vendredi, février 3, 2023
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Le Printemps perse annonce-t-il une« moisson de la paix »?

Par KEN MAGINNIS, Commentateur à UPI

UPI, Londres, le 2 novembre – Alors que les élections présidentielles américaines approchent aux États-Unis, la menace potentielle de l’Iran reste encore la question la plus importante des affaires étrangères pour les deux candidats.
Jusqu’à présent, les États-Unis se sont appuyés sur une approche de la  «carotte et du bâton» à l’égard de l’Iran cependant, en dépit de leur échec jusqu’à présent, aucun des deux candidats n’a défini de stratégie pour habiliter correctement le peuple iranien et à sa résistance ; en résolvant le problème une fois pour toute à sa base.

Il est clair que les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre une nouvelle guerre au Moyen-Orient. En l’absence d’une fin clairement visible en vue pour la guerre en Afghanistan et pour que le souvenir de l’Irak reste présent dans l’esprit du public, les États-Unis ne peuvent tout simplement pas envisager un autre conflit, surtout avec le deuxième plus grand pays du Moyen-Orient.

Même si les États-Unis devaient autoriser une action militaire limitée, cela retarderait, au mieux, le programme nucléaire iranien pour seulement quelques années. Mettant de côté la rhétorique et les promesses de campagne électorale, une intervention militaire occidentale en Iran demeure presque impensable.

Ainsi, mis à part une intervention directe, quels autres moyens devraient employer les Etats-Unis ? Les négociations avec le régime iranien actuel ont non seulement été infructueuses, mais ont toujours été utilisées par les mollahs fanatiques comme une occasion de gagner du temps et de continuer leur tromperie et duplicité.

Mais les sanctions, non pas parce qu’elles sont parvenues à changer le comportement du régime, mais parce qu’elles permettent  de l’isoler et de décourager les intérêts étrangers et des investissements, ont été la tactique la plus productive à ce jour. Cet isolement doit être renforcé et les mollahs doivent faire face à la colère de leur propre peuple qui n’a pas oublié les événements de 2009 ni les 30 ans de terreur que ce régime lui a infligé.

Pendant la période de l’apartheid, le gouvernement minoritaire d’Afrique du Sud a été sanctionné et isolé par la communauté internationale dans l’espoir que le peuple et sa résistance monteraient une campagne visant à le faire tomber, sans recours à une intervention étrangère.

Près de 20 ans plus tard, la communauté internationale devrait approuver une politique semblable pour l’Iran. Voici, après tout, un régime qui possède le taux le plus élevé d’exécutions au monde et exécute toujours des mineurs. Sa politique étrangère est imbibée du sang des Syriens et des Irakiens innocents, alors qu’il continue à exporter le terrorisme dans la région. La communauté internationale doit prendre une position ferme contre ce régime en se mettant du côté du peuple et de sa résistance légitime, tout comme elle s’est mise du côté de l’African National Congress.

Le mouvement d’opposition iranienne, l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran devrait être reconnu comme la résistance légitime du peuple iranien.

Ironie du sort, tout comme l’ANC a été considéré comme une organisation terroriste par l’Occident pendant de nombreuses années, l’OMPI a également eu à subir une désignation similaire. Cependant, elle a été radiée de la liste des organisations terroristes le 28 septembre, après qu’une cour d’appel ait jugé que les droits à la défense de l’organisation ont été violés et qu’elle ait ordonné à la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, soit de fournir des preuves pour justifier l’inscription de l’OMPI sur la liste noire, soit de l’en retirer.

Après une longue bataille juridique et une campagne politique féroce qui a gagné le soutien des deux partis du Congrès américain et un nombre incroyable des plus hauts responsables à la sécurité nationale des Etats-Unis issus des quatre dernières administrations, le Département d’Etat a finalement accédé à la demande des tribunaux et a retiré le groupe de la liste.

Comme Maryam Radjavi, la dirigeante de la Résistance iranienne, l’a indiqué dans son plan en dix points, l’Iran de demain devrait être dirigé comme un Etat démocratique, laïque, non-nucléaire, qui accorde des droits égaux à tous.

L’organisation s’est levée contre la tyrannie des mollahs depuis 30 ans. Après avoir perdu plus de 120.000 de ses militants tués par les ayatollahs sanguinaires, l’OMPI possède un réseau actif de militants en Iran et de très nombreux partisans dans la diaspora.

Compte tenu de l’expérience de l’Occident, il doit être évident que le changement de régime en Iran ne se fera que par une révolution interne avec le peuple iranien procédant lui-même au changement.

Quel que soit le prochain Président des États-Unis, il devra faire face au fait que les négociations avec Téhéran ont fait leur temps. Il est temps d’adopter une nouvelle approche. La résistance iranienne a déclaré depuis longtemps qu’elle ne veut ni armes, ni argent, mais demande simplement au monde d’isoler le régime, de reconnaître la résistance et permettre au peuple de s’occuper du reste.

Le «printemps arabe» est déjà en plein essor au Moyen-Orient, il est temps pour le « Printemps perse » d’être autorisé à rattraper son retard et à fleurir.

(Lord Ken Maginnis de Drumglass était est un membre éminent du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran et s’est exprimé lors de nombreuses conférences sur l’Iran).

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