samedi, janvier 28, 2023
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Le modèle à suivre pour résoudre la crise iranienne

Par Mohammad Amine*

CNRI – Ce qui s’est passé récemment au Conseil de l’Europe, peut parfaitement servir de modèle à la politique occidentale vis-à-vis de l’Iran. Cette assemblée parlementaire qui regroupe 47 pays a reçu dernièrement la présidente élue de la résistance iranienne, Maryam Radjavi. Le plus grand groupe politique, le PPE-DC, auquel adhère l’UMP française, avait convié officiellement la dirigeante de l’opposition pour écouter l’analyse qu’elle fait de cette crise.

Elle a déclaré dans son intervention : « Le monde se trouve à un carrefour dangereux. D’une part, la dictature religieuse est sur le point d’obtenir la bombe atomique et de l’autre, il y a la possibilité qu’une guerre éclate dans la région. Les gouvernements européens se trompent de penser que le régime iranien pourrait jouer un rôle constructif dans la région et dans le monde. Ils se trompent de penser qu’ils peuvent contenir le terrorisme et l’intégrisme des mollahs. Avec la politique de complaisance, ils préparent le terrain à une guerre catastrophique. Les gouvernements européens doivent répondre de leurs actes devant leur propre peuple. Pourquoi se soumettent-ils aux mollahs pour des intérêts économiques ? »

Mme Radjavi a rappelé sa Troisième Voie, à savoir le changement de régime par les Iraniens et leurs Résistance : « En plus de la répression impitoyable dans le pays, l’obstacle au changement en Iran, c’est la politique de complaisance de l’Europe. Cette politique résulte de trois facteurs : les intérêts économiques, l’incapacité de connaître la nature du régime et la croyance dans le mythe de la modération, et le rôle clé du peuple iranien et de sa résistance. La reddition des gouvernements occidentaux devant l’exigence des mollahs d’inclure l’OMPI, la principale composante de la Résistance, dans la liste du terrorisme, est au coeur de cette politique. Cette étiquette permet au régime iranien de justifier l’exécution de ses opposants, mais surtout elle a enchaîné l’acteur principal du changement en Iran. »

Les entretiens de Maryam Radjavi avec diverses autorité du Conseil de l’Europe et des présidents de commission ont tous portés sur la nécessité de se focaliser sur la nécessité d’un changement démocratique en Iran si l’on veut assurer une solution définitive au danger que pose les mollahs.

Les parlementaires ont très bien accueilli les idées et les activités de Maryam Radjavi, d’autant plus qu’après le discours d’Ahmadinejad à l’Assemblée générale de l’ONU, le monde a pu constater que ce régime s’était ancré dans la voie de la fabrication de la bombe atomique, le terrorisme  au Moyen-Orient et la répression en Iran.

Dans le sillage de ces entretiens, un climat d’opposition au régime iranien a pris corps au Conseil de l’Europe. Lorsque le président du parlement (Majlis) des mollahs a annoncé en premier lieu sa visite, 25 parlementaires, dont 12 français ont publié un communiqué appelant à son boycott, reflétant ainsi l’opinion de beaucoup de leurs collègues.

L’ambassadeur des mollahs en France se trouvait à Strasbourg à ce moment-là. Après avoir frappé aux portes de nombreux députés, il en a conclu que la présence du président du Majlis tournerait au scandale. Il n’en a pas fallu plus à Haddad-Adel pour annuler et visite et discours. En réalité, ce sont les législateurs européens qui ne l’ont pas laissé venir.

Cette démarche n’est pas dépourvue d’importance, à plusieurs points de vue :
Tout d’abord, l’opposition des parlementaires à la visite du président du Majlis des mollahs allait à l’encontre de la résolution du 28 juin 2007 adoptée par cette assemblée qui préconisait l’ouverture de négociations avec le régime iranien. Les parlementaires ont donc compris que négocier avec un régime qui passe ses journées à tirer sur la communauté internationale ne menait à rien.

Deuxièmement, quand les mollahs ont protesté contre la visite de Mme Radjavi à Strasbourg, le président de l’Assemblée parlementaire a tenu bon et a défendu le principe du dialogue avec l’opposition.

Troisièmement, et plus important que tout, les représentants élus des peuples européens n’ont pas hésité à exprimer leur opposition au fascisme religieux. Ils ont choisi la manière la plus active et la plus efficace de s’opposer : ouvrir les portes à l’opposition. La raison principale pour laquelle l’occident s’est retrouvé dans une impasse, c’est qu’il avait fermé les portes à l’opposition. Au lieu de cela, à cause d’intérêts économiques à court terme et un manque de perspicacité grave, ils ont bloqué le levier du changement en Iran.

C’est pour cela que l’attitude des parlementaires du Conseil de l’Europe doit servir de modèle à la politique occidentale : fermer les portes au régime des mollahs et les ouvrir au peuple iranien et à sa résistance.

* Mohammad Amine est un expert en affaires iraniennes qui écrit dans la presse internationale

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