Bachar n’a jamais été une ligne rouge, mais pour le régime iranien, c’en est bien une.

 

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