jeudi, décembre 8, 2022
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Le gouvernement canadien envisage d’ajouter les gardiens de la révolution sur la liste du terrorisme

The Gazette (Montréal) , 1 décembre –  Le gouvernement Harper envisage d’inscrire le corps des gardiens de la révolution iranien comme entité terroriste interdite, une mesure qui pourrait permettre au Canada de cibler les opérations financières de l’unité militaire d’élite et de rendre criminelle l’aide apportée au groupe.

Les documents obtenus grâce à une demande « d’accès à l’information » révèlent que la perspective faisait l’objet plus tôt cette année d’une note de service adressée au ministre de la Sécurité Publique Vic Toews par son ministre-adjoint, William Baker, et qu’elle a été examinée lors d’une réunion interministérielle de ministres adjoints.

Bien que la note de service ait été écrite il y a neuf mois environ, le groupe ne figure pas parmi les 42 entités inscrites comme organisations terroristes dans le code pénal canadien. Un porte-parole de Toews n’a pas souhaité faire de commentaire quant à savoir s’il y aurait prochainement une mesure pour inscrire le groupe sur la liste.

« Le gouvernement s’est montré franc dans sa condamnation du soutien continu de l’Iran au terrorisme international, son mépris flagrant des droits fondamentaux de l’homme et ses ambitions nucléaires dangereuses et malhonnêtes, » a déclaré Chris McCluskey dans un e-mail.

« Nous évaluons constamment la liste des entités terroristes, mais ne pouvons fournir de commentaire concernant toute procédure potentielle en cours ».

Un document distinct, aussi obtenu grâce à des lois d’accès à l’information, indique qu’une enveloppe pour le cabinet Conservateur concernant l’inscription des groupes terroristes a été remise à Toews en octobre pour signature.

La désignation d’un groupe comme entité terroriste requiert l’approbation du cabinet et l’épreuve est de savoir s’il y a des motifs valables pour croire qu’une organisation « a sciemment mené, tenté de mener, pris part à ou faciliter une activité terroriste ».

Les partisans de l’inscription du CGR sur la liste noire soutiennent qu’il est connu pour fournir un soutien matériel aux Talibans et à un certain nombre de groupes terroristes internationaux, sous la forme de financement, d’armes et d’explosifs ainsi que d’instruction élémentaire et spécialisée ».

« Les actions de l’Iran en Afghanistan constituent une menace mortelle pour les forces canadiennes postées là-bas », déclare cette année la Coalition canadienne contre le terrorisme basée à Toronto dans une très longue proposition qui soutient que le CGR a « mérité sa place aux côtés d’Al-Qaïda et d’autres groupes sur la liste canadienne des groupes terroristes proscrits ».

Le CGR a été formé en 1979, après la révolution iranienne, et comprend environ 150 000 membres.

La note de service adressée à Toews constate que le CGR est « distinct du reste des forces armées iraniennes ». Il dispose de sa propre marine, ses propres armées de terre et de l’air et ses forces spéciales d’élite connues comme la Force Qods.

« Les forces du CGR travaillent directement sous les ordres du guide suprême d’Iran, l’Ayatollah Ali Khamenei », déclare la note fortement censurée.

Elle constate que les États-Unis ont déjà pris des mesures à l’encontre du groupe.

L’opposition libérale a prié le gouvernement en décembre dernier de désigner « immédiatement » le CGR comme groupe terroriste, le décrivant comme « une organisation paramilitaire impliquée dans la répression intérieure, les opérations militaires et le soutien aux réseaux terroristes ».

Le critique libéral de la sécurité publique Mark Holland a déclaré mercredi que les conservateurs de Harper « agissaient avec une grande lenteur » face au problème.

Une désignation est importante, a déclaré Holland, parce qu’elle serait une déclaration officielle que le groupe est une organisation terroriste.

« On ne pourrait pas collecter de fonds pour eux, on ne pourrait pas agir pour eux, ils ne pourraient rien faire ici au Canada », a-t-il déclaré.

Jusqu’ici, pratiquement toutes les ajouts sont des organisations d’insurgées et le problème auquel fait face le gouvernement est de savoir s’il peut proscrire un groupe qui est sans doute une agence gouvernementale, selon la Coalition canadienne contre le terrorisme.

Le Canada a déjà imposé et renforcé des sanctions contre l’Iran, qui entre autres choses interdisent l’investissement dans les secteurs du pétrole et du gaz du pays et interdisent aux institutions financières d’établir une présence au Canada.

« Considérer le CGR comme une entité terroriste ne devrait pas être perçue comme une rupture radicale avec la politique canadienne actuelle », a indiqué la proposition, envoyée au Premier ministre Stephen Harper.

« Le Canada respecte déjà les sanctions contre l’Iran rendues obligatoires par les Nations Unies, qui incluent des sanctions partielles contre certaines personnes et entités liées au CGR », a déclaré la Coalition contre le terrorisme.

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