jeudi, décembre 1, 2022
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Le chef du pouvoir judiciaire s’alarme sur le capital de sympathie des Moudjahidine du peuple en Iran

Le chef du pouvoir judiciaire s’alarme sur le capital de sympathie des Moudjahidine du peuple en Iran

Le chef du pouvoir judiciaire de la théocratie iranienne craint la montée du capital de sympathie envers les Moudjahidine du peuple (OMPI) à travers le pays après la diffusion d’un document confidentiel sur le massacre de leurs prisonniers en 1988.

Le mollah Sadegh Amoli Laridjani qui s’exprimait lundi devant des responsables du pouvoir judiciaire s’est inquiété que « des courants et des personnes à l’intérieur du pays tentent de réhabiliter le nom » des Moudjahidine du peuple d’Iran.

« Le pouvoir judiciaire fera preuve de fermeté, a-t-il menacé, face aux gens qui tentent de falsifier l’histoire de la révolution islamique, de troubler la sécurité et d’instiller des divergences dans la société révolutionnaire et pieuse de l’Iran. »

La falsification de l’histoire à laquelle le chef du judiciaire des mollahs fait allusion n’est rien d’autre que la divulgation des conversations confidentielles entre l’ayatollah Hossein-Ali Montazeri, alors dauphin de Khomeiny, et les membres de la Commission de la mort chargé d’éliminer tous les prisonniers politiques restés fidèles à leurs convictions.

La publication de cet enregistrement par la famille de Montazeri sur le site officiel de l’ayatollah lève le voile sur le massacre de plus de 30 000 prisonniers politiques en 1988, qui pour la plupart étaient membres et sympathisants de l’OMPI. Ces révélations ont créé une onde de choc dans la société à tel point que les appels à traduire en justice les responsables qui occupent des postes clés du pouvoir, se multiplient. Ce réveil des esprits sur un sujet resté tabou, inquiète de plus en plus les dignitaires du régime. Le pouvoir religieux panique d’autant plus que tout l’investissement qu’il avait fait sur la désinformation pour ternir l’image de sa principale opposition démocratique s’envole en fumée.

Sadegh Amoli Laridjani met en garde l’appareil judiciaire impliqué dans ces crimes : « actuellement une manœuvre diabolique et suspecte est en cours menée par les médias occidentaux, accompagnée par des courants et des personnes à l’intérieur du pays qui cherchent à blanchir les crimes et réhabiliter leur nom (de l’OMPI). »

Prenant la défense des massacres et des crimes dénoncés dans les propos de Montazeri, en particulier l’exécution des prisonniers politiques, il affirme : « les verdicts des tribunaux ont été prononcés en conformité avec la charia et la loi et ne peuvent être mis en cause. Le verdict au sujet des groupe Mohareb (en guerre contre Dieu) est clair (la peine de mort). » Dans sa fatwa ordonnant la mise à mort des Moudjahidine du peuple emprisonnés, Khomeiny avait qualifié le mouvement de Mohareb.

Laridjani poursuit : « Malheureusement certains sont en train de s’égarer, prononcent des propos étonnants et singuliers et appellent à des excuses vis-à-vis de gens dont les enfants ont durant des années tué de nobles personnes de notre pays. »

Ce mollah connu pour sa cruauté a ajouté : « les pays occidentaux et leurs complices dans la région, tentent de les soutenir les Monafeghine (« Hypocrites », terme péjoratif utilisé par le régime pour désigner les Moudjahidine du peuple). (…) Malheureusement certain à l’intérieur du pays sont en train de coordonner avec ce courant et perturber l’opinion publique. Mais ils doivent savoir que le pouvoir judiciaire agira comme toujours avec fermeté et toute perturbation de l’opinion publique dans ces domaines sécuritaires entrainera certainement des poursuites judiciaires. »

Qualifiant l’ayatollah Montazeri de « personnage naïf », il justifie l’éviction de Montazeri par Khomeiny en 1988 après ses protestations contre le massacre des prisonniers. Sadegh Laridjani a vanté « l’intelligence de son excellence l’imam (Khomeiny) et sa divinité » avant d’ajouter : « cela fait qu’il a écarté rapidement certains qui s’imaginaient devenir Guide suprême. S’il (Khomeiny) n’avait pas cette lucidité, aujourd’hui la République islamique aurait été sur une autre voix (…) nous constatons toujours encore une certaine naïveté et des propos qui servent à nourrir les médias occidentaux. »

Après la rencontre entre Montazeri et la commission de la mort dont les conversations viennent d’être rendues publiques par le site officiel de Montazeri, Khomeiny avait destitué Montazeri qu’il avait désigné comme son dauphin. Montazeri avait été assigné à résidence, il est décédé en 2009.

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