dimanche, décembre 4, 2022
AccueilActualitésActualités: Iran RésistanceLe Conseil de l’Europe à l’écoute de la résistance iranienne

Le Conseil de l’Europe à l’écoute de la résistance iranienne

Maryam Radjavi à la séance du groupe libéral au Conseil de l'Europe« Il faut agir sans tarder pour éviter une catastrophe »

par Hélène Keller-Lind

La Revue Parlementaire, mai 2006 –  « Aujourd’hui le monde est confronté à un dangereux dilemme : la perspective de voir une dictature intégriste se doter de l’arme la plus dangereuse au monde ou celle de voir une nouvelle guerre désastreuse dans la région ». C’est depuis le Conseil de l’Europe à Strasbourg que Maryam Radjavi, dirigeante de la Résistance iranienne, a lancé cet avertissement. "Si on n’adopte pas au plus vite une politique de fermeté contre l’Iran, ce régime intégriste va se doter de l’arme la plus effroyable de la planète et entraîner la communauté internationale au bord du gouffre", a-t-elle ajouté.

Invitée du groupe de l’Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe de l’Assemblée parlementaire, elle a multiplié au Conseil de l’Europe, du 10 au 13 avril, les rencontres et les interventions pour alerter les Etats européens et présenter la solution qu’elle propose à la crise en Iran.

La Présidente de la République élue du Conseil National de la Résistance Iranienne – CNRI- rappelait « que le Conseil de Sécurité de l’ONU a demandé au régime iranien de suspendre l’enrichissement de l’uranium», qu’il a pourtant relancé au mépris de mises en garde répétées. « Les mollahs continuent à défier la communauté internationale et rejettent ses demandes, » soulignait-elle, avant d’ajouter que « les armes nucléaires sont un outil efficace pour exporter l’intégrisme et le terrorisme islamiques.»

«Il est nécessaire d’agir rapidement, » a-t-elle affirmé « car il ne reste plus beaucoup de temps. » Ce que confirmait d’ailleurs le lendemain même Mahmoud Ahmadinejad, en annonçant en grande pompe à la télévision que l’Iran des mollahs était entré dans le club des puissances nucléaires puisqu’il produisait désormais de l’uranium enrichi.

Par ailleurs, l’annonce de l’Iran a été suivie d’une visite sans lendemain, comme on pouvait le craindre, du Directeur général de l’AIEA, Mohammed El Baradeï, à Téhéran.

Les réactions internationales bien qu’immédiates, n’ont pas été à la hauteur car elles se sont bornées à d’énièmes mises en garde. Ce qui a poussé les dirigeants iraniens à ridiculiser les menaces de sanctions : "Nous ne sommes pas intimidés. Ils n’ont pas le courage de faire quoi que ce soit", a affirmé l’ayatollah Janati lors de la prière du vendredi de Téhéran. Le Président Ahmadinejad a, pour sa part, multiplié les déclarations appelant à la disparition de l’Etat d’Israël et remettant en cause la Shoa.

Maryam Radjavi reçue par (de gauche à droite) : Jean-Pol Henry, le Dr. Saleh Radjavi, Lord Russell-Johnston, Rosmarie Zapfl-Helbling, Dr.Rudi Vis, Alain Meale, Goran Lindblad et David Marshall

Face à la menace de plus en plus tangible d’un conflit, l’Europe semble pencher vers une option plus réaliste. Et le Conseil de l’Europe a donc voulu entendre la voix qui prône un choix autre que celui de la guerre ou de la complaisance avec les mollahs iraniens. Pendant son séjour à Strasbourg, la Présidente élue du  CNRI a donc été également reçue par Maud de Boer-Buquicchio, Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, et Mateo Sorinas Balfegó, Secrétaire général de l’Assemblée parlementaire. 

Maryam Radjavi est intervenue devant le groupe libéral et le groupe socialiste. Elle a rencontré séparément les Présidents du groupe libéral, du groupe démocrate chrétien, du groupe socialiste et de la gauche unie, ainsi que la Présidente de la Commission de l’égalité des chances pour les femmes et les hommes et  les présidents des commissions politiques, des affaires juridiques et des droits de l’homme. Plusieurs délégations de pays européens et le rapporteur sur l’Iran ont souhaité entendre cette voix qui exprime l’aspiration des Iraniens au changement dans leur pays.

Un lobby favorable aux mollahs au sein du Conseil de l’Europe a tenté en vain d’entraver ce dialogue avec la Résistance iranienne. Mais, Maryam Radjavi a été entendue car il y a au sein de cette institution un grand respect pour la liberté de parole. Par ailleurs, nombre de parlementaires ont souhaité savoir quelle était la voie nouvelle proposée par l’opposition iranienne pour contrer le régime intégriste au pouvoir à Téhéran.

C’est donc devant une salle comble où siégeaient parlementaires et personnalités locales et nationales, dont Jean Kahn, président du Consistoire central et président d’Honneur de la Commission Consultative des Droits de l’Homme, que Maryam Radjavi s’est exprimée devant le groupe libéral. 

Lord Russel-Johnston, ancien Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil, aujourd’hui vice-Président de la Commission de la Défense de l’Union européenne, avait pris l’initiative de cette rencontre. Président d’honneur du groupe libéral, il a déclaré dans son discours d’ouverture que « Maryam Radjavi et son mouvement représentent une véritable alternative démocratique aux dirigeants intégristes en Iran. »

« Le peuple iranien, a-t-il ajouté, a souffert du résultat de la politique occidentale de rapprochement avec le régime iranien. En réponse à la demande du régime iranien, le principal mouvement d’opposition, l’Organisation des Moudjahidines du peuple- OPMI, a été taxé d’être une organisation terroriste. Alors qu’il n’existe aucune base pour cette allégation portée contre l’OMPI, son inscription sur la liste noire a aussi affecté les activités du CNRI. Nous devons dire haut et fort que le CNRI est une coalition démocratique. »

Maryam Radjavi a développé ce raisonnement : « Aujourd’hui, je suis venue vous dire que la communauté internationale n’est pas obligée de choisir entre des mollahs dotés de l’arme atomique et la guerre », ajoutant : « il existe une Troisième Voie : un changement démocratique par le peuple iranien et sa résistance organisée. Faire des concessions aux mollahs n’est pas une manière d’éviter la guerre. Cela ne fait qu’augmenter la possibilité d’une guerre. »

Elle a demandé que la principale organisation d’opposition iranienne, l’OMPI, soit retirée de la liste terroriste de l’Union Européenne, indiquant que « 500 juristes éminents et plus de 1000 parlementaires en Europe ont déclaré qu’ils s’opposaient à ce que ce mouvement soit qualifié de terroriste, parce que cela permet aux mollahs de réprimer une résistance légitime. »

Elle a déploré que l’on ait ainsi interverti la place de la victime et celle du bourreau,  rappelant que la justice suisse avait récemment lancé un mandat d’arrêt contre l’ancien ministre des Renseignements iraniens Ali Fallahian, pour l’implication de ce dernier dans l’assassinat en 1990 à Genève du Professeur Kazem Radjavi, représentant du CNRI en Suisse.

Maryam Radjavi a rappelé que le CNRI s’engageait « à organiser des élections libres pour une Assemblée constituante et législative et à remettre la gestion du pays aux élus du peuple» dans un délai de six mois après le renversement du pouvoir.

Elle a brossé sa vision pour l’Iran de demain en dix grandes lignes. Et a réaffirmé la volonté de son mouvement d’établir un régime pluraliste et démocratique, fondé sur la séparation de la religion et de l’Etat, adhérant à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, soutenant l’abolition de la peine de mort, le libre échange et l’égalité entre les femmes et les hommes, aspirant à un Iran sans nucléaire ni armes de destruction massive et recherchant la coexistence pacifique avec le reste du monde.

Lors d’un point de presse dans l’enceinte du Conseil, elle a prôné un embargo "politique et économique" contre la théocratie intégriste et un "changement de régime", tout en rappelant que le CNRI, était "opposé" à toute intervention militaire contre l’Iran.

Maryam Radjavi a été très claire quant à la nature de l’appel qu’elle lançait : « nous ne demandons aux pays étrangers ni armes, ni argent. La Résistance iranienne a le potentiel et les éléments nécessaires pour mener à bien un changement démocratique en Iran ». Elle a enfin ajouté cette précision : « notre but n’est pas de prendre le pouvoir à n’importe quel prix. Notre but est de garantir la liberté et la démocratie à n’importe quel prix. »

FOLLOW NCRI

16,297FansLike
7,743FollowersFollow
377SubscribersSubscribe